Nintendo va fermer son jeu mobile Dr. Mario World, qui ne pèse absolument rien dans ses comptes en banque. Il s'agit d'un échec de plus à mettre à l'actif d'un constructeur qui a bien du mal à percer sur le segment.

On ne va bientôt plus pouvoir jouer à Dr. Mario World, a annoncé Nintendo dans un communiqué publié le 28 juillet. Le jeu mobile ne sera plus disponible à compter du 1er novembre prochain, à 16h (heure française), devenant la deuxième application de Nintendo à connaître ce funeste destin (après le réseau social Miitomo). Sur la fiche de description accessible depuis iOS ou Android, on peut lire que la dernière mise à jour a supprimé toutes les microtransactions (diamants, lots spéciaux et personnages).

Ce clap de fin sera suivi par la mise en place d’une page web en mémoire à Dr. Mario World. Le site, baptisé ‘Dr. Mario World Memories‘ permettra aux utilisateurs d’accéder à leur historique de jeu après la disparition de l’expérience. En parallèle, Nintendo mettra en place une politique de remboursement pour celles et ceux qui n’auraient pas dépensé l’intégralité de leur fonds. 

La page de Dr. Mario World sur iOS // Source : Capture d’écran

Nintendo et le mobile, ce n’est toujours pas ça

Cet échec de Dr. Mario World souligne un peu plus les difficultés de Nintendo à percer sur le marché du jeu mobile. La décision de le stopper net, un peu plus de deux ans après le lancement, est logique dans le sens où Dr. Mario World ne pèse pas grand-chose dans les revenus de Nintendo. Dans un article daté du 28 janvier 2020, SensorTower partageait un constat accablant : le jeu n’avait rapporté, à cette époque, que 4,8 millions de dollars, faisant de lui le pire générateur de revenus, loin derrière Super Mario Run, pourtant loin d’être un succès (76 millions).

Il est difficile de défendre Dr. Mario World, qui a connu de gros soucis techniques à sa sortie et n’a pas été aidé par sa monétisation forçant les joueuses et les joueurs à payer pour profiter pleinement de l’expérience. Nintendo a longtemps tâtonné avec son catalogue mobile : l’échec de Super Mario Run, qui misait sur un paiement unique pour tout débloquer, a forcé le constructeur à revoir sa formule. Et, visiblement, il ne l’a toujours pas trouvée. Seul Fire Emblem Heroes, dont le business model est inspiré des distributeurs de jouets Gashapon (très populaires au Japon), parvient à sortir du lot. Malgré tout, comme le rappelle The Verge, les revenus liés aux jeux mobiles restent rachitiques (3,24 % du chiffre d’affaires en 2020).

D’ailleurs, on peut constater que Nintendo a nettement freiné sur ce segment après avoir enchainé les lancements ambitieux, tirés de marques fortes : Super Mario Run (décembre 2016), Fire Emblem Heroes (février 2017), Animal Crossing : Pocket Camp (novembre 2017), Dragalia Lost (septembre 2018), Dr. Mario World (juillet 2019) et Mario Kart Tour (septembre 2019). « Nous ne cherchons pas nécessairement à continuer à lancer de nombreuses nouvelles applications pour le marché mobile », déclarait à ce sujet Shuntaro Furukawa, actuel président de Nintendo, en mai 2020. Bref, l’essai n’a pas été transformé.

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