Dans Dune : Partie 2, le monde des Harkonnen est en noir et blanc. Une idée de Denis Villeneuve et de Greg Fraser, qui était irréversible lors du tournage du film.

Si Dune 2 marque les esprits, ce n’est pas seulement en tant qu’adaptation réussie du roman de Franck Herbert : c’est aussi par sa cinématographie époustouflante. Parmi les choix du réalisateur, Denis Villeneuve, et du directeur de la photographie, Greg Fraser, il y a des interprétations esthétiques très personnelles de Dune. C’est ainsi, par exemple, que l’antagoniste Feyd-Rautha (Austin Butler) — parmi les Harkonnen — est bien différent de celui du film de David Lynch, plus « monstrueux ».

Autre choix distinctif, toujours concernant les Harkonnen : le noir et blanc. Toutes les scènes se passant sur le monde de cette famille est passée sous ce spectre. Voilà qui a pu surprendre les lecteurs et lectrices : cette particularité n’est pas directement mentionnée dans le livre. Denis Villeneuve, pourtant, explique qu’il tire cette idée de Franck Herbert.

Dans Dune 2, le monde des Harkonnen est dans un noir et blanc bien particulier. // Source : Warner
Dans Dune 2, le monde des Harkonnen est dans un noir et blanc bien particulier. // Source : Warner

L’inspiration du livre est, en réalité, indirecte. « L’un des aspects que j’aime dans ce livre est l’idée qu’il s’agit d’une étude de l’impact de l’écosystème sur les êtres humains », explique le réalisateur dans Moviefone. En clair : la nature de l’écosystème impacte la nature du peuple. « Nous sommes le produit de notre environnement et lorsque vous voulez en savoir plus sur les Fremen, vous n’avez qu’à regarder le désert et il vous renseignera sur les peuples indigènes. »

Un noir et blanc qui semble « venir d’un autre monde »

C’est pour cette raison que le réalisateur a souhaité représenter la planète des Harkonnen en noir et blanc. Celle-ci est décrite dans le livre comme un monde artificiel, « de plastique ». Quel impact sur la psyché, sur la perception même de la réalité dans un tel contexte ? Comment le représenter au cinéma ? « Et si, au lieu de révéler des couleurs, la lumière du soleil les tuait et créait un monde noir et blanc très inquiétant, cela nous donnerait des informations sur la façon dont ces gens perçoivent la réalité, sur leur système politique, sur la culture brutaliste primitive », explique Villeneuve.

« Lorsque vous filmez de cette façon, il n’y a pas de retour en arrière possible »

Denis Villeneuve

Mais un simple noir et blanc ne suffisait pas. Le réalisateur souhaitait obtenir un contraste très particulier : « Je voulais un noir et blanc qui semble étranger et venir d’un autre monde, une lumière du soleil que nous n’avons jamais vue au cinéma. » C’est ainsi que Greg Fraser a eu l’idée qui a tout changé : filmer en infrarouge.

Le choix était courageux : il a fallu que la productrice, Mary Parent, donne son accord. Car la proposition de Greg Fraser ne relevait pas d’un filtre en post-production : il fallait tourner directement ainsi. « Lorsque vous filmez de cette façon, il n’y a pas de retour en arrière possible », précise effectivement Villeneuve. Impossible d’ajouter de la couleur une fois ce tournage terminé. Le choix devait être définitif en amont.

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10/10
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