La sonde spatiale japonaise Hayabusa 2 s'est posée sur l'astéroïde Ryugu pour récolter des échantillons avant de repartir.

C’est un immense succès pour l’agence spatiale japonaise. Dans la nuit du jeudi 21 au vendredi 22 février, la sonde Hayabusa 2 a bouclé avec succès une périlleuse manœuvre au niveau de l’astéroïde Ryugu, dans le but de récupérer quelques échantillons sur le corps spatial. Pour cela, l’engin a dû faire ce qu’on appelle un « touchdown », c’est-à-dire un posé-décollé au niveau de la surface.

« L’analyse des données de Hayabusa 2 confirme que la séquence de l’opération s’est bien déroulée, y compris le tir d’un projectile dans l’astéroïde pour recueillir son échantillon. Le vaisseau spatial Hayabusa 2 est dans un état nominal. Cela marque le succès de l’atterrissage de Hayabusa 2 sur Ryugu », commente l’agence dans un court communiqué.

Hayabusa 2 // Source : Wikimedia/CC/Go Miyazaki

Opération automatisée

Pour cette opération, Hayabusa 2 est restée en vol stationnaire à quelques dizaines de centimètres au-dessus de la surface de Ryugu, pendant environ cinq secondes. Le seul contact physique entre la sonde et l’astéroïde était un cornet qui avait pour rôle de récolter les grains de surface projetés en l’air après le tir d’un projectile en métal réalisé à très haute vitesse : 300 mètres par seconde.

Cela a permis de récolter quelques dizaines de milligrammes de la surface.

Toute cette phase est évidemment automatisée, car le délai de transmission entre la Terre et la sonde est bien trop long : 19 minutes. Rien d’étonnant quand on sait que Ryugu évolue actuellement à quelques 300 millions de kilomètres de la planète bleue. les ondes radio ont beau se déplacer à la vitesse de la lumière, elles ne parcourent « que » 300 000 km par seconde dans le vide. Leur déplacement n’est pas instantané.

Autre satisfaction pour l’équipe nipponne, l’opération a réussi du premier coup. Il faut en effet savoir que Hayabusa 2 est la deuxième mission du genre conduite par l’agence spatiale japonaise. Entre 2003 et 2010, elle avait piloté la mission Hayabusa 1 qui consistait aussi à ramener des échantillons d’un astéroïde, en l’espèce Itokawa. À l’époque, il avait fallu s’y reprendre à deux fois après une première approche ratée.

Tout au long de l’opération, l’agence spatiale japonaise a régulièrement publié des mises à jour de Hayabusa 2 (qui signifie faucon pèlerin dans la langue de Mishima). On a ainsi vu son altitude se réduire progressivement, passant de quelques kilomètres, puis à quelques mètres, et ainsi de suite. Pour éviter un contact trop rude, la sonde a progressivement décéléré. Elle est notamment passée de 90 centimètres par seconde à 40, puis à 10, pour une arrivée aussi douce que possible.

En France métropolitaine, il était aux alentours de 00h30 lorsque le contact a eu lieu.

Une fois le posé effectué, la sonde a ensuite procédé au décollage. Elle ne repartira pas immédiatement en direction de la Terre : il est en effet prévu qu’elle demeure un temps en orbite de Ryugu, jusqu’à l’automne. Ce n’est qu’en décembre qu’elle mettra les voiles, si l’on peut dire, vers la Terre avec sa très précieuse cargaison. Arrivée prévue du colis un an plus tard, avec un largage au-dessus de l’Australie, dans une zone désertique.

(mise à jour du sujet avec le dénouement de l’opération)

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