Bill Gates a prévu de redistribuer toute sa fortune pour lancer des chantiers visant à améliorer la vie sur Terre. Environnement, santé, industrie : autant de sujets qu’il financera jusqu’à épuisement de ses ressources.

Pour qui a grandi dans les années 1990 et 2000, le nom de Bill Gates résonne avec Microsoft et l’homme le plus riche du monde. De 1994 à 2017, Bill Gates cumule 18 titres de plus grande fortune mondiale, culminant en 1999 à 90 milliards de dollars. Depuis 2017, deux autres entrepreneurs de la tech ont pris le relais : Jeff Bezos, puis Elon Musk. Retiré des affaires, Bill Gates n’a pas œuvré pour faire fructifier son patrimoine — au contraire, il en redistribue une grande partie dans la fondation qu’il a créée avec Melinda, sa femme.

Devenir l’homme le moins riche du monde

Le 13 juillet 2022, il a affirmé dans un billet de blog et sur Twitter qu’il emprunterait le chemin inverse à son ascension : il souhaite se séparer de « virtuellement l’intégralité de sa fortune ». Les raisons évoquées par le philanthrope sont nombreuses et viendraient à l’esprit de chacun : « La pandémie est l’un des plus grands revers de l’histoire. La guerre en Ukraine est une immense tragédie pour le monde entier. Les dommages causés par le changement climatique sont déjà pires que ne le prévoyaient la plupart des modèles. Les États-Unis ont fait un énorme pas en arrière pour l’égalité des sexes et la santé des femmes. », avance-t-il, en introduction de son fil Twitter.

Ces grandes crises du 21e siècle, la dernière étant liée à la fin de la protection de l’avortement aux États-Unis, conduisent Bill Gates à intensifier les dons à sa fondation. Il a annoncé passer de 6 milliards de dollars de dons par an à 9 milliards de dollars de dons dès cette année. Avec un premier chèque de 20 milliards de dollars au mois de juillet 2022 qui marquera l’entrée dans cette nouvelle ère.

FXjhVUnVEAcWD8u
Les dépenses de la fondation Bill & Melinda Gates // Source : Gates Note

Les projets de Bill Gates pour changer l’Humanité

À quoi vont servir ces fonds ? Pour Bill Gates, éternel optimiste, il s’agit de faire avancer l’Humanité vers plusieurs objectifs que sa fondation s’est fixée.

  • Anticiper et lutter contre les pandémies : l’objectif, ici, est de financer la recherche pour des vaccins qui immunisent contre les infections et non qui réduisent simplement la contagiosité et la sévérité des maladies. En parallèle, Bill Gates évoque la nécessité de trouver des médicaments facilement utilisables pour freiner l’émergence d’une épidémie.
  • Réduire la mortalité infantile : pour Bill Gates, c’est le prolongement de sa lutte contre le paludisme, avec l’objectif de remettre l’Humanité dans la trajectoire des objectifs fixés par les Nations Unies, balayés par la pandémie de Covid-19.
  • Éliminer des maladies : la polio est dans le viseur du milliardaire. Quasiment éradiquée grâce à la vaccination, elle reste présente dans de nombreux pays. Il espère l’éradiquer d’ici 3 à 4 ans et la faire entrer aux rangs des maladies du passé, comme la petite vérole.
  • Améliorer la sécurité alimentaire : le monde doit pouvoir se nourrir et Bill Gates veut faire en sorte que les récoltes résistent aux changements climatiques. Son premier but est de faire du continent africain un exportateur de nourriture et non un importateur.
  • Accéder à l’égalité des genres : Bill Gates souhaite participer à l’empouvoirement des femmes dans le monde, en travaillant sur l’accès à l’éducation, à la santé, aux contraceptifs et aux ressources financières qui permettent l’innovation.
  • Améliorer l’éducation : il ne suffit pas d’avoir un ordinateur pour mieux apprendre, affirme le milliardaire. C’est dans les cursus personnalisés qu’il imagine le futur de l’éducation, avec des programmes à tester aussi bien dans les pays en développement que dans les pays développés.
  • Mitiger le changement climatique : Bill Gates ne dit plus arrêter, mais mitiger. Loin des mirages populistes, le milliardaire préfère se concentrer d’abord sur ce qui produit le plus d’émissions : la production de ciment et d’acier, par exemple. En se concentrant sur les secteurs les plus émetteurs, il sait que la tâche sera difficile, car cela changera des pans entiers de l’économie.

En bref, un programme terre à terre qui entend faire perdurer la vie humaine sur Terre plutôt que de corréler sa survie à la conquête spatiale.

Dans un message final qui ressemble à une définition de l’impôt des plus fortunés, Bill Gates montre son attachement à reverser à la communauté ce qu’il a gagné en tant qu’individu : « J’ai l’obligation de restituer mes ressources à la société de manière à avoir le plus grand impact pour réduire la souffrance et améliorer les vies. Et j’espère que d’autres personnes, très riches et privilégiées, prendront les mêmes décisions ».

Un message probablement adressé à Jeff Bezos, connu pour son égoïsme et sa faible propension à contribuer à des œuvres caritatives. Ou à Elon Musk, le seul des trois larrons qui n’est pas encore un retraité de la tech.