Google DeepMind s'intéresse au football. La raison ? Ce sport collectif est utile pour faire émerger de la coopération entre intelligences artificielles.

Kylian Mbappé, Christiano Ronaldo et Lionel Messi n’ont qu’à bien se tenir ! DeepMind s’intéresse désormais au football ! Plus exactement, la filiale britannique de Google dans l’intelligence artificielle prend prétexte du plus célèbre des sports collectifs pour s’intéresser à l’émergence de comportements coopératifs entre des agents artificiels dans un contexte compétitif.

À cette occasion, Google DeepMind a publié un papier de recherche sur Arxiv et mis à disposition son environnement de travail sur GitHub, appelé MuJoCo Soccer — un nom qui fait directement référence à MuJoCo (Multi-Joint dynamics with Contact), un moteur logiciel qui peut servir dans la recherche en apprentissage par renforcement, l’une des approches pour faire progresser une intelligence artificielle.

Le projet est présenté comme un bon moyen pour progresser dans la recherche et le développement en 4, biomécanique, graphisme et animation, mais aussi dans autres domaines où une simulation rapide et précise est nécessaire.

Naissance d’un jeu collectif

L’entreprise a aussi partagé quelques vidéos montrant un embryon de jeu collectif qui a vu le jour au fil des parties — ici du deux contre deux. On observe que les agents tentent parfois de passer la balle, avec une réussite variable. Le système de récompense prévu, qui « n’est pas lui-même propice à un comportement coopératif », n’a toutefois pas empêché de voir émerger un « comportement d’équipe sur le long terme ».

Selon les six auteurs de ces travaux, il a été possible de mettre en évidence une progression dans le comportement de chaque algorithme contrôlant un « joueur ». Celui-ci est passé d’un comportement erratique à une simple poursuite ballon, puis à un début de coopération avec l’agent de la même équipe.

MuJoCo Soccer
Second poteau Pavaaard ! // Source : Google DeepMind

Sur Twitter, Google DeepMind a invité le reste de la communauté scientifique impliquée dans les recherches sur l’intelligence artificielle à se saisir de son outil. « Nous espérons que les chercheurs progresseront davantage dans ces défis importants, grâce aux expérimentations dans cet environnement », écrit la société, qui n’a pas détaillé ses projets en la matière à court et moyen terme.

Pourrait-on voir un jour DeepMind mettre en scène ses progrès dans le domaine de la coopération entre des algorithmes dans le cadre d’un environnement compétitif ? La filiale de Google a un certain passif en la matière, en témoignent ses opérations de communication dans le jeu de go et sur le jeu de stratégie en temps réel StarCraft 2, en surclassant à chaque fois l’élite mondiale..

Pour étudier la coopération entre systèmes d’IA, le jeu vidéo est un cadre apprécié des chercheurs : DeepMind l’a montré en 2017 et 2018 avec des tests qui ont impliqué le célèbre Quake III Arena. Dans le même esprit, le collectif OpenAI travaille depuis des années sur de Dota 2, un jeu multijoueur où la coopération est centrale. Des joueurs semi-pros ont d’ores et déjà été battus.

Bientôt « AlphaSoccer » ?

Maintenant que Google DeepMind a montré son intérêt pour le football dans ses travaux, l’une des questions qui se pose est de savoir si l’entreprise pourrait faire son apparition lors de la RoboCup 2020, qui aura lieu à Bordeaux. Il s’avère que sur les cinq ligues existantes, il y en a une qui est dédiée à la simulation logicielle. Un programme de type « AlphaSoccer » pourrait être y concourir.

À moins qu’un programme comme AlphaSoccer donnera lieu à un match d’exhibition contre un joueur professionnel humain, comme Mosaad Aldossary, alias Msdossary, qui a été sacré l’an dernier champion du monde sur FIFA 18.

Et qui sait, peut-être même que des partenariats avec Electronic Arts, l’éditeur de la licence vidéoludique FIFA, ou Konami, qui propose Pro Evolution Soccer, pourraient voir le jour pour intégrer une telle IA pour proposer un niveau de difficulté véritablement relevé.

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