Avec Minecraft Dungeons, la licence populaire de Mojang s'essaie au RPG d'action inspiré des Diablo. Pour qui n'aime pas construire, c'est une occasion de découvrir l'univers de Minecraft.

Le calendrier est parfois bien fait : le 20 mai dernier, Microsoft annonçait que le cap des 200 millions de ventes avait été franchi pour Minecraft. Chaque mois, ce sont 126 millions de joueurs qui s’amusent à construire des trucs grâce au bac à sable développé par Mojang. Nul doute qu’une bonne partie d’entre eux portera son regard sur Minecraft Dungeons, un spin-off disponible à compter du 26 mai sur PC, PS4, Xbox One et Switch.

Annoncé depuis 2018, Minecraft Dungeons prend la forme d’un Diablo-like, soit un RPG orienté action avec vue isométrique pouvant être joué en coopératif (jusqu’à quatre joueurs). Pour Mojang, l’idée est d’abandonner les mécaniques habituelles de Minecraft pour proposer une aventure bon enfant adaptée à un public ultra large. Pour le prix — moins de 20 euros –, le pari est réussi.

Minecraft Dungeons // Source : Microsoft

Le charme de Minecraft

N’attendez strictement rien de l’histoire de Minecraft Dungeons, qui demande aux joueurs d’affronter l’Arch-Illageois, propriétaire d’une orbe de domination. Cette intrigue simpliste, pas épique pour un sou, est un prétexte pour empiler des niveaux variés et scénarisés tout ce qu’il faut pour ne perdre personne en cours de route. On n’est jamais dans l’épopée grandiose, plus dans le petit conte rafraîchissant.

C’est fluide, coloré et agréable à suivre

D’un point de vue visuel, on retrouve bien évidemment la patte Minecraft, avec ce charme particulier qui séduit autant qu’il peut déplaire. C’est volontairement cubique, avec des modèles 3D pixelisés qui rendent les ennemis mignons. Il y a en tout cas de beaux effets qui accompagnent l’action qui se déploie. La claque graphique n’est pas le leitmotiv de Minecraft Dungeons mais, au moins, c’est fluide, coloré et agréable à suivre/jouer.

Tout juste pourra-t-on déplorer un manque de lisibilité à certains moments : quand il y a beaucoup d’éléments affichés dans les zones les plus exiguës, c’est très chargé et il faut avoir l’œil aiguisé pour s’y retrouver. Il s’agit d’un défaut très lié au genre hack’n’slash, qui a tendance à inonder l’écran pour en mettre plein la vue. Sur ce point, Minecraft Dungeons ne déroge pas à la règle.

Minecraft Dungeons // Source : Microsoft

L’accessibilité à tout prix

Sans nul doute, Minecraft Dungeons se veut comme une expérience ultra accessible, avec un minimum de boutons et d’actions possible (comparativement à un Diablo, par exemple). On retrouve ce plaisir de tuer des ennemis par dizaine, sans trop regarder sa barre de vie au début, au moyen d’une arme au corps-à-corps et/ou à distance (on peut équiper les deux types en même temps). Le héros dispose par ailleurs de quelques pouvoirs, qui se rechargent avec le temps ou en récoltant les âmes adverses, et d’une unique potion de soin qui se remplit toute seule une fois utilisée. Rien n’est véritablement complexe et Mojang cherche à s’adresser aux petits comme aux grands, en accouchant d’une prise en main intuitive.

Même la personnalisation est volontairement réduite : on peut choisir son arsenal, une arme et trois artefacts, mais il n’y a aucun système de classes à l’horizon. À chaque niveau gagné, on remporte un point à dépenser sur l’équipement pour lui conférer une compétence spéciale. Le butin aléatoire constitue une belle carotte pour progresser, sans jamais tomber dans la course à outrance. Là encore, on sent la volonté de simplifier au maximum. Même l’interface de l’inventaire est d’une clarté inouïe, y compris pour les moins habitués.

Minecraft Dungeons // Source : Microsoft

Si l’histoire de Minecraft Dungeons s’articule autour de niveaux à terminer, les cartes sont générées de manière procédurale pour garantir une rejouabilité. Cet argument s’inscrit à 100 % dans l’ADN de la saga tandis qu’il ne manquera pas de compenser la faible durée de vie (un peu plus de trois heures, soit une grosse soirée). Dans la difficulté de base, malgré certains pics sur la fin, le challenge n’est pas immense. Minecraft Dungeons offre sinon la possibilité de moduler le défi en fonction de sa puissance — ou du nombre de joueurs dans la session.

Mojang prône l’amusement universel

C’est une autre preuve que Mojang prône l’amusement universel. Les puristes auront — un peu — l’occasion de mettre leurs talents à l’épreuve avec deux paliers de difficulté supplémentaires (jusqu’à Apocalypse). Ils transforment Minecraft Dungeons en une expérience un tantinet plus exigeante. Les férus d’exploration, pour leur part, prendront le temps de ratisser les niveaux pour dénicher des coffres et accéder à des zones secrètes. Ils n’y trouveront pas nécessairement leur compte, tant les récompenses sont légères.

On termine par la diversité des ennemis : zombies, squelettes, cactus explosifs, chevaliers, nécromanciens, mages, golems, araignées… Il y a de tout. Seuls les boss déçoivent puisqu’ils ne s’avèrent ni impressionnants ni marquants. En outre, certains ont tendance à se répéter d’un chapitre à l’autre… Sur ce point, Mojang a manqué d’inspiration — un comble pour un studio à l’origine du jeu le plus créatif de ces dernières années.

En bref

Minecraft Dungeons

Note indicative : 4/5

Avec Minecraft Dungeons, Mojang prouve qu’il y a une vie après Minecraft. Délaissant l’aspect construction pour une expérience plus commune (l’exploration et le nettoyage de donjons), le titre s’appuie sur une accessibilité à tous les étages pour convaincre. Et il a de quoi séduire les petits, surtout, comme les grands, un peu moins.

Bien sûr, Minecraft Dungeons n’a ni les ambitions, ni l’exigence, ni la profondeur des meilleurs représentants d’un genre auquel Mojang n’a pas habitué sa communauté. Pour moins de 20 euros, il y a juste de quoi passer quelques heures à s’amuser, seul ou à plusieurs.

Top

  • Le charme Minecraft
  • Accessible à tout le monde
  • Prix riquiqui

Bof

  • Lisibilité parfois discutable
  • Sérieux manque de profondeur
  • Durée de vie faible en ligne droite

Partager sur les réseaux sociaux

La suite en vidéo