La nouvelle comédie SF de Simon Astier est sur Warner TV. Visitors nous raconte un premier contact avec des aliens, dans la ville fictive de Pointe-Claire, où tout n’est, en définitive, pas si clair.

C’est le grand retour de Simon Astier depuis Hero Corp : la chaîne WarnerTV (disponible via Canal+) diffuse, à partir de ce mardi 10 mai 2022, la nouvelle série Visitors. Avis aux amateurs et amatrices de premiers contacts extraterrestres, vous serez enchantés par la rencontre.

Dans le petit village de Pointe-Claire, un vaisseau alien s’écrase alors que Richard, jeune flic, n’en est qu’à son premier jour au commissariat. Pas très bien accueilli par ses collègues, il mène l’enquête sur cette étrange arrivée, à laquelle personne ne croit au début — mais qui se traduit par de curieux phénomènes. Que se passe-t-il donc à Pointe-Claire ? Qui sont ces visiteurs ? Que veulent-ils ?

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Visitors. // Source : WarnerTV

La recette Astier fonctionne, car elle évolue

Que le visage impassible de Simon Astier ne vous y trompe pas : Visitors est truffé d’humour. La recette n’est pas sans rappeler Hero Corp, mais le ton a évolué — Simon Astier creuse d’autres façons de distiller son piquant. Cette nouvelle série n’est pas tant basée sur des gags à proprement parler, que sur l’absurdité des situations, qui confinent au surréalisme.

Car s’il y a bien une chose dans laquelle Visitors excelle, c’est dans sa bizarrerie. Rien, dans cette série de Simon Astier, n’est normal. Tout est étrange et improbable. Le simple fait que la ville semble être située en France, tout en répondant pourtant aux codes américains (les personnages font référence aux « fédéraux ») démontre combien Visitors est une farce. Et ce, de la bonne façon, sous une forme de parodie qui n’en est pas totalement une.

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Les flics façon X-Files, dans Visitors. // Source : WarnerTV

Simon Astier, accompagné de son orchestre d’acteurs et d’actrices, parviennent à nous faire rire grâce à des lignes de dialogues ou des séquences qui contrastent avec une atmosphère teintée de premier degré — et même une teinte d’image inspirée de séries comme X-Files ou Stranger Things. Les personnages ne sont pas là pour blaguer, et ils en sont encore plus drôles. C’est en particulier le cas pour David Marsais, du Palmashow, parodie sérieuse de Fox Mulders ; ou encore pour Delphine Baril, en flic ambigüe.

C’est ainsi que Visitors se distingue, grâce à un milshake de sensations drôles et sérieuses dont Simon Astier et son équipe ont le secret.

Un récit de l’altérité et de l’amitié

Mais résumer le travail de Simon Astier sur Visitors à une simple farce reviendrait à ne pas comprendre entièrement son sens. L’absurdité de l’écriture est un véhicule : dans Visitors, rien n’est vraiment à sa place, a fortiori les humains qui apparaissent terriblement inhumains dans leurs comportements. L’arrivée alien accentue cela. La série reprend très bien à son compte le propos science-fictionnel sur l’altérité. Il est vrai que cela ne surprendra pas les amateurs et les amatrices de SF habitués au genre, mais l’originalité de l’approche compense.

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Florence Loiret-Caille dans Visitors. // Source : WarnerTV

On y trouvera aussi une plume particulièrement tournée vers la narration de l’amitié, valeur centrale dans l’œuvre de Simon Astier, et particulièrement prégnante dans Visitors. D’ailleurs, malgré l’humour qui teinte chaque pan de la série, oui, certaines séquences dégagent une véritable émotion. On doit ces moments en particulier à Simon Astier, Tiphaine Daviot et Florence Loiret-Caille. Et à vrai dire, on aurait même aimé que cette intensité cinématographique soit encore davantage présente, quitte à sacrifier l’humour à certains moments.

Peut-on comprendre Visitors sans être un ou une geek ? La série Warner TV est une œuvre ultra-référencée. Chaque épisode peut déclencher des échos à des fictions mythiques de la pop culture. Ce n’est toutefois pas nécessaire d’avoir ces références pour comprendre le récit — mais l’atmosphère geek que cela génère peut toutefois constituer un obstacle pour toute une part du public. Peut-être que, malgré tout, la qualité de production permettra de surpasser cet obstacle en attirant des curieux.

En tout cas, Simon Astier et le reste de l’équipe prouvent la vivacité du potentiel français pour produire de bonnes séries SF et fantastiques.

Le verdict

Simon Astier a présenté sa nouvelle création, Visitors, au festival Séries Mania // Source : WarnerTV
7/10

Visitors

Il n’y a pas d’offres pour le moment

Visitors est une série très étrange. L’atmosphère et l’acting au premier degré contrastent avec des dialogues et des situations extrêmement drôles, ce qui génère une oeuvre complètement absurde. Et c’est positif : Visitors est bizarre, donc cool. Mais la gigantesque farce n’est pas dénuée d’intelligence émotionnelle, puisque le casting parvient à nous faire ressentir une palette de sentiments. C’est en particulier l’amitié, qui est mise en valeur.

On aurait même aimé que ces séquences soient parfois privilégiées sur des moments humoristiques, qui nous sortent de temps en temps de l’histoire. Le propos SF autour de l’altérité est plaisant à retrouver dans une série française, mais reste encore assez convenu et timide. De même, le fait que l’œuvre soit imprégnée de culture geek peut constituer un frein.

Une chose est sûre : Visitors confirme le talent de Simon Astier et du casting dont il s’est entouré, tout en prouvant que la France est un vivier d’idées pour des séries SF et fantastiques.

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