Une équipe de chercheurs affirme que les insectes auraient un certain mécanisme biologique appelé nociception, et qu’ils pourraient donc ressentir la douleur au même titre que les mammifères et les invertébrés.

Dans un article publié par la revue Proceedings of the Royal Society b : Biological Sciences le 6 juillet 2022, un groupe de scientifiques est arrivé à la conclusion que les insectes possèderaient un système nerveux appelé nociception– il s’agit d’une terminaison nerveuse capable de transmettre les stimulations génératrices de douleur. Par conséquent, les petites bestioles ressentiraient la douleur, au même titre que les pieuvres ou les poulpes.

Le système nerveux des insectes réagit face à la douleur

Étant donné qu’il est très difficile de mesurer le degré et le ressenti de douleur chez un animal, et surtout chez un minuscule insecte, les scientifiques jugent que les conclusions de cette recherche sont d’une grande importance : « Nous ne pouvons pas interroger les insectes sur leurs ressentis ni observer des manifestations telles que des grimaces ou des contorsions faciales, comme nous pourrions le faire chez un chien qui ressent de la douleur. Ainsi, l’existence de mécanismes neuronaux qui pourraient atténuer la douleur chez les insectes est une découverte importante », souligne de manière significative le chercheur Gibbons dans une interview accordée à Newsweek.

Les chercheurs ont tenté de savoir si les insectes avaient, oui ou non, la capacité à contrôler leur nociception, un facteur qui caractérise les animaux ayant un ressenti envers la douleur, même si le système nerveux de ces mignonnes bestioles est bien plus petit que celui des mammifères : « Il est essentiel de mener davantage de recherches pour comprendre les processus nociceptifs chez les insectes », expliquent les scientifiques.

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Cette étude prouve que les insectes ressentent la douleur // Source : The Royal Society Pubilishing

Des questionnements éthiques

Afin de vérifier si les insectes ressentent la douleur, une expérience a déjà été faite par le passé, notamment sur une mouche des fruits. Après avoir coupé l’une de ses pattes, les chercheurs ont découvert que la zone blessée devenait hypersensible.

Cette nouvelle étude pourrait soulever d’importantes questions éthiques, particulièrement sur l’élevage de masse des insectes dans certains pays asiatiques : « les Nations unies recommandent la production massive d’insectes pour l’alimentation. Toutefois, les implications éthiques n’ont pas été examinées en profondeur, car les protections du bien-être animal a tendance à ne pas couvrir les insectes », déclarent les scientifiques.