Plus de 30 ans plus tard, le Virtual Boy revient le 17 février 2026, sous la forme d’un accessoire rétro pour Switch et Switch 2. Numerama l’a testé, sans nostalgie, pour juger si ce retour a autre chose à offrir qu’un simple objet de collection.

En 1995, je n’étais pas née. Pour moi, le Virtual Boy n’a jamais été un souvenir d’enfance ni une icône vintage : seulement un objet aperçu de loin, rangé dans la catégorie « flops de la tech » — une catégorie rare chez Nintendo, mais suffisamment marquante pour rester dans les mémoires. Assez, en tout cas, pour piquer ma curiosité lorsque j’ai pu tester le Virtual Boy version 2026.

Car oui, plus de trente ans plus tard, la firme japonaise a décidé de rouvrir la plaie. Peut-être pour tenter de réhabiliter un produit dont la réputation s’est construite autour de maux de tête, de vertiges et de douleurs cervicales. Et si vous imaginez un Apple Vision Pro ou un Meta Quest, arrêtez-vous tout de suite. En 2026 comme en 1995, il ne s’agit pas de réalité virtuelle à proprement parler, mais de simple stéréoscopie. Pas de suivi de mouvement ni d’immersion à 360° : seulement deux images superposées pour créer une illusion de profondeur.

Le Virtual Boy 2026, dont la sortie est prévue le 17 février 2026, a été fortement repensé — sans pour autant renier ses origines. Vendu 79,99 €, il ne s’agit plus d’une machine autonome, mais d’un simple accessoire optique, dépourvu d’électronique. La console — une Switch ou une Switch 2 — fournit l’écran, la puissance, le stockage et les commandes. Il suffit de la glisser dans le dispositif, de lancer l’application dédiée, et de choisir un jeu. Voici notre avis sans nostalgie.

Virtual Boy 2026 (à gauche) et 1995 (à droite) // Source : Nintendo / Evan Amos
Virtual Boy 2026 (à gauche) et 1995 (à droite) // Source : Nintendo / Evan Amos

En quoi consiste le Virtual Boy en 2026 ?

Le retour du Virtual Boy se présente comme une curiosité rétro et, en filigrane, comme un clin d’œil à l’héritage de Gunpei Yokoi. Un clin d’œil que je ne peux pas pleinement saisir, faute de souvenirs associés. J’ai donc abordé ce Virtual Boy 2026 sans a priori, mais avec une question simple en tête : en 2026, ce concept a-t-il encore une raison d’exister, ou sommes-nous collectivement atteints d’un syndrome de Stockholm vidéoludique envers Nintendo ?

Concrètement, le Virtual Boy 2026 est un accessoire rétro pour Nintendo Switch et Switch 2 — la Switch Lite n’étant pas compatible — pensé comme un accessoire optique de table. Il permet de redécouvrir les jeux Virtual Boy en 3D stéréoscopique via le service Virtual Boy – Nintendo Classics , inclus dans l’abonnement Nintendo Switch Online + Pack additionnel. Ce n’est ni un casque de réalité virtuelle moderne, ni une expérience immersive autonome : c’est un support optique fixe, qui impose une posture bien particulière.

Premier constat : sur le plan de l’ergonomie, Nintendo n’a pas cherché à révolutionner la formule. Le Virtual Boy se pose toujours sur un trépied, à hauteur de table, et il faut venir y coller son visage pour jouer. Les jeux se contrôlent avec une manette Switch classique — un détail qui risque déjà de refroidir les puristes du « tout rétro ». Spoiler : une fois la tête contre le casque, l’expérience est effectivement… unique.

Les jeux se contrôlent avec une manette Switch classique. // Source : Nintendo
Les jeux se contrôlent avec une manette Switch classique. // Source : Nintendo

Le Virtual Boy 2026 améliore son accessibilité

Il est possible de régler la distance entre les deux « écrans virtuels » (IPD, pour distance interpupillaire), comme sur le modèle de 1995. L’application Virtual Boy – Nintendo Classics ajoute cette fois des réglages logiciels bienvenus : décalage horizontal de l’image, ajustement de sa taille, et meilleure fusion visuelle entre les deux yeux.

Sur le papier, c’est un vrai progrès, notamment en matière d’accessibilité. En cumulant réglages matériels et logiciels, les personnes portant des lunettes (comme moi), ayant un handicap visuel ou étant habituellement sensibles à la 3D peuvent trouver un sweet spot plus confortable. Nintendo répond ainsi à un reproche central adressé au Virtual Boy original. Malgré ces ajustements et ma myopie, j’ai commencé à ressentir un léger tournis au bout d’une dizaine de minutes.

Si Nintendo a tenté d’atténuer certains défauts historiques, la démonstration a toutefois ravivé l’un des plus emblématiques : le noir et rouge. En 1995, ce choix était dicté par des contraintes de coûts, les LED rouges étant bien moins onéreuses que des écrans LCD couleur. En 2026, le problème persiste au lancement. Certes, une mise à jour prévue plus tard dans l’année permettra de modifier la teinte de l’image (jaune, vert ou niveaux de gris), mais lors de notre prise en main, impossible d’y échapper.

Une mise à jour prévue plus tard dans l’année permettra de modifier la teinte de l’image // Source : Nintendo
Une mise à jour prévue plus tard dans l’année permettra de modifier la teinte de l’image // Source : Nintendo

Le concept est sympa… le temps de quelques minutes

Au lancement, la bibliothèque comptera sept jeux : 3-D Tetris, Galactic Pinball, Golf, The Mansion of Innsmouth, Red Alarm, Teleroboxer et Virtual Boy Wario Land. D’autres titres sont attendus au fil de l’année. Lors de notre test — à la durée volontairement limitée — il nous a été fortement recommandé de commencer par Virtual Boy Wario Land, souvent présenté comme la meilleure vitrine du catalogue.

Honnêtement, au bout de deux minutes, j’en ai eu assez. D’abord parce que, si l’on ne maintient pas une posture très précise, la 3D devient rapidement moins nette (et on a mal au dos). Ensuite parce qu’à l’ère où d’excellents jeux rétro existent déjà, parfaitement jouables sur écran plat, il est difficile de percevoir l’intérêt d’un tel objet autrement que par le prisme de la nostalgie. Et j’ai pleinement conscience, là encore, de ne pas être la cible principale de ce produit.

Car il faut le reconnaître : le Virtual Boy 2026 est un coup de génie marketing pour celles et ceux qui souhaitent posséder un morceau d’histoire sur leur étagère. Preuve de cet engouement, l’objet était déjà temporairement en rupture de stock aux États-Unis fin janvier 2026, comme le rapportait Go Nintendo. Mais pour une génération ayant grandi avec des écrans OLED et des expériences de réalité augmentée fluides, l’intérêt ludique s’évapore au bout de dix minutes tout au plus.

Je comprends pourtant la démarche. Pour celles et ceux qui rêvaient devant les vitrines de 1995 sans jamais pouvoir se l’offrir, ce Virtual Boy 2026 tient presque de la revanche sur le destin. C’est aussi une pièce de collection, que l’on sort pour épater ses amis ou pour s’offrir un shoot de nostalgie monochrome. Mais voilà : je n’ai pas ce passif.

Lors de cette prise en main, nous n’avons par ailleurs pas pu tester le Virtual Boy en carton, une option plus économique (19,99 €) et plus accessible — notamment pour un public jeune ou simplement curieux. Le principe reste identique à celui du modèle en plastique : la console se glisse à l’intérieur, et l’on regarde à travers des lentilles pour obtenir la 3D stéréoscopique des jeux Virtual Boy. Un objet qui reprend par ailleurs la philosophie de Nintendo Labo. Reste à savoir si ce format plus léger et moins cher suffira à faire oublier les limites fondamentales de l’expérience.

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