Le patron de l'organisme public responsable de la gestion des aéroports en Norvège estime que pour les vols domestiques, des avions entièrement électriques pourront être utilisés... d'ici 2040.

La Norvège a beau être l’un des plus grands producteurs de pétrole en Europe, il n’en demeure pas moins que la nation scandinave entend basculer vers des moyens de transport qui n’ont pas besoin de l’exploitation des hydrocarbures pour avoir l’énergie suffisante pour se déplacer. Et en la matière, les véhicules électriques ont la cote dans le pays des Fjords.

En matière automobile par exemple, un point de bascule a été relevé début 2017 avec la vente des voitures électriques ou hybrides qui a surpassé celle des autres modes de propulsion. Rien d’étonnant au regard de la politique environnementale suivie par le pays, à base de taxes dissuasives et de fortes incitations. La clientèle norvégienne a donc très vite compris où était son intérêt.

Norvège
CC Alexander Shchukin

Le pays n’entend pas en rester là : maintenant, il est même question d’électrifier le transport aérien norvégien. C’est en effet ce qu’a déclaré Dag Falk-Petersen, le directeur d’Avinor, qui est l’organisme public responsable de la gestion des aéroports dans le pays. Seraient concernés les vols domestiques ainsi que les trajets vers les capitales nordiques voisines.

« Nous pensons que tous les vols d’une durée inférieure ou égale à une heure et demi peuvent être effectués par des avions entièrement électriques », a-t-il confié. Mais un tel projet ne se fera pas du jour au lendemain : il sera progressivement appliqué sur au moins de deux décennies, car Dag Falk-Petersen évoque 2040 comme échéance. Pour les vols plus lointains, le tout-électrique n’est pas envisagé.

« Nous pensons que tous les vols d’une durée inférieure ou égale à une heure et demi peuvent être effectués par des avions entièrement électriques »

La presse locale note que le transport aérien est responsable de 2,4 % des émissions de gaz à effet de serre de la Norvège pour le trafic intérieur et plus du double lorsque l’on inclut les routes internationales, selon les statistiques officielles. Ce n’est donc pas le poste le plus critique dans le combat contre le dérèglement climatique mais aucun effort ne doit être négligé dans cette bataille.

Reste une question : d’où va provenir l’électricité qui alimentera les futurs avions à court et moyen courrier que la Norvège veut voir voler d’ici vingt ans ?

En effet, dans la mesure où l’électricité n’est pas une ressource facilement accessible à l’état naturel, il est nécessaire de la transformer à partir de quelque chose d’autre : or, les différentes solutions qui sont actuellement envisageables n’ont pas tout à fait la même empreinte environnementale : l’éolien ? Les centrales nucléaires ? Les centrales thermiques ? Les barrages hydroélectriques ? Le solaire ?

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CC George Becker

Chaque approche a ses défauts : défiguration des paysages, production de déchets nucléaires, émission de CO2 et de divers polluants, transformation significative des écosystèmes, rendement, stockage complexe de l’énergie produite… en clair, rouler ou voler à l’électrique ne fait pas tout : encore faut-il savoir comment a été produite cette électricité. Et quel impact cette production a eu sur l’environnement.

Reste que de deux maux, il faut choisir le moindre. Et en comparaison de la situation actuelle, la piste du tout-électrique est vraisemblablement préférable. Et d’ici là, des progrès peuvent toujours survenir pour améliorer le stockage, le rendement et les méthodes de production d’électricité.

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