Deux terroristes ont fait référence à un mème qui concernait le youtubeur PewDiePie. Celui-ci a enfin pris ses responsabilités.

Dans sa dernière vidéo mise en ligne dimanche 28 avril, PewDiePie n’esquisse pas un sourire. La veille, l’auteur d’un attentat antisémite a fait référence à un mème qui concerne directement le youtubeur. Ce dernier a finalement enfin appelé ses fans à cesser de l’utiliser. « Je ne voulais pas que la haine prenne le dessus, mais il fallait mettre un terme à [ceci]  », a-t-il justifié.

C’est la deuxième fois que cela se produit : le tireur de Christchurch, une tuerie islamophobe, avait également mentionné PewDiePie (de son vrai nom Felix Kjellberg), à peine un mois plus tôt. Il a expliqué qu’il n’avait pas voulu prendre de décision drastique plus tôt, pour ne pas « faire de la publicité à des terroristes » en parlant de leurs actions.

Deux attentats et un mème

Un attentat antisémite a été perpétré samedi 27 avril contre une synagogue de Poway, une ville californienne. Un homme a tiré sur les fidèles, tuant une femme et blessant trois autres personnes. Il avait 19 ans et serait étudiant, selon les premiers rapports de police.

La synagogue attaquée. // Source : Capture d’écran Google Maps

Comme au moins un autre avant lui, le terroriste a publié un manifeste en ligne sur le forum 8Chan. Il contenait des «  diatribes racistes et des citations de la Bible », d’après la NBC. Il a également mentionné le youtubeur PewDiePie, au travers du mème « subscribe to PewDiePie  » (en français : abonnez-vous à PewDiePie).

Ce mème fait référence à la bataille qui oppose le youtubeur suédois à la chaîne indienne T-Series. Tous deux se sont disputés la place de chaîne la plus suivie au monde durant des mois. Les fans de PewDiePie, qui compte actuellement 95 millions d’abonnés, se sont largement mobilisés pour qu’il conserve ce titre.

Ce qui était au départ une série d’actions innocentes et amusantes (acheter un panneau publicitaire géant, organiser un show de cheerleading en son honneur,…) a été mêlé à des actions bien plus graves.

Mi-mars, un attentat islamophobe a fait 50 morts à Christchurch, en Nouvelle-Zélande. Son auteur a filmé l’attaque en direct et l’a publié sur Facebook. On l’entend dans la vidéo dire « subscribe to PewDiePie ».

PewDiePie et les dérapages en série

Sur sa chaîne, Felix Kjellberg appelle ses fans à cesser d’utiliser cette phrase et de manière générale, à cesser de tout faire pour qu’il reste le numéro 1. Celui qui avait amèrement admis sa défaite face à T-Series avant de reprendre le dessus explique que les choses sont allées trop loin.

Après l’attaque de Christchurch, il avait exprimé son désarroi dans un tweet, qu’il semble avoir supprimé. Il est revenu sur ces événements le 28 avril. « Voir mon nom associé à une chose pareille m’a affecté plus que ce que j’ai laissé penser », dit-il.

Le youtubeur controversé avait dû condamner d’autres actions auxquelles son nom avait été involontairement associé, comme la profanation d’un mémorial de la Seconde guerre mondiale à New York. Il avait également dû demander à ses fans d’arrêter d’avoir des propos racistes contre T-Series… avant d’en prononcer lui-même dans un clip parodique.

Il y a quelques années, il avait déjà essuyé une vague de critiques suite à une vidéo dans laquelle il avait payé des personnes pour brandir un message antisémite. Pour lui, il s’agissait là encore d’une simple blague.

Il reconnaît enfin dans sa dernière vidéo que parmi ses millions de fans, certains ne sont peut-être pas bien intentionnés. «  C’est quelque chose que j’ai appris, et j’espère que vous le comprendrez : quand vous avez 90 millions de personnes qui se battent pour quelque chose, il y a forcément des dérapages », a-t-il ajouté.

Il a expliqué qu’il n’était pour « aucune forme de racisme ou de haine contre quiconque » et que ses « blagues » connotées ne devaient pas être prises au sérieux. «  C’était censé être drôle mais clairement, ça ne l’est plus, dit-il. C’est allé trop loin  ».

Partager sur les réseaux sociaux