Blue Origin a connu un terrible ascenseur émotionnel ce week-end. Lors du troisième vol du lanceur New Glenn, le booster a réussi son retour sur Terre pour la deuxième fois. Mais le satellite, lui, n’a pas pu atteindre la bonne orbite.

Il y a eu les vidéos impressionnantes du décollage de la gigantesque fusée New Glenn, mais aussi du retour automatique du premier étage sur une barge déployée dans l’océan. Des scènes fortes, impliquant un étage déjà utilisé dans un vol précédent, partagées aussi bien par Jeff Bezos sur X, le fondateur de la société spatiale Blue Origin, que par Dave Limp, son PDG.

Et puis il y a eu le point de situation beaucoup plus austère et bien moins encourageant de Blue Origin, qui est venu casser l’ambiance.

« Nous avons confirmé la séparation de la charge utile. AST SpaceMobile a confirmé que le satellite s’est allumé. La charge utile a été placée sur une orbite hors norme. Nous procédons actuellement à une évaluation et vous tiendrons informés dès que nous disposerons d’informations plus détaillées », a-t-il été écrit le 19 avril 2026.

Ni Jeff Bezos ni Dave Limp n’ont repris la parole depuis. Et le compte officiel de Blue Origin est terriblement silencieux à la suite de cette mise à jour. Les dernières nouvelles sont venues en fin de compte d’AST SpaceMobile, la société cliente qui avait acheté son ticket pour voler avec New Glenn (NG-3, car il s’agissait de la troisième mission opérationnelle de la fusée).

Le satellite sera désorbité

Dans un communiqué, l’entreprise annonce que son satellite, BlueBird 7, « a été placé sur une orbite plus basse que prévu par l’étage supérieur du lanceur. Bien qu’il ait été éjecté et se soit allumé, son altitude est trop basse pour permettre le maintien de ses opérations à l’aide de ses propulseurs embarqués ; il sera donc désorbité. »

La faute vient donc de toute évidence du deuxième étage du New Glenn, qui n’a visiblement pas eu la poussée requise pour permettre à BlueBird 7 de se trouver à la bonne altitude — les satellites d’AST SpaceMobile évoluent sur une orbite terrestre basse, à quelques centaines de kilomètres au-dessus du sol (BlueBird 6, par exemple, se trouve à 520 km).

new glenn booster
Un booster d’une fusée New Glenn sur la barge (image d’un précédent vol). // Source : Blue Origin

Les causes de l’échec de ce deuxième étage ne sont pour l’heure pas claires. Reste désormais à qualifier ce vol : faut-il parler de succès partiel ou de demi-échec ? Car selon ce que l’on regarde, l’analyse n’est pas tout à fait la même.

Si l’on se focalise sur la mission commerciale elle-même, c’est un raté sur toute la ligne. Non seulement le satellite n’est pas sur la bonne orbite, mais en plus on ne peut même pas l’exploiter malgré tout. AST SpaceMobile a dû prendre la décision de le désorbiter. C’est la première fois en trois vols que la fusée New Glenn échoue sur ce terrain.

Mais si l’on regarde les performances du lanceur, il y a des nouvelles plus réjouissantes. Certes, les performances du second étage posent visiblement problème, mais le propulseur central, lui, a bien fonctionné. Mieux que ça : il s’agit de la deuxième fois que Blue Origin réussit à faire atterrir ce booster. Qui plus est, celui-ci avait déjà servi.

Blue Origin peut donc se mettre du baume au cœur en démontrant que son tout premier atterrissage automatique avec le New Glenn n’était pas juste un coup de chance, et qu’il est dorénavant capable de réutiliser un booster d’une mission à l’autre. Maintenant, il reste à reproduire tout cela, mais sans louper la mise en orbite de la charge utile.

Rendez-vous au prochain vol.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+
Toute l'actu tech en un clien d'oeil

Toute l'actu tech en un clin d'œil

Ajoutez Numerama à votre écran d'accueil et restez connectés au futur !


Tous nos articles sont aussi sur notre profil Google : suivez-nous pour ne rien manquer !