À mi-chemin entre Dark Souls et Blasphemous, des pointures dans le genre, le jeu vidéo Moonscars se perd dans ses errements qui l’empêchent d’être une expérience 100 % recommandable. Dommage.

Sur le papier, Moonscars a tout pour plaire aux — nombreux — adeptes d’expériences exigeantes. C’est une sorte de rejeton de Blasphemous, référence récente du genre « metroidvania » (action, aventure et exploration), et de Dark Souls avec des combats qu’il est impératif de maîtriser. Quand je m’y suis intéressé, j’étais d’abord très séduit par la proposition, étant un grand fan de Blasphemous (et de Hollow Knight) et un amoureux des Dark Souls.

Et puis j’ai joué à Moonscars.

Force est de reconnaître qu’il est loin d’être réussi sur tous les plans. Moonscars donne parfois l’impression d’être ce jeu à la posture trop ambitieuse pour ses frêles épaules. Tout un symbole quand on sait qu’on incarne Irma la grise, une enveloppe faite d’argile qui part à la recherche de son créateur — le Sculpteur — afin de trouver des réponses à ses nombreuses questions existentielles.

Moonscars // Source : Humble Games
Moonscars. // Source : Humble Games

Moonscars oublie un peu trop d’être accueillant

Disponibilité

Moonscars est disponible sur PS4, PS5, Xbox One, Xbox Series, Nintendo Switch et PC depuis le 28 septembre. On le trouve déjà dans le Xbox Game Pass.

Pour être un héritier digne de ce nom des Dark Souls, il faut savoir être énigmatique — c’est-à-dire en raconter le moins possible pour laisser à la joueuse et au joueur le soin de découvrir ce que cherche à dire l’univers. Hélas, Moonscars est tombé dans un sacré travers avec sa narration d’une opacité telle que l’on finit par passer outre les dialogues tous plus incompréhensibles les uns que les autres. Le titre développé par Black Mermaid prend un peu trop pour acquis le fait que l’on saura lire entre les lignes et désépaissir en un clin d’œil tous les mystères qui entourent Irma. À l’arrivée, chaque pièce de narration est une épreuve qui ne rend rien plus clair. C’est un vrai problème pour l’immersion, en dépit d’une direction artistique très captivante (si l’on aime le lugubre et les ambiances gothiques) et de la présence de chats qui ronronnent.

D’une manière générale, la partie visuelle de Moonscars est une franche réussite. Entre le rendu très bien nuancé, les effets visuels prononcés (les gerbes de sang) et le gros travail sur les animations d’une fluidité irréprochable, il y a matière à être convaincu. Il est néanmoins dommage que les développeurs n’aient pas pensé à varier un peu plus les décors, qui ont tendance à se ressembler (à l’exception d’un biome spécifique) et qui facilitent le sentiment d’égarement. En matière d’atmosphère presque angoissante (merci les musiques), Moonscars en impose vraiment — et c’est à mettre à son actif.

Il est nécessaire de s’accrocher pour apprécier Moonscars

À défaut d’apprécier pleinement son univers, puisqu’on n’a pas réellement les outils pour le faire, on pourrait au moins aimer la violence qui se dégage des affrontements. Mais, là encore, Moonscars est perfectible. Il y a d’abord ce côté très punitif, lié à des attaques adverses parfois difficiles à discerner convenablement. L’équilibre en pâtit, surtout dans les premières heures qui en décourageront plus d’un. Il faut passer le premier boss, qui s’apparente à un vrai palier. Une fois franchi, les choses s’adoucissent un peu. Comme si Black Mermaid voulait nous dire qu’il est nécessaire de s’accrocher pour apprécier Moonscars.

Certains choix de gameplay sont par ailleurs très critiquables, comme les parades qui ne valent pas réellement le risque par rapport à un mix entre attaques classiques et esquives bien placées (d’autant que le timing d’exécution est douteux). Dans le même ordre d’idée, il est lassant de devoir affronter un double de soi, en abandonnant au passage ses bonus durement glanés, dès que l’on veut activer un miroir (qui sert de point de contrôle). Quant à la mécanique liée à la Lune, qui régit la puissance ennemie et les récompenses, on peine à constater des différences entre les deux modes, alors qu’il faut consommer un objet précieux pour passer dans l’option la plus accessible. Oui, quand on meurt dans Moonscars, la difficulté grimpe.

Moonscars // Source : Humble Games
Moonscars. // Source : Humble Games

Tout n’est pas à jeter dans Moonscars. Par exemple, l’accumulation d’ichor à chaque coup porté est une excellente idée puisque cette ressource sert autant à se soigner qu’à utiliser des sorts. Il y a donc parfois des choix à faire entre une approche sûre ou plus osée. Le sentiment d’accomplissement est en outre bien présent, une fois que l’on a terrassé un boss qui réclame de longues minutes d’apprentissage. Enfin, il y a toutes ces opportunités d’améliorer Irma, que ce soit avec des pendentifs à dénicher/acheter, des sorts à apprendre ou des améliorations permanentes. Moonscars sait récompenser l’exploration, en dépit d’une carte très difficile à lire.

Le verdict

Entre sa direction artistique très réussie et son affiliation à des jeux références, Moonscars avait tout pour plaire. Malheureusement, il peine à convaincre sur tous les plans. Entre sa narration beaucoup trop opaque et son gameplay loin d’être irréprochable, le jeu d’action/aventure de Black Mermaid peine à assumer son héritage.
En résulte une expérience exigeante, voire décourageante, laquelle pourra être appréciée par celles et ceux qui sont en manque de sensations fortes en 2D depuis qu’ils ont terminé Hollow Knight, Blasphemous et Ender Lilies: Quietus of the Knights. Si vous n’avez pas fait ces trois jeux, oubliez Moonscars et jouez-y.

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