L’opération militaire des États-Unis au Venezuela, qui a mené à la capture de Nicolás Maduro le 3 janvier 2026, a plongé l’avenir du pays dans un flou politique très incertain. Elle a aussi placé Caracas, la capitale du pays, dans un relatif blackout numérique, en raison de coupures de courant résultant de frappes menées à divers endroits de la ville.
C’est ce que montrent les relevés du 3 janvier partagés par NetBlocks, une ONG qui pilote un observatoire de la liberté du net. Alors que l’armée américaine est parvenue à enlever le président vénézuélien et son épouse en quelques heures à peine, les infrastructures de communication à Caracas se sont en partie effondrées.

Ces observations corroborent les rapports ayant fait état de coupures de courant massives, synchronisées avec les tirs américains sur la capitale — afin de neutraliser notamment la défense aérienne, les radars de détection et certaines bases militaires vénézuéliennes. Il n’est pas dit si des actions cyber ont été menées pour soutenir ce blackout.
Starlink s’active sans autorisation officielle
C’est dans ce contexte de chaos politique et infrastructurel que SpaceX s’est invité, dès le lendemain de l’attaque. Le 4 janvier, l’entreprise fondée par Elon Musk a annoncé l’activation d’urgence de Starlink au-dessus du territoire vénézuélien, avec la promesse d’un accès gratuit pour tout le monde jusqu’au 3 février 2026.
Starlink, dont l’objet est de fournir un accès à Internet depuis l’espace grâce à une immense constellation de satellites, dit vouloir proposer un service à haut débit gratuitement pendant un mois avant de garantir une connectivité continue au pays. Cela, pour pallier les problèmes que peuvent rencontrer les fournisseurs d’accès locaux, défaillants ou censurés.
Ce n’est pas la première fois que Starlink est ainsi mobilisé pour fournir une « connectivité humanitaire ». L’opérateur spatial a déjà été engagé à la suite de catastrophes naturelles, par exemple après le passage d’un ouragan, ou de conflits militaires, comme en Ukraine. Elon Musk avait même promis une liaison pour Gaza en 2023.
Une activation dans une zone grise juridique
Cette annonce a toutefois de quoi surprendre quiconque s’intéresse à la régulation des télécommunications. Si l’on consulte la carte de disponibilité officielle de SpaceX en date du 5 janvier, le Venezuela figure toujours en gris, c’est-à-dire en zone « non desservie » (ou sur liste d’attente indéfinie).

En temps normal, un opérateur satellitaire ne peut pas « arroser » un pays sans une licence dûment accordée par l’autorité locale de régulation. Or, l’administration de Nicolás Maduro n’avait jamais homologué le service. Le Venezuela est un pays où la censure en ligne est importante et où la liberté de la presse est fortement malmenée.
L’activation du réseau peut donc suggérer que SpaceX a reçu un feu vert de Washington pour opérer dans cette zone grise juridique, court-circuitant les processus d’homologation habituels. En raison de la très forte concentration de soldats américains dans la région et de l’implication directe de la Maison-Blanche, on doute que SpaceX ait agi sans autorisation.
Techniquement, la constellation de Starlink, qui évolue en orbite basse (à quelques centaines de kilomètres d’altitude), survolait déjà le Venezuela. Il suffisait d’une mise à jour logicielle et de l’utilisation des liaisons laser inter-satellites pour acheminer le trafic vers des stations au sol situées dans des pays voisins (Starlink est actif au Brésil et en Colombie).
Il reste cependant un défi logistique de taille : pour capter le signal, il faut des antennes physiques au sol. Or, dans un pays soumis à des sanctions internationales et des frontières fermées après les évènements du week-end, l’acheminement des terminaux risque d’être compliqué et lent. D’autant que la situation politique reste instable et les partisans de Maduro, nombreux.
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