Le réchauffement climatique risque de modifier la couleur de l'océan. Avec la raréfaction du plancton dans certaines zones, les étendues d'eaux pourront sembler plus bleues qu'auparavant.

« Nous avons découvert que la couleur de l’océan va changer » : voici le constat dressé par un groupe de scientifiques dans la revue Nature Communications le 4 février 2019. En s’intéressant au phyloplancton marin, les chercheurs ont estimé que les océans deviendront plus bleus dans certaines zones sous l’effet du réchauffement climatique.

Des spécialistes du Massachusetts Institute of Technology, de l’université de Southampton et de l’université de Californie ont expliqué comment la raréfaction du plancton végétal risque de modifier la couleur que nous percevons de l’océan.

D’ici 2100, ils assurent que plus de la moitié des océans du monde aura connu un changement de couleur. Certaines zones seront plus bleues, et d’autres plus vertes qu’actuellement.

L’océan pourrait devenir plus bleu avec le réchauffement climatique. // Source : Pixabay (photo recadrée)

Des zones plus bleues, d’autres plus vertes

Les régions subtropicales pourraient prendre une couleur bleue plus prononcée qu’actuellement, car le phytoplancton risque de s’y réduire. À l’inverse, des zones vertes (comme les pôles) permettront aux algues de prospérer davantage, avec des températures plus clémentes.

Pourquoi est-il important d’anticiper ces évolutions du phytoplancton ? Ces algues de taille microscopique sont un premier maillon essentiel dans la chaine alimentaire marine. Elles consomment du dioxyde de carbone (CO2) : leur préservation est essentielle car elles jouent un rôle dans le cycle du carbone de la planète.

Un maillon essentiel de la chaine alimentaire marine

Si les espèces de plancton sont rarement visibles à l’œil nu, il est possible de les distinguer en masse grâce à leur cellule contenant de la chlorophylle — un pigment qui joue un rôle dans la photosynthèse.

Le phytoplancton consomment du dioxyde de carbone. // Source : Flickr/CC/Dimitris Siskopoulos (photo recadrée)

Le modèle mis au point par les chercheurs repose sur une simulation de la croissance des espèces de phytoplancton avec l’augmentation des températures. Il tient aussi compte de la manière dont ces algues réfléchissent la lumière. Pour cela, les scientifiques se sont reposés sur des données obtenues par satellites.

L’écologie de l’océan modifiée

Comme l’explique le MIT dans un communiqué, la couleur des océans est liée aux interactions entre ce qu’il contient et la lumière du soleil. L’eau réfléchit la lumière bleue du spectre, tandis que le phytoplancton l’absorbe dans le processus de la photosynthèse. C’est pourquoi les zones marines où ces algues sont abondantes ont une couleur verdâtre.

La coloration modifiée des océans est présentée par les chercheurs comme un objet de préoccupation. Comme le note Stephanie Dutkiewicz, principale autrice de cette étude et spécialisée dans les écosystèmes marins au MIT, « ce sera probablement l’uns des premiers signaux d’alerte indiquant que nous avons changé l’écologie de l’océan. »

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