Un nouveau confinement est décrété sur l'intégralité du territoire français, dans la nuit de jeudi à vendredi, donc à partir du vendredi 30 octobre. Quelles sont les modalités de ce reconfinement annoncées par Emmanuel Macron ?

Il y a de cela 15 jours, Emmanuel Macron annonçait la mise en place du couvre-feu dans quelques zones de France, avant que celui-ci soit étendu une semaine plus tard. Malgré cette mesure, la deuxième vague n’a pas perdu en intensité, qui ne va qu’en s’aggravant, tant sur le nombre de cas positifs détectés que sur les admissions en réanimation. En prenant en compte le délai bien connu des scientifiques entre les cas positifs et les décès, la vague pourrait devenir une catastrophe sanitaire.

Ce mercredi 28 octobre, le Président de la République a confirmé les rumeurs :  la France va être reconfinée à partir du vendredi 30 octobre 2020, au moins jusqu’au 1er décembre. Voici les modalités qui ont été annoncées lors de l’allocution présidentielle. La France n’est pas le seul pays d’Europe à opter pour ce coup de frein à la propagation du coronavirus, l’Irlande est actuellement reconfinée, et l’Allemagne a également annoncé un reconfinement partiel.

« J’ai décidé qu’il fallait retrouver à partir de vendredi le confinement qui a stoppé le virus », a annoncé Emmanuel Macron à l’issue d’un bilan très sombre. « Notre objectif à terme est simple : passer de 40 000 contaminations par jour à 5 000. »

Où et quand a lieu le nouveau confinement ?

Le confinement prend effet à partir du vendredi 30 octobre, c’est-à-dire dans la nuit de jeudi à vendredi à minuit. Il va durer jusqu’au 1er décembre au minium.

Si pendant un temps le reconfinement était envisagé comme potentiellement localisé, celui-ci concerne finalement l’intégralité du territoire français.

Tous les 15 jours, un point sera fait sur l’épidémie, et alors des évolutions dans les mesures seront envisagées. Le Président n’a donc pas précisé de durée spécifique, mais si les indicateurs sont meilleurs d’ici deux semaines, des commerces pourront déjà rouvrir.

Le constat

Emmanuel Macron a justifié cette décision en expliquant que «  l’ensemble des régions se trouvent au seuil d’alerte ». Les mesures sont « insuffisantes » pour endiguer la deuxième vague. « Nous sommes submergés par l’accélération soudaine de l’épidémie », relève-t-il, ajoutant que toute l’Europe est surprise par l’évolution. Près de 9 000 patients seront en réanimation à la mi-novembre, soit la quasi-totalité des capacités françaises. Il faut donc un « coup de frein brutal » aux contaminations.

Emmanuel Macron lors de l’allocution du 28 octobre 2020 // Source : Capture d’écran Numerama

Invoquant sa « responsabilité de protéger tous les Français », Emmanuel Macron a invoqué des objectifs :

  • Protéger les plus fragiles, dont l’âge est le facteur prépondérant (85 % des malades décédés ont plus de 70 ans)
  • Protéger les plus jeunes : 60 % des personnes en réanimation ont moins de 65 ans ;
  • Protéger les soignants ;
  • Protéger les plus modestes ;
  • Protéger l’économie.

Parmi les stratégies possibles, Emmanuel Macron se base sur le Conseil scientifique. À court terme, miser sur l’immunité collective dès maintenant reviendrait à laisser mourir 400 000 personnes, au moins. Confiner les personnes à risques serait également inefficace. Quant au pari de tout miser sur tester – alerter – protéger, ce n’est plus suffisamment efficace. Emmanuel Macron a aussi abordé le sujet de l’augmentation des lits de réanimation : « nous sommes en train de le faire, mais ce n’est pas une bonne réponse », a-t-il commenté, ajoutant que  « nous avons formé près de 7000 infirmiers et médecins pour travailler en réanimation », sans que cela reste suffisant, puisqu’il faut plusieurs années pour créer des capacités réellement supérieures.

Restrictions et exceptions pendant le confinement

Le confinement implique qu’il ne sera pas autorisé de sortir de chez soi, et que la plupart des établissements recevant du public resteront obligatoirement fermés, même en journée, dès lors qu’ils ne sont pas essentiels. Les événements publics seront interdits. Bars et restaurants resteront fermés.

Plusieurs exceptions à cette fermeture :

  • Les commerces alimentaires de première nécessité (supermarchés,…)
  • Les services publics
  • Les cimetières
  • Les visites en EPHAD resteront permises
  • Les Français de l’étranger resteront libres de regagner notre territoire
  • Les personnes en situation de handicap bénéficieront des souplesses dont elles ont besoin 
Le chômage partiel sera de retour « quoi qu’il en coûte » // Source : Capture d’écran Numerama

Travail et entreprises

Le télétravail redevient la règle principale pour toutes les entreprises pour lesquelles cette modalité est possible. En revanche, ce deuxième confinement sera plus souple en la matière, puisque davantage de secteurs pourront faire exception au télétravail si le corps de métier l’exige, afin de ne pas paralyser leur activité économique.

Les employés qui ne peuvent pas travailler bénéficieront du chômage partiel.

Scolarité, études

« Nos enfants ne sauraient être privés d’éducation », a précisé Emmanuel Macron. Les écoles, collèges et lycées resteront ouverts, mais les mesures vont être renforcées.

Dans les universités, les cours magistraux seront exclusivement dispensés en distanciel.

Le retour des attestations de sortie

Pour sortir, il faudra se munir d’une attestation, et donc correspondre à l’une des dérogations. Ce sera précisé demain lors d’une conférence de presse, par le Premier ministre. On se doute qu’elles correspondront peu ou prou aux attestations mises en place pour le couvre-feu ou le confinement, limitant par exemple les déplacements non professionnels à 1 km autour du domicile. D’après BFMTV, elles prendront d’autres cas en compte, comme celui de parents devant amener leurs enfants à l’école.

Le deuxième confinement // Source : Capture d’écran Numerama

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