Les observations préliminaires de la Nasa sur le comportement de sa méga-fusée SLS lors de la mission Artémis I sont très enthousiastes. Le lanceur a dépassé les attentes, ce qui est une excellente nouvelle pour la suite.

Non seulement le Space Launch System (SLS) a bien fonctionné, mais en plus la méga-fusée de la Nasa a affiché des performances supérieures à ce qui était attendu. Voilà les conclusions préliminaires de l’agence spatiale américaine, dans le cadre de l’examen du comportement du lanceur au moment du départ de la mission Artémis 1, le 16 novembre 2022.

Partagées le 17 janvier, les observations de la Nasa soulignent que « la fusée a atteint ou dépassé toutes les attentes en matière de performance. [….] Tous les systèmes SLS ont fonctionné de manière exceptionnelle.» Cité dans le compte-rendu, le responsable du programme, John Honeycutt, a ajouté que la corrélation entre la théorie et les performances réelles « était excellente ».

sls space launch system
Le décollage du SLS. // Source : Joel Kowsky

En résumé, le programme spatial habité des États-Unis peut sereinement se tourner vers la suite, incarnée par Artémis II, une mission attendue en 2024. L’évaluation du SLS et des données de vol se poursuit néanmoins, en vue d’un rapport final. Toutes les informations collectées lors ce premier vol serviront aux suivants, en particulier pour optimiser le SLS.

Cela sera notamment bénéfique pour Artémis II, qui est une marche encore plus haute pour la Nasa : il va s’agir de reproduire le même vol qu’Artémis I, mais avec un équipage à bord. Aucune erreur, aucune approximation ne peut être tolérée ici. Le vol à vide organisé avec Artémis 1 a servi de galop d’essai, sans faire courir de risque aux astronautes.

Le succès d’Artémis I est d’autant plus satisfaisant que la fusée revient de loin : elle a connu des retards dans son développement, des reports à cause d’une météo capricieuse, des problèmes lors de sa campagne d’essai, mais aussi des incidents préoccupants (une fuite d’hydrogène) et des contraintes de calendrier. En outre, elle a coûté atrocement cher à développer.

Cap sur 2024 et Artémis II

À moins que la Nasa découvre un souci significatif parmi toutes les données reçues au moment du vol d’Artémis I, le calendrier de la Nasa va se poursuivre. Un autre exemple de la fusée (en effet, la méga-fusée SLS ne peut pas être réutilisée comme SpaceX) est en cours de construction et d’assemblage. L’étage central doit être livré ce printemps.

Ce point d’étape constitue en tout cas une excellente nouvelle pour le programme Artémis, qui vise à ramener des astronautes américains sur la Lune. Cette étape se fera après Artémis II — la mission Artémis III est attendue officiellement pour 2025. Cependant, en matière d’affaires spatiales, le calendrier n’est jamais à l’abri d’un bouleversement.

Le SLS est un lanceur spatial lourd, qui présente des caractéristiques semblables à la fusée Saturn V qui fut inventée et mise en œuvre pour le programme Apollo — une fusée devenue mythique, qui n’a jamais connu d’échec. Le SLS culmine à 98 mètres haut (il dépasse la statue de la Liberté) et pèse 3 000 tonnes. Et à son sommet se trouve la capsule Orion.

La Nasa espère bien réitérer cet exploit, avant, peut-être, de céder la main : en effet, le SLS pourrait bien être la dernière fusée construite par la Nasa avant de passer la main au secteur privé. Plusieurs entreprises, comme SpaceX (avec le Starship), Blue Origin (New Glenn) et United Launch Alliance (Vulcan) développent activement des lanceurs lourds.


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