Des stimulations électriques peuvent duper l'odorat humain. Des chercheurs malaysiens qui travaillent à la créaton d'une « interface d'odeurs numériques » ont stimulé la muqueuse nasale de volontaires avec un fil électrique.

Au sein du laboratoire de recherche Imageering Institute en Malaysie, Kasun Karunanayaka se consacre à la création d’ « odeurs numériques » : des effluves trompeuses, capables de faire croire à nos sens que nous sentons le parfum d’un élément qui n’est pourtant pas là. Son projet est baptisé « interface d’odeurs numériques » (Digital Smell Interface).

Présentée le 17 octobre 2018 par l’Institut des ingénieurs électriciens et électroniciens dans son magazine IEEE Spectrum, cette recherche sur les odeurs « virtuelles » repose sur des simulations électriques du nerf olfactif pour nous faire croire que nous sentons de vrais arômes.

Pour concevoir leur technologie, Kasun Karunanayaka et son équipe ont demandé à 31 volontaires de se prêter à une expérience peu habituelle. Un câble électrique flexible, équipé d’une caméra et d’électrodes en argent, a été inséré dans leur nez.

Des électrodes placées dans le nez font percevoir de fausses odeurs. // Source : Capture d’écran YouTube Imagineering Institute

Des parfums factices identifiés par le cerveau

En s’aidant de l’image affichée par la caméra, les chercheurs ont mis en contact les électrodes avec les cellules de l’épithélium olfactif. Cette muqueuse présente dans la cavité nasale (à ne pas confondre avec l’épithélium respiratoire) nous permet de détecter les odeurs de notre environnement. Ce sont ces cellules, situées environ 7 cm au dessus de nos narines, qui informent le nerf olfactif de notre cerveau.

Les chercheurs ont berné les cellules des volontaires, à l’aide d’un courant électrique. En modifiant la fréquence de ce courant, ils ont cherché les réglages les plus efficaces pour que la perception de l’odeur ait l’air vraisemblable. Verdict ? Les odeurs les plus marquantes étaient celles qui semblaient aussi les plus chimiques, décrites comme « sucrées » ou « boisées. »

Le prochain objectif poursuivi par ces chercheurs est de reproduire ces odeurs factices sans avoir à utiliser un tube aussi invasif.

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