Le rapport de l'Anses est sans équivoque : les particules ultrafines, le carbone suie et le carbone organique sont causes d'atteintes respiratoires et cardiovasculaires, ainsi que de décès anticipés. Le trafic routier fait partie des principales causes. Voici les solutions proposées par l'agence.

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié, ce 16 juillet 2019, un rapport sur l’effet sanitaire néfaste des particules dans l’air extérieur. Le trafic routier est tout particulièrement mis en cause.

Parmi les effets confirmés par l’agence, on trouve les atteintes respiratoires et cardiovasculaires ainsi que les décès anticipés, causés par les particules ultrafines, le carbone suie et le carbone organique. Pour l’ensemble de son étude, l’Anses affirme avoir « des niveaux de preuve forts ».

Paris sous la pollution. // Source : Flickr/CC/Jeanne Menjoulet (photo recardée)

Une évolution technologique nécessaire

L’étude de l’Anses appuie sur la combustion de charbon, de produits pétroliers et de biomasse comme sources de particules aux effets sanitaires néfastes. Mais, au même niveau, elle place le trafic routier parmi ces plus grandes sources.

Pour réfléchir aux solutions, l’agence a construit différents scénarios d’extrapolation, à partir des évolutions technologiques possibles des véhicules à l’horizon 2025. Par exemple, le scénario FAP/S1 se base sur une « généralisation du filtre à particules et évolution concomitante de la réglementation des émissions (normes Euro) à cet horizon », tandis que le scénario S2 postule un « recul marqué des motorisations Diesel au profit des motorisations essence pour les véhicules légers ».

Véhicules électriques + réduction du trafic = win

En combinant les conclusions de chaque prospective, l’Anses recommande fortement de poursuivre les évolutions technologiques des véhicules automobiles, qui constituent dans chaque scénario la marque d’une réduction des émissions de particules.

Et il y a même une voie idéale : pour réussir à réduire d’au moins 30 % les émissions de carbone suie et de PM2,5 produites chaque année par le trafic routier en zone urbaine, le scénario prospectif de l’Anses confirme l’utilité d’une généralisation des véhicules électriques, en plus de la réduction du trafic.

Les politiques publiques doivent s’axer sur le transport propre

Concrètement, l’agence en arrive donc à deux solutions qui doivent selon elle être urgemment renforcées dans les politiques publiques :

  • La promotion des « transports alternatifs », en quittant le thermique pour l’électrique, permettrait de « réduire drastiquement l’émission de polluants ».
  • Au-delà de cette transition dans les véhicules, pour réduire le trafic dans son ensemble il faut un « renforcement des transports en communs, de l’intermodalité et de modes actifs de transport (marche à pied, vélo,…) ».

Les collectivités locales sont déjà nombreuses à avoir adopté des mesures permettant de faire la promotion de ces deux solutions. En plus de la circulation alternée en Ile-de-France (au bilan mitigé), des subventions sont apportées pour l’achat de voitures, vélos et scooters électriques.

L’ambition est aussi gouvernementale. En février 2019, lors du centenaire de l’Organisation internationale des constructeurs automobiles, Emmanuel Macron a annoncé tout un plan pour soutenir les voitures électriques : en plus de maintenir le bonus, l’État français soutiendra par exemple la création d’une filière de batteries. L’objectif est d’atteindre le million de véhicules électriques et hybrides rechargeables en 2022 en France, soit 800 000 de plus qu’en 2018. De quoi aller dans le sens des recommandations de l’Anses.

Mise à jour 17/07/2019 : réaction de l’Ile-de-France

Sollicitée par Numerama, la région Ile-de-France nous a transmis la réaction de Jean-Philippe Dugoin-Clément à ce rapport de l’Anses. Il est le Vice-président de l’Ile-de-France en charge de l’écologie, du développement durable et de l’aménagement. Nous retranscrivons son commentaire ci-dessous :

« Depuis le début de la mandature, les questions environnementales, notamment la qualité de l’air, sont notre priorité. L’urgence écologique nous commande la mise en place de politiques publiques volontaristes pour préserver notre cadre de vie, la biodiversité et la santé des franciliens.

Conscients de ces enjeux, avec Valérie Pécresse, nous avons fait le choix d’une transition écologique soutenable qui se traduit par un accompagnement des franciliens grâce à des mesures incitatives très concrètes, y compris financières.

Les préconisations du rapport de L’ANSES confortent la Région dans sa politique pour une meilleure qualité de l’air en Ile-de-France à travers une multitude d’action comme l’aide à la transition aux véhicules propres.  »

Et, en effet, on retrouve bel et bien une aide financière jusqu’à 9000 € pour les TPE et PME qui souhaitent changer leurs véhicules professionnels au diesel ou à l’essence et les remplacer par un véhicule électrique ou au gaz. La région nous indique que ce dispositif a « déjà permis de convertir 2000 véhicules professionnels ».

À cela, il est aussi possible d’ajouter une mesure incitative : la vignette automobile est gratuite pour les véhicules électriques. La région précise également vouloir des transports en commun 100 % propres, avec «  le déploiement progressif de plus de 9 000 bus propres, biogaz ou électriques ».

Crédit photo de la une : Ruben de Rijcke

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