Toujours plus puissants, les smartphones sont capables de participer à la recherche médicale. Après Sony et le projet Folding@Home, c’est au tour d’un institut australien de lancer une application pour combattre le cancer.

Vous avez acheté le tout dernier smartphone à la mode et vous aimeriez bien mettre sa puissance au service de la science ? Si vous vous reconnaissez dans cette description, alors vous devriez sans plus attendre jeter un coup d’œil à l’initiative DreamLab. En effet, celle-ci propose de mobiliser les ressources de votre appareil afin d’accélérer la recherche médicale contre certaines formes de cancer.

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Développée par l’institut australien de recherche médicale Garvan en partenariat avec l’opérateur Vodafone, DreamLab est une application qui utilise les performances de votre mobile pendant les périodes où vous ne l’utilisez pas afin de résoudre des problèmes assez simples. Concrètement, c’est au cours de la nuit, pendant que le téléphone est branché sur le secteur pour être rechargé, que les calculs sont effectués.

DreamLab repose sur le principe du calcul distribué. Au lieu d’acquérir un supercalculateur hors de prix pour mouliner des milliards de données, Garvan a choisi de répartir le travail sur les smartphones des volontaires, qui sont bien moins chers. Et si un seul mobile n’est pas capable de rivaliser avec un supercalculateur, la somme de milliers d’entre eux peut faire la différence. « Les petits ruisseaux font les grandes rivières » dit-on.

[floating-quote float= »right »]Les petits ruisseaux font les grandes rivières.[/quote]

Une fois installée, l’application demande au participant ses préférences en matière de recherche médicale : cancer du sein, cancer de l’ovaire, cancer du pancréas ou cancer de la prostate. Il lui est possible de choisir les maladies de son choix (de une à quatre). Ensuite, il doit indiquer le volume de données qu’il accepte d’envoyer chaque mois à DreamLab : 50 Mo, 250 Mo ou 500 Mo. Pour avoir un ordre d’idée, l’institut médical australien précise que le transfert de 50 Mo équivaut à un envoi de 25 photos par mois. Un volume de 250 Mo est du même ordre qu’une écoute de musique en streaming pendant quatre heures. Enfin, le téléversement de 500 Mo représente la même chose que la lecture d’une vidéo en streaming pendant une heure et demi.

Pour les clients de Vodafone, les données envoyées par l’Internet mobile ne sont pas décomptées du forfait. Pour les autres, il est sans doute préférable de les transmettre via le réseau WiFi domestique afin de ne pas avoir de souci avec l’abonnement. Cela étant dit, de nombreux opérateurs vendent des formules qui incluent plusieurs gigaoctets d’Internet mobile par mois. À chacun de choisir ce qui lui convient le mieux.

Selon ses estimations, Garvan pense que son travail de recherche peut aller trente fois plus vite si son application est installée sur un millier de téléphones. L’entreprise espère donc qu’un maximum d’utilisateurs sera séduit par son initiative. Selon les statistiques disponibles sur Google Play, l’application a pour l’instant été téléchargée entre 1000 et 5000 fois. Mais combien seront-ils à l’utiliser vraiment, sur le long terme ?

Sony est aussi sur le coup avec une application qui contribue au projet Folding@Home.

Quoiqu’il en soit, l’initiative portée par Garvan n’est pas une nouveauté.

En début d’année, Sony a présenté une application qui permet de faire la même chose dans le cadre du projet Folding@Home. Lancé en 2000 par l’université Stanford, il se concentre aussi sur des maladies très graves, comme Alzheimer et Huntington, en sollicitant les ordinateurs des particuliers pour étudier le comportement des protéines dans diverses situations et élaborer en conséquence de nouveaux traitements.

La firme japonaise a estimé à l’époque qu’un seul smartphone de la gamme Xperia peut contribuer à hauteur de 30 gigaflops et ajouté que la participation de 5000 téléphones permettrait d’atteindre un nombre d’opérations à virgule flottante par seconde de 150 téraflops. Et si 100 000 mobiles sont impliqués, la puissance de calcul atteindrait 2 pétaflops, doublant ainsi plusieurs supercalculateurs.

Source : Numerama

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