Dimorphos, l’astéroïde percuté par la mission DART, a changé. Quelques jours après l’impact, une gigantesque queue de matière s’est formée derrière l’astéroïde.

Jamais encore l’humanité n’avait percuté volontairement un astéroïde avec une sonde. Dans la nuit du 26 au 27 septembre 2022, la mission DART a réussi, à 11 millions de kilomètres de notre planète. Le crash du vaisseau DART sur l’astéroïde Dimorphos a même engendré plusieurs images stupéfiantes.

Les conséquences de l’impact de DART sur Dimorphos sont désormais surveillées par les astronomes. L’objectif de ce test est de dévier l’astéroïde, qui évolue en orbite autour d’un autre astéroïde, Didymos. Il faudra du temps pour savoir si DART a bien perturbé la trajectoire de Dimorphos. Néanmoins, les astronomes ont déjà pu constater un changement, comme l’a repéré Eric Lagadec, astrophysicien à l’observatoire de la Côte d’Azur. Une semaine après l’impact, des scientifiques constatent une activité persistante sur l’astéroïde.

Une immense trainée poussiéreuse émane de l’astéroïde Dimorphos

Peu après le crash, les astronomes avaient eu la surprise de découvrir que Dimorphos avait une queue de matière, comme les comètes. Un jour après l’impact de DART, Dimorphos semble être devenu un astéroïde actif, avec de l’éjection de matière. On peut notamment voir cette structure sur une image obtenue avec le télescope SOAR au Chili, diffusée le 3 octobre. La trainée de poussière qui émane de Dimorphos est estimée faire plus de 10 000 km. Pour rappel, Dimorphos lui-même ne mesure que 170 m de diamètre.

La queue de Dimorphos après l'impact. // Source : Via Twitter @NOIRLabAstro (photo recadrée)
La queue de Dimorphos après l’impact. // Source : Via Twitter @NOIRLabAstro (photo recadrée)

Comme le relève NewScientist, la queue poussiéreuse parait issue du nuage de poussière qui a pu être observé autour de Dimorphos juste après l’impact de DART. Dans les jours suivants, cette masse semble s’être étirée pour former une trainée qui suit l’astéroïde. Le processus doit avoir la même origine que les queues cométaires : la proximité avec le Soleil contribue à l’éjection de matière contenue par l’objet céleste.

Observer de tels débris est une aubaine pour les astronomes, qui peuvent s’en servir pour en savoir davantage sur la composition de Dimorphos. Et, lorsque le nuage se sera dissipé, on pourra ensuite espérer voir la surface de l’astéroïde, pour tirer d’autres conclusions sur les effets de DART.