De mémoire, jamais un mois n'avait été aussi chargé sur Netflix que celui de mars 2018. L'explosion des investissements du service se fait ressentir et ce guide apparaît comme vital (ou presque).

Avec, en tête d’affiche, le film Annihilation d’Alex Garland, le mois de mars selon Netflix est plein de promesses. Après la déception Mute, le long-métrage de Garland, que la Paramount a abandonné à Netflix, ambitionne d’être un nouveau Arrival. 

Les retardataires peuvent, comme toujours, aller regarder les nouveautés de février, agrémentées de quelques notes et conseils de la maison. Notez en outre qu’en mars, il y a également de nombreux titres qui vont quitter le catalogue de Netflix : pour ne pas les rater, suivez le guide.

Les Séries

Jessica Jones, saison 2 — 8 mars

Alors que le contrat avec Marvel risque de toucher à sa fin, Netflix accélère le rythme de production de ses franchises. La première à bénéficier de cet élan est Jessica Jones. Rappelons que de nombreux éléments ont déjà été dévoilés depuis l’entrée en production du show, nous savions, par exemple, que tous les épisodes seraient réalisés par des femmes.

Renouant avec sa promesse féministe, Jessica Jones n’est pourtant pas, dans les premiers épisodes que nous avons consultés, puissamment renouvelée. La saison une s’étant finie dans le fracas, la saison deux commence dans l’ennui.

Après avoir tué Killgrave, la jeune femme est regardée comme une héroïne, mais surtout comme une menace. Ne bénéficiant d’aucun état de grâce, elle s’attache à découvrir l’origine des pouvoirs qui lui ont été imposés. Malheureusement, cette nouvelle intrigue est mise en mouvements avec la délicatesse d’un éléphant.

Love, saison 3 — 9 mars

Love n’a pas que des défenseurs : son ton et sa liberté n’ont guère plu à tout le monde. Le succès ne semble en outre pas avoir été au rendez-vous, Netflix jette donc l’éponge avec cette troisième saison. C’est pourtant, depuis ses premiers épisodes, l’une des meilleures comédies du géant américain qui ne brille pas dans ce format.

Gus et Mickey, incarnation d’une génération inapte à l’amour, n’ont eu de cesse de se chercher et de se planter. Cruelle et sans compromis, la série de Judd Appatow était une digne représentante des Girls et autres dramédies sentimentales que l’on regarde avec les mouchoirs jamais loin de l’écran.

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire — 30 mars

La série dramatique pour les kids (et avec des enfants) revient le 30 mars sur Netflix avec son univers tarabiscoté et ses tragédies. Après une première saison inégale et frôlant souvent la surdose, gageons que Les Désastreuses Aventures gagnent en recul et en humour au risque sinon de nous faire lâcher un délicieux Neil Harris grimé.

The Mechanism, saison 1 — 23 mars

The Mechanism, créé par José Padilha (Narcos) est une nouvelle production originale de Netflix au Brésil. Il y est question de faits réels : le plus important blanchiment d’argent mis en œuvre en Amérique du Sud.

Après Ozark, qui s’intéressait également au blanchiment, ou le séduisant McMafiaThe Mechanism relance un thriller sur les traces des combinaisons pour blanchir de l’argent. Ici les personnages, des enquêteurs, seront au défi de comprendre le fonctionnement derrière le scandale dit Petrobras qui a déstabilisé l’ensemble de la classe politique brésilienne il y a moins de cinq ans.

Le sujet, toujours brûlant alors que le camp de l’ex-président Lula pourrait se représenter au Brésil se verra romancé pour le confort du thriller, mais également pour des raisons juridiques évidentes.

Collatéral, mini-série — 9 mars

En quatre épisodes, Collateral (coproduction BBC et Netflix) propulse Carey Mulligan en jeune détective. La jeune femme qui est assignée à un simple meurtre d’un livreur de pizza se retrouve au cœur d’une conspiration.

Résumé ainsi, on pourrait craindre l’ennui, mais piloté par David Hare, dramaturge anglais incontournable, Collateral a davantage à dire qu’un simple thriller. Lucy Mangan, du Guardian, résume ainsi : «  Le drame moderne de David Hare débute comme un épisode de Law & Order mais il s’avère être une méditation éclairée sur l’Angleterre contemporaine.  »

21 Thunder — 1er mars

Série canadienne de la CBC, 21 Thunder a connu la défaite à domicile ne réunissant plus de 300 000 téléspectateurs. Difficile de prédire à cette série sur le foot un autre avenir dans le reste du monde. Les soaps sur gazon ne passionnent jamais vraiment et ce n’est pas la mexicaine Club de Cuervos qui va nous faire mentir.

Ghost Wars, saison 1 — 2 mars

Après Continuum (Showtime) et une collaboration sur Van Helsing, Simon Barry repasse à la création sérielle avec Ghost Wars pour l’Américaine SyFy. Derrière ce titre qui donne assez peu envie, on retrouve un format classique pour SyFy : très petit budget, mais concept fort.

Là où la mode des chaînes câblées est à rendre dégoulinants et séduisants les monstres, loups-garous, sorciers, etc., SyFy parie sur un monde terrifiant, jamais avare en jump scare. Passée inaperçue aux USA, Ghost Wars retente sa chance dans le reste du monde avec Netflix.

Santa Clarita Diet, saison 2 — 23 mars

Après une première saison plus rigolote que fracassante, l’étrange comédie sur des zombies — toujours eux — de Netflix revient. L’occasion de reprendre un peu la température de cette série à concept ni très mauvais, ni très intéressant, seulement drôle.

Shadowhunters : The Mortal Instrument, saison 3 — 21 mars

Le teen show bas du front de Freeform, diffusé par Netflix, revient pour une nouvelle saison en 2018 après deux mauvaises saisons. Les audiences étaient pourtant très faibles sur la chaîne de Disney, mais il faut croire que nous n’avons pas encore eu notre dose de sorciers, vampires, loups-garous, anges, etc., etc., etc. L’overdose est pourtant si proche…

Les Films

Annihilation — 12 mars

Après Ex Machina en 2014, Alex Garland, romancier et scénariste, revient à la réalisation sur Annihilation. Supporté par la Paramount, Annihilation est un projet d’auteur qui a tout de même coûté plus de 55 millions de dollars. Il s’offre au casting Nathalie Portman. Pour la Paramount, le long-métrage de Garland devait être le nouveau Premier Contact, sci-fi, mais intello. Pourtant, dans les derniers mois du projet, comme paralysée, la firme n’a pas porté son projet en salles. C’est Netflix qui a récupéré ce Annihilation qui avait pourtant une carte à jouer.

En plus, contrairement au dernier Cloverfield dont nous avons rapidement compris pourquoi il avait été abandonné par son studio, Annhilation dispose déjà d’une critique enthousiaste. Leah Greenblatt, dans Entertainment Weekly, s’enthousiasme ainsi : « Un régal visuel généreux, superbement déconcertant qui enveloppe des jump scares légitimes et une véritable force métaphysique.  »

Les Affamés — 2 mars

Distingué par le jury du festival Gérardmer, Les Affamés du québécois Robin Aubert sera diffusé en France par Netflix. Francophone et à petit budget, Les Affamés tient en haleine par son audace, son irrévérence et son goût du potache.

Un film dont Vincent Ostria disait dans Les Inrocks depuis la ville du nord-est : [Dans Les Affamés] «  il y avait un vrai sens du picaresque et de l’humour qui palliaient hardiment l’absence d’une vraie progression dramatique  ».

Roxanne, Roxanne — 23 mars

Avec Roxanne, Roxanne, ce sont les derniers longs-métrages du Sundance 2017 qui arrivent sur nos écrans. Biopic sur une MC féroce et dingue, le long-métrage revient sur la vie de Roxanne Shanté, figure du hip-hop à ses débuts dans le Queens. Par delà Mahershala Ali, il y a, selon le Hollywood Reporter, d’autres raisons de regarder ce long-métrage : « Un biopic musical avec beaucoup de classe et de style qui rendra les fans d’un hip-hop déchu nostalgiques,  ».

Game Over, Man ! — 23 mars

Adam DeVine serait-il le nouveau Adam Sandler de Netflix ? Après nous avoir infligé le consternant When we first met le mois passé, Netflix récidive avec un projet produit par DeVine et dans lequel il apparaît évidemment. Ressuscitant le trio de Workaholics, DeVine et sa bande parlent jeu vidéo et prise d’otages (nous ne parlons pas du téléspectateur).

The Outsider — 9 mars

Dans un projet américano-japonais de Martin Zandvliet (Les Oubliés), Jared Leto joue le rôle d’un soldat américain emprisonné au Japon qui, une fois la guerre finit, s’enrôlera dans les yakuzas.

Si le film termine sa course sur Netflix, c’est principalement parce que le projet a été chaotique lors de sa production : au départ, la Warner choisit le danois Daniel Espinosa pour le réaliser avec en premier rôle Fassbender. Mais ces deux-là vont quitter le projet. Ils sont remplacés par Tom Hardy et le cinéaste japonais Takashi Miike… qui quitteront également le navire peu après.

En fin de compte, Leto et Zandvliet héritent là d’un projet que personne ne voulait et dont Netflix a, comme souvent, sauvé la rentabilité.

Layla M. — 23 mars

Bien plus prometteur, Layla M. est un long-métrage du réalisateur hollandais Mijke de Jong. Sélectionné par son pays d’origine pour représenter les Pays-Bas aux Oscars, le film raconte l’histoire d’une jeune femme islamiste qui se laisse envahir par la désillusion. D’abord radicalisée par les mesures politiques anti-islam prises par les Pays-Bas, l’héroïne se laisse séduire par les idéologues djihadistes. Elle épousera un jeune prêt à partir au combat, mais son voyage au Levant perturbera la fiction qu’elle s’est créée.

Apprécié à domicile comme au TIFF, Layla M. a convaincu par son courage à se saisir d’un sujet très sensible sur le Vieux Continent tout en racontant un conte féministe et à hauteur humaine. De la Jordanie aux Pays-Bas, Layla pose un regard révélateur sur son (notre) monde.

Les documentaires

Ladies First — 8 mars

Dans l’Inde rurale, Deepika Kumari quitte son domicile et sa famille alors qu’elle a à peine douze ans. La toute jeune fille défie sa société pour poursuivre sa vocation : le tir a l’arc. Dans ce documentaire, on revient sur les quatre années qui séparent son départ et sa première médaille olympique à Rio de Janeiro.

Rapture, saison 1 — 30 mars

Rapture est une production Netflix qui vise à satisfaire les insatiables fans de hip-hop. Ces derniers, approchant la quarantaine, semblent avoir formé une armée de téléspectateurs en demande de toujours plus de séries documentaires. C’est déjà la seconde que Netflix diffuse en France.

Trump : An American Dream, saison 1 — 30 mars

N’importe quel documentaire sur une personnalité étasunienne pourrait être titré An American Dream. Pourtant, si l’on en croit le Telegraph, cette série documentaire diffusée en Grande-Bretagne par la Channel 4 serait « un retour bien réalisé sur une inhabituelle ascension   ».

CC Flickr Matt Johnson

On y retrouve différents visages de Trump au fil des décennies, la mégalomanie toujours chevillée au corps, mais parfois plus timide, souvent moins grotesque qu’aujourd’hui. Et là, au fil de ses métamorphoses, notamment linguistiques, on comprend mieux le titre du documentaire : ce qu’il y a d’américain dans son rêve, c’est sa manière d’embrasser le pire de sa société.

Flint Town, saison 1 — 2 mars

En 2016, le monde découvrait Flint. Cette ville sinistrée d’un Michigan désindustrialisé a cristallisé l’attention des médias lorsque l’eau qui coulait des robinets de la bourgade était simplement imbuvable et toxique. La grande pauvreté américaine, avec ses airs de great depression, avait donné rendez-vous dans cette ville du nord à laquelle Sufjan Stevens dédiait une chanson Flint (pour les chômeurs et les précaires) en 2003.

Alors que la crise de l’eau éclate, les documentaristes à la direction de Flint Town décident de passer leurs journées auprès de la police. Avec ce parti-pris, un rien voyeuriste, ils exposent l’envers d’une ville en crise. Montrant, dans le crime, la mélasse et la pauvreté, une vérité dure.

Pour les kids

Trolls : en avant la musique !, saison 2 — 9 mars

Elles chantent, elles dansent et vivent dans un bonheur perpétuel : les créatures imaginaires des Trolls, franchise Dreamworks inspirée des jouets de notre enfance, reviennent.

Voltron, saison 5 — 2 mars

Ne mentons plus : Voltron, que nous classons dans la rubrique pour les enfants, est un de nos pêchés mignons. Si l’intrigue s’affaiblit au fur et à mesure des saisons, alors que les personnages se sont déjà largement dévoilés, le retour du chien-chien de l’espace nous enthousiasme quand même.

 

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