La plateforme de streaming est victime d'une énorme fuite ce mercredi 6 octobre. Hormis le code source de Twitch, d'autres informations ont leaké, comme le chiffre d'affaires qu'ont touché les gros streameurs sur 3 ans. Et cette liste permet de relever un point important sur l'égalité femmes-hommes : il n'y a quasiment pas de femmes dans le classement.

135 Go de données. Ce mercredi 6 octobre 2021, Twitch, la plateforme de streaming d’Amazon, a été victime d’un leak absolument massif. Que ce soit le code source de la plateforme, les codes d’accès aux serveurs de l’entreprise, ou encore les détails sur un projet pour concurrencer Steam (une plateforme de vente de jeux vidéo, ndlr), tout s’est retrouvé partagé sur 4chan. Et parmi la quantité impressionnante d’informations qui ont fuité, on retrouve les chiffre d’affaires sur 3 ans de plus de 10 000 streamers.

Les sommes indiquées ont été depuis compilées dans plusieurs listes, et publiées sur les réseaux sociaux par de nombreux utilisateurs. Numerama a pu les consulter.

On trouve notamment la liste des 100 streameurs les mieux rémunérés au monde sur la plateforme, partagée par exemple sur Twitter par le streameur KnowSomething.

Il est important de préciser que les sommes affichées dans les tweets ne représentent pas ce que les streameurs touchent à la fin de chaque mois : il ne s’agit que du prix des abonnements que Twitch leur reverse, après que la plateforme en ait prélevé la moitié.

Ces chiffres ne prennent en pas en compte les diverses partenariats ou sponsoring que les streamers et streameuses peuvent faire, les sommes qu’ils touchent avec la vente de t-shirt ou de produits à leur effigie, ou encore les revenus complémentaires qu’ils peuvent avoir sur des sites comme Tipeee ou uTip.

À cette somme, on doit aussi soustraire tous les coûts engendrés par la création d’évènements, l’achat de matériel, ou encore la paie des équipes. Le streameur français Zerator, qui figure dans la liste des 100 streameurs les mieux payés au monde, l’a bien expliqué dans un thread sur Twitter.

Cette liste, si elle peut paraître voyeuriste, permet cependant d’avoir un rare aperçu de l’industrie du streaming, toujours très opaque, alors qu’elle accueille chaque année toujours plus de streameurs et de spectateurs. Et surtout, la liste nous a permis de nous rendre compte que, parmi le top 100 mondial, on ne trouve que trois (3) streameuses.

Seulement trois femmes parmi le top 100

Les trois seules femmes qui figurent dans le top 100 des plus gros revenus de Twitch, entre septembre 2019 et octobre 2021, sont :

  • Pokimane, à la 34e place, une streameuse de jeux vidéo,
  • Amouranth, à la 48e place, qui fait des séances d’ASMR et des stream jacuzzi,
  • et Sintica, à la 71e place, une DJ dont les lives sont focalisés sur la musique.
La streameuse Sintica // Source : Sintica

Pour quiconque suit de près ou de loin l’actualité de Twitch, cette nouvelle ne sera pas très étonnante : le sexisme et les commentaires misogynes sont très courants sur Twitch. Le harcèlement est également un fléau qui touche quasiment toutes les femmes streameuses, et le phénomène est encore plus exacerbé lors qu’elles sont spécialisées dans les jeux vidéo.

Comme nous l’avions montré dans enquête l’an passé, la plateforme n’est pas un endroit où les femmes peuvent se sentir à l’aise, et où les menaces de mort sont courantes. Dans ces conditions, s’imposer comme streameuse ne relève pas du parcours de la combattante, mais carrément de l’exploit.

Le problème de harcèlement permanent envers les streameuses est devenu tel que Twitch a dû se saisir du problème. La plateforme a décidé de sévir l’année dernière contre les hommes coupables de harcèlement et de propos sexistes, en bannissant notamment de manière temporaire certains Twitch partners. Twitch a également changé son règlement, afin de permettre de mieux lutter contre le harcèlement auquel les streameuses sont exposées en permanence. Mais force est de constater que, malgré les quelques mesures prises par Twitch pour permettre aux femmes de se sentir plus en sécurité sur la plateforme, réussir en tant que streameuses reste dur — et réussir à en vivre est encore plus inaccessible.

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