La croisière du MV Hondius sur l’océan Atlantique a tourné au cauchemar pour ses passagers. 3 personnes sont décédées, et la présence du hantavirus a été confirmée à bord. Promiscuité, espaces clos… les bateaux de croisière sont connus pour être propices au développement d’épidémies.

C’est un passager dont l’équipage du navire MV Hondius se serait bien passé. Le hantavirus s’est invité à bord de ce bateau de croisière, qui évolue dans l’océan Atlantique, déclenchant une épidémie. 3 personnes sont décédées, et il a été confirmé que l’un des passagers a été infecté par la souche de hantavirus des Andes, la seule transmissible entre êtres humains.

Le bateau, qui transportait en tout 147 passagers et membres d’équipage, est parti d’Argentine vers le Cap-Vert. Le navire devrait finalement terminer son voyage à Tenerife dans l’archipel espagnol des Canaries le samedi 9 mai, avec une évacuation des passagers prévue en début de semaine suivante.

Selon le dernier bilan de Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), en date du 6 mai 2026, 8 cas ont été recensés, dont 3 ont pu désormais être confirmés comme des maladies à hantavirus (qui sont des zoonoses) via des tests en laboratoire.

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Le risque d’une épidémie propagée hors du navire est jugé faible

« À ce stade, le risque d’une propagation hors du navire est considéré comme faible par l’OMS », indique l’Inserm. En effet, « il est rare qu’un hantavirus se transmette d’un être humain à un autre ». La faible probabilité d’un risque de pandémie s’explique notamment par la forte létalité du hantavirus : le syndrome pulmonaire à hantavirus, qui est l’une des formes cliniques de la maladie existant sur le continent américain, a une létalité allant jusqu’à 60 %, selon Santé publique France.

Entre humains, le virus se transmet surtout au tout début de la maladie, et « ce sont surtout les proches qui sont exposés, en particulier lors de contacts étroits, notamment les relations sexuelles, ou dans des espaces confinés ». Des espaces confinés, comme ceux d’une croisière par exemple. En effet, les bateaux de croisières sont des lieux qui favorisent les épidémies (à l’échelle du bateau), pour plusieurs raisons que vient notamment d’expliquer Vikram Niranjan, expert en santé publique et épidémiologiste, dans le média The Conversation.

Pourquoi les bateaux de croisière sont des nids à microbes

Les navires de croisière « montrent à quel point les maladies peuvent se progager facilement lorsque des personnes sont entassées dans un environnement unique et interconnecté », explique-t-il. Pour plusieurs raisons :

  • La nourriture : les repas sont pris en commun, souvent sous forme de buffet. Les couverts sont partagés, et les passagers touchent les mêmes surfaces : ce qui peut « faciliter la propagation des infections gastro-intestinales » (miam). D’autant plus que des personnes infectées, mais n’ayant pas encore de symptômes, peuvent déjà contaminer la nourriture et les surfaces.
  • La conception du navire : « Les passagers se côtoient dans les salles à manger, les bars, les ascenseurs, les couloirs, les salles de spectacle et les espace de bien-être », ainsi que les membres de l’équipage.
  • La ventilation : dans les navires de croisière, les passagers passent longtemps dans des espaces clos. « Les maladies peuvent se propager plus facilement dans des espaces clos et bondés, tels que les cabines, les restaurants et les lieux de divertissement, si le système de ventilation n’est pas adéquat », résume Vikram Niranjan.
  • Les réseaux d’eau : ils peuvent être favorables à la transmission de maladies comme la légionellose, et sont difficiles à stériliser.
  • L’âge des passagers : sans surprise, « les croisières sont particulièrement prisées par les personnes âgées, et de nombreux passagers souffrent de pathologies chroniques ou qui aggravent les infections ».
  • Les installations médicales : même si les croisières prévoient de quoi assurer les premiers secours, quelques traitements et soins de base, les dispositifs sont limités par rapport à ceux des hôpitaux.
Miam miam. // Source : Mike Louagie (image modifiée)
Le buffet à bord du MV Hondius. Miam miam. // Source : Mike Louagie (image modifiée)

Air confiné, promiscuité… de quoi faciliter le partage des germes et bactéries à vitesse grand V. Sur un bateau de croisière, il est donc encore plus crucial de nettoyer rigoureusement les espaces et les objets utilisés, de repérer précocement les maladies qui pourraient survenir, et d’isoler rapidement les personnes concernées pour éviter une propagation. Même si les épidémies de hantavirus restent rares sur les bateaux, les décès à bord du MV Hondius rappellent que « les germes se propagent beaucoup plus facilement dans des espaces confinés ».

Vous embarquez à bord d’une croisière ? Voilà quelques conseils à suivre

Avant d’embarquer sur un bateau pour une croisière, Vikram Niranjan recommande donc de se renseigner sur la compagnie et ce qu’elle prévoit pour éviter la propagation des maladies. Il est conseillé aussi d’avoir ses vaccins à jour.

Une fois à bord, le lavage des mains fréquent au savon et à l’eau est la mesure la plus efficace pour éviter de propager des maladies. Et si vous vous sentez malade, il faut éviter de se rendre dans les espaces partagés, et rapidement signaler vos symptômes « plutôt que d’essayer de continuer comme si de rien n’était ».

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