Elon Musk, qui a participé en 2015 à la fondation d'OpenAI, un collectif à but non lucratif consacré aux enjeux éthiques de l'intelligence artificielle, a quitté son conseil d'administration, pour éviter tout conflit d'intérêts avec ses autres projets professionnels.

Les progrès rapides obtenus dans l’intelligence artificielle sont devenus au fil des ans une préoccupation majeure chez Elon Musk. À tel point qu’il a fondé avec d’autres OpenAI, qui vise à « faire avancer l’intelligence numérique de la manière qui serait la plus profitable à l’humanité, sans que ces recherches soient dictées par le besoin d’un retour sur investissement ». C’était en 2015.

L’objectif de collectif à but non lucratif est de confier l’intelligence artificielle dans les mains du public, et à travers lui des décideurs politiques, pour éviter que ce champ de recherche ne soit accaparé par d’immenses entreprises (comme Google, Facebook, Microsoft, Apple, ou encore Amazon). Il s’agit de participer au développement de l’IA de façon responsable, en contrôlant et partageant les données des recherches.

Si l’objectif d’Elon Musk est tout à fait louable — qui ne veut pas d’une IA profitable à toute l’humanité ? — et les moyens à la hauteur des enjeux — OpenAI a obtenu la promesse d’un financement à hauteur d’un milliard de dollars –, le fait est que certains programmes sur lesquels l’entrepreneur américain planche mêlent business et intelligence artificielle, ce qui pourrait provoquer un potentiel conflit d’intérêts.

C’est le cas de Tesla, qui mobilisent d’importants efforts en ingénierie pour aboutir à une voiture la plus autonome possible. Ces efforts conduisent à des améliorations significatives dans les algorithmes de prise de décision automatique, constituant de fait un socle pour un système d’intelligence artificielle.

« Étant donné que Tesla se concentre davantage sur l’IA, cela éliminera un conflit potentiel pour Elon »

Aussi, pour éviter de prêter le flanc à d’éventuelles critiques, il a été décidé qu’Elon Musk ne siégera plus dans le conseil d’administration d’OpenAI. En revanche, l’Américain va continuer à soutenir financièrement l’organisation et à la conseiller. « Étant donné que Tesla se concentre davantage sur l’IA, cela éliminera un conflit potentiel pour Elon », observe le collectif.

OpenAI n’est pas la seule structure qui s’intéresse aux enjeux éthiques de l’intelligence artificielle. D’autres initiatives ont déjà pris forme, comme celle de Partnership on AI, où les grands entreprises technologiques se sont réunies pour partager leurs découvertes et leurs questions, ou les 23 Principes d’Asilomar, qui veulent encadrer un développement éthique des IA.

Crédit photo de la une : Michelle Andonian

Partager sur les réseaux sociaux