Le bateau MV Hondius est devenu un foyer d’hantavirus pendant une croisière dans l’océan Atlantique. Des passagers ont été testés positifs au virus, ou sont considérés comme des cas à risque. Des cas contacts ont aussi été identifiés. La maladie est rare, mais particulièrement létale. Comment cela s’explique-t-il ?

Une passagère française du bateau MV Hondius, rapatriée, a été testée positive à l’hantavirus, a annoncé la ministre de la Santé Stéphanie Rist ce lundi 11 mai 2026 sur France Inter. 4 autres Français également hospitalisés sont actuellement négatifs (mais restent à l’hôpital pour s’assurer qu’ils ne deviennent pas positifs). En plus de ces 5 cas qui se trouvaient sur le navire où le foyer de la maladie s’est déclaré, 22 cas contacts ont été identifiés en France parmi les passagers de deux vols.

Au total, 3 personnes sont décédées à bord du bateau. Les analyses ont identifié que la souche d’hantavirus concernée est celle des Andes, la seule transmissible entre êtres humains (sur les 38 souches connues). Les maladies humaines à hantavirus sont des zoonoses, dont la transmission vers les humains se fait principalement au contact de l’urine, d’excréments ou de salive de rongeurs infectés.

Ce n’est « pas un nouveau covid », assure l’OMS

Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), « il ne s’agit pas d’un nouveau covid. Le risque actuel pour la santé publique lié au hantavirus reste faible. »

Le navire MV Hondius. // Source : Franklin Braeckman - Oceanwide Expeditions (image recadrée et modifiée)
L’OMS tempère les risques pour la santé publique posés par le foyer d’hantavirus du navire MV Hondius. // Source : Franklin Braeckman – Oceanwide Expeditions (image recadrée et modifiée)

« Les éléments disponibles indiquent une transmission interhumaine limitée, survenant uniquement dans des conditions de contacts étroits et prolongés. L’hypothèse privilégiée est celle d’une exposition initiale en Argentine, suivie d’une transmission restreinte à bord du navire », indique de son côté le ministère de la Santé dans un communiqué.

Même si le risque d’une épidémie semble donc à ce stade peu probable, le foyer de la maladie au sein de ce bateau de croisière, et le rapatriement des personnes infectées ou cas contacts, paraît néanmoins susciter une certaine inquiétude. Cela peut se comprendre : la maladie est rare, mais grave, et peut être mortelle.

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Pourquoi la maladie à hantavirus est si mortelle pour les personnes infectées

Lorsqu’un humain est infecté, la période d’incubation dure ensuite plusieurs semaines (environ 1 à 6, avec une moyenne de 2 semaines). Puis viennent ensuite les premiers symptômes, comparables à ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires, comme l’énumère l’ANRS MIE (Maladies infectieuses émergentes). De la toux et une respiration plus difficile sont également possibles, « entre un et cinq jours après le début des symptômes », indique l’Inserm.

Il existe plus exactement deux formes cliniques de la maladie dont les hantavirus sont responsables. Les deux syndromes peuvent être provoqués par la même espèce virale.

  • Le syndrome pulmonaire à hantavirus : retrouvé surtout en Amérique du Nord et du Sud, cette maladie est assez brutale, avec un taux de létalité de 30 à 60 %.
  • La fièvre hémorragique avec syndrome rénal : retrouvée surtout en Europe et Asie, cette maladie évolue en plusieurs phases, avec un taux de létalité de 0,4 à 10 %.

Dans le cas du syndrome pulmonaire à hantavirus, celui qui est surtout observé en Amérique, la maladie se manifeste par « une atteinte pulmonaire grave et rapide avec détresse respiratoire et cardiaque et choc après une phase prodromique [ndlr : c’est-à-dire la phase du début de la maladie] fébrile avec myalgies [ndlr : douleurs musculaires] », indique Santé publique France.

Dans un cas comme dans l’autre, « les symptômes s’expliquent par une atteinte des vaisseaux sanguins, qui deviennent anormalement perméables. Cela entraîne une fuite de liquide vers les tissus », explique l’Inserm. Les vaisseaux sanguins ne sont pas directement détruits, mais se comportent comme des « éponges trouées » qui laissent fuir le sang (le plasma) hors des vaisseaux dans les tissus du corps. On peut alors observer des baisses de tension, des gonflements graves et l’arrêt d’organes vitaux. Ce n’est donc pas le virus lui-même qui tue les personnes infectées, mais la « tempête immunitaire » qu’il déclenche.

Par ailleurs, il n’existe aucun traitement spécifique ni vaccin, contre une infection à hantavirus. Le seul traitement possible est celui des symptômes (avec du paracétamol ou du repos). « La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs et leurs excrétions », résume l’ANRS MIE.

La maladie à hantavirus est donc particulièrement létale à cause de son mécanisme d’action sur les vaisseaux sanguins, en plus de l’absence de traitements spécifiques.

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