Le nanosatellite, qui fait office d’éclaireur pour le programme Artémis, a fini par atteindre la Lune, non sans mal. Son objectif : tester une orbite spéciale, prévue pour la station spatiale lunaire.

Non sans mal, Capstone a fini par arriver à destination, a confirmé la Nasa le 14 novembre 2022. Le nanosatellite américain Capstone a enfin atteint la Lune pour une courte mission, mais essentielle : tester une orbite spéciale autour du satellite de la Terre, qui servira ultérieurement à la future station lunaire. L’insertion de Capstone sur l’orbite a eu lieu le 13 novembre, après un périple de plus de quatre mois dans l’espace.

Capstone, dont le nom signifie « Cislunar Autonomous Positioning System Technology Operations and Navigation Experiment », tient le rôle de précurseur pour le programme Artémis — dont le but est de renvoyer des astronautes sur la Lune pendant la décennie 2020. Pour faire la jonction entre la Terre et la Lune, une station spatiale comme l’ISS est idéale.

Capstone orbite
L’orbite en animation. // Source : Nasa

Dans ce cadre, une orbite très prometteuse a été retenue : c’est une orbite quasi-rectiligne de halo très excentrique. Sa forme est particulière, à tel point que l’on a l’impression de voir une sorte de « collier » suspendu au cou de la Lune. C’est en tout cas vrai pour certains visuels. En réalité, la trajectoire de Capstone et la station sera bien plus complexe.

Cette configuration offre plusieurs avantages pour réduire la complexité de la mission Artémis : elle maintient en permanence une vue directe avec la Terre pour les communications ; elle demande peu d’énergie pour maintenir la station en place ; elle facilite l’accès à la surface lunaire, à divers endroits ; et elle peut servir à des missions au-delà de la Lune.

Un voyage difficile pour Capstone

Le voyage de Capstone n’a pas été sans mal. Si le point d’étape de l’agence spatiale américaine à la fin octobre était positif, signalant la réussite d’une correction de trajectoire, pour préparer la bonne insertion du nanosatellite, la situation ces dernières semaines a été délicate. En particulier, le comportement de l’engin n’était pas toujours nominal.

La Nasa l’a rappelé lors de son point d’étape, avec un véhicule qui s’est retrouvé dans un « mode de sécurité » à cause d’un problème survenu au début du mois de septembre. Ce souci a entrainé la rotation du vaisseau spatial. En cause, selon les investigations de l’agence ? Une valve défaillante dans l’un des huit propulseurs du vaisseau spatial.

Capstone, qui a exécuté une manœuvre finale le 13 novembre pour se placer sur cette orbite de halo presque rectiligne, doit fonctionner au moins six mois autour de la Lune. En parallèle, la Nasa souhaite lancer la mission Artémis 1, première étape de son programme. Ici, il s’agit de faire décoller sa super-fusée, faire le tour de la Lune, puis revenir. La mission est inhabitée. C’est une sorte de répétition générale avant le vol avec des astronautes