Le législateur norvégien a pris des mesures pour subventionner l'électricité des mineurs de cryptomonnaie, lorsque ceux-ci atteignent un certain niveau de consommation énergétique.

En vogue depuis plusieurs années, les cryptomonnaies font l’objet de critiques. L’une des plus récurrentes cible la consommation électrique de plus en plus élevée à mesure que les opérations de calcul pour générer de nouvelles unités se complexifient. Au point que la généralisation de ces monnaies est perçue de manière croissante comme une menace environnementale.

Retour au prix standard de l’électricité

Faut-il dès lors prendre des mesures pour inverser la tendance ? C’est ce que la Norvège fait, de toute évidence. La presse locale, relayée par le média spécialisé Coindesk, déclare qu’une subvention à l’électricité accordée aux mineurs de Bitcoin sera supprimée à partir du 1er janvier 2019. Sont visés les mineurs de Bitcoin très gourmands en électricité, d’au moins 0,5 mégawatt.

« La Norvège ne peut pas continuer à fournir d’énormes incitations fiscales pour la forme la plus sale de la production cryptographique comme le bitcoin. Celui-ci nécessite beaucoup d’énergie et génère d’importantes émissions de gaz à effet de serre à l’échelle mondiale », déclare un parlementaire norvégien, cité par nos confrères. C’est désormais le prix standard de l’électricité qui sera appliqué.

electrique-electricite-courant
Source : George Becker

Des calculs très exigeants

Une étude menée par Digiconomist et médiatisée à la fin 2017 expliquait ainsi que les activités liées au Bitcoin avaient requis l’an passé pas moins de 30,25 térawattheures (tWh) d’électricité, ce qui est une consommation supérieure à celle de 159 pays. Par rapport à un pays comme la France, les besoins du Bitcoin seraient équivalents à un peu moins de 7 % de la consommation nationale.

Or, à l’heure où des voix se font entendre pour réclamer plus de sobriété énergétique, le mode de fonctionnement des devises virtuelles interroge. Car cette électricité nécessite d’être produite et tous les moyens de production ne sont pas décarbonés : une étude parue fin octobre dans Nature Climate Change évalue à 69 millions de tonnes de dioxyde de carbone (CO2) les rejets causés par l’usage du Bitcoin.

Et surtout, elle mobilise des moyens qui pourraient servir autrement. « Des data centers entiers ne tournent que pour faire tourner des cryptomonnaies, c’est un non-sens ! », regrettait ainsi Bertrand Meaujan, responsable de la sécurité et de l’information chez l’opérateur télécoms Adista. Cependant, la chute du cours du Bitcoin pourrait servir de repoussoir et entraîner un relatif désengagement des mineurs.

Partager sur les réseaux sociaux