Alors que des passagers américains du navire MV Hondius ont été débarqués aux États-Unis, la prise en charge des autorités sanitaires du pays interroge. Des scientifiques dénoncent un laxisme qui pourrait avoir de grandes conséquences au vu des recommandations de Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Janvier 2025 : les États-Unis annoncent leur départ de l’OMS. Une des premières décisions prises par Donald Trump au début de son deuxième mandat. Le président américain dénonçait notamment l’opacité de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et de graves défaillances durant la pandémie de Covid-19.

Aujourd’hui, alors que le divorce est bel et bien consommé, et qu’une nouvelle menace virale se retrouve dans l’actualité, le pays choisit de mettre en place des mesures qui vont à l’encontre de celles prônées par l’organisation. Cela concerne les passagers américains du navire MV Hondius, qui ont été rapatriés le 11 mai, sans que l’on sache encore s’ils sont aussi porteurs du virus.

Une situation chaotique

Certains ont été transférés dans un centre spécialisé au Nebraska, tandis que d’autres, qui avaient quitté le navire de croisière plus tôt, sont répartis entre plusieurs États. Au total, nous avons 17 Américains et un Britannique en quarantaine au Nebraska, ainsi que plusieurs personnes qui avaient quitté le navire à Sainte-Hélène, dont sept Américains, et qui sont maintenant dans cinq États américains différents. Eux sont revenus via des vols commerciaux et n’ont fait l’objet d’aucun contrôle particulier.

La situation reste floue, mais on sait désormais qu’au moins une personne au Nebraska est positive, tandis qu’une autre présente des symptômes. Seulement, leur durée de quarantaine semble assez variable. Les autorités sanitaires (le CDC — Centre pour le contrôle et la prévention des maladies), ont déclaré que les personnes asymptomatiques jugées peu exposées aux malades durant la croisière, pourraient rentrer chez elles.

Ce virus ne vient pas d’un bateau de croisière

La raison : le risque de contamination considéré comme beaucoup plus faible que celui du Covid, et qui ne nécessiterait donc pas de confinement aussi strict. Ce qui va à l’encontre de ce que recommande l’OMS.

L’organisation reconnaît que le risque pour la santé publique est faible. En revanche, la période d’incubation du virus peut s’étendre jusqu’à six semaines, ce qui justifie un confinement sur cette période pour éviter tout risque de contamination à des proches. Des mesures qui sont d’ailleurs prises par tous les autres pays concernés par le virus, dont la France.

Scepticisme et baisse de budget

Aux États-Unis, non seulement cette période n’est pas respectée, mais en plus, le CDC a confirmé que les personnes asymptomatiques ne seraient pas testées. Il leur est seulement demandé de contacter les autorités si jamais des symptômes apparaissent dans les 42 jours suivants, notamment de la fièvre ou des maux de tête.

Pourquoi une telle nonchalance ? Tout d’abord, ces décisions semblent suivre la ligne politique défendue par Donald Trump et son ministre de la Santé Robert Kennedy Jr, à savoir une opposition globale aux organismes internationaux et un scepticisme assumé face aux vaccins et aux mesures sanitaires globales.

Robert F. Kennedy Jr
Robert F. Kennedy Jr. // Source : Gage Skidmore

Ensuite, c’est également une conséquence de la diminution des ressources accordées aux autorités sanitaires. Depuis le début du deuxième mandat de Donald Trump, le CDC a vu le départ de 25 % de ses employés et une division de son budget par deux, avec en plus le limogeage de sa directrice. En 2025, ces mesures avaient soulevé d’importantes mobilisations, mais sans succès.

Enfin, même si de nombreuses variables restent inconnues à propos de l’hantavirus, ce comportement pourrait avoir d’importantes conséquences sur le monde entier, étant donné les échanges des États-Unis avec le reste du monde. A fortiori à partir du mois de juin, avec la Coupe du monde de football qui doit démarrer sur le continent.

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