Deuxième partie (sur trois) de notre dossier consacré aux séries animées Netflix, avec au programme deux nouveaux titres... très dispensables.

A.I.C.O. -Incarnation-

Après Production I.G, Netflix se paye un animé d’un autre studio majeur de l’industrie de l’animation nippone. Il s’agit de Bones, que l’on connaît surtout pour les adaptations de Fullmetal Alchemist ou plus récemment de My Hero Academia. À la barre, Kazuya Murata, réalisateur d’une des rares réussites de long-métrage dérivé de série TV (Fullmetal Alchemist : l’Étoile sacrée de Milos). Après des infidélités chez Production I.G (Gargantia on the Verdurous Planet) et Toei Animation (KADO – The Right Answer), il revient chez Bones avec une partie de l’équipe de Gargantia.

Il est regrettable que Gen Urobuchi ne soit pas de la partie pour s’occuper du script. Sur le papier l’histoire avait tout pour être palpitante : un commando est envoyé dans une zone en quarantaine pour détruire une forme de vie artificielle et intelligente. Seulement voilà, à l’écran la déception est de mise malgré une entame dans le vif du sujet. La première erreur est d’avoir mis en avant une caricature de lycéenne au détriment de l’équipe de mercenaires (caractérisés au strict minimum). Aiko est l’incarnation du boulet. En effet, elle subit des péripéties tout au long des épisodes et passe son temps à se faire sauver. Difficile de s’attacher à ce personnage alors que toute la dramaturgie repose sur elle.

La deuxième erreur est de passer complètement à côté du potentiel horrifique de l’œuvre. L’expédition a des allures de promenade de santé (ennemis peu dangereux, équipement à foison dans la zone). Les mercenaires semblent plus s’amuser sur leurs rollers qu’essayer de survivre dans un environnement hostile. On ne demandait pas forcément de refaire Aliens, mais un minimum de tension aurait apporté de la crédibilité à l’ensemble.

Il fut un temps pourtant pas si éloigné (début des années 2000) où les séries Bones brillaient par leurs histoires inventives : Wolf’s Rain, RahXephon, Darker than Black, Xam’d : Lost Memories et j’en passe. Aujourd’hui l’animation japonaise se contente de produire des adaptations pour vendre des mangas. Du coup, rares sont les scénaristes capables d’écrire des scripts originaux et de les faire vivre sur plusieurs épisodes. A.I.C.O. en est malheureusement une nouvelle preuve.

Les 12 épisodes sont disponibles ici.

Sword Gai : The Animation

Prévu de longue date (on en parlait déjà en 2014), Sword Gai est l’adaptation d’un manga tellement réputé que Tonkam n’avait même pas pris la peine de sortir le sixième et dernier volume en France… C’est donc assez étonnant aujourd’hui de voir arriver la série animée sur Netflix. Toshiki Inoue, scénariste de l’œuvre originale, transpose ici son propre travail pour les studios DLE, LandQ Studios et Production I.G. Gai est un orphelin adopté par Amon, un forgeron. Des années plus tard, Gai perd son bras droit dans un accident. Amon lui fabrique alors une prothèse à partir d’une épée démoniaque nommée Shiryu. Il obtient alors un immense pouvoir difficilement contrôlable…

Contrairement à A.I.C.O. -Incarnation-, difficile d’être déçu par cette nouvelle série tant on n’en attendait rien à la base. Le manga d’origine était déjà mauvais (les dessins comme l’histoire) donc à moins d’être fan absolu de Tokusatsu, Sword Gai ne risque pas de vous parler. En effet, Toshiki Inoue, mercenaire dans le domaine de l’adaptation de manga (Death Note, c’est lui) est aussi un scénariste de sentai ou de henshin (Kamen Rider notamment). Pour ce titre, il s’était associé avec Keita Amemiya, créateur de Garo, célèbre franchise de Tokusatsu (et d’animés depuis 2014).

Sous ses aspects bien kitsch et son budget que l’on devine dérisoire, Sword Gai arrive à inspirer un certain capital sympathie. La série ne cherche jamais à viser autre chose que des combats entre guerriers dotés d’armes magiques. Sans oublier son potentiel nanaresque. À ce titre, on retiendra cet épisode hallucinant où une équipe menée par une richissime veuve recherche une des armes au fond de l’océan. Cette dernière semble alors plus intéressée par un jeune matelot que par le but de l’expédition ! À ranger parmi les épisodes les plus involontairement drôles de l’année. Pendant ce temps-là, le héros Gai traverse les épisodes sans que l’on comprenne vraiment son rôle. Logiquement, on devrait le voir plus à l’œuvre dans la seconde partie prévue cet été. Enfin, on l’espère…

Les 12 épisodes sont disponibles ici.

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