Les informations de Numerama sur l’écrasante majorité des 182 000 faux pass sanitaires qui sont toujours actifs sont maintenant également confirmées par la Direction générale de la santé. Il n’existe en fait pas encore d’outil technique pour placer sur liste noire des pass dans le cadre de procédures judiciaires.

L’imbroglio du ministère de l’Intérieur sur les 182 000 faux pass sanitaires se confirme. Comme l’expliquait Cyberguerre il y a quelques jours, de nombreuses questions se posent sur ces dizaines de milliers de faux pass sanitaires illicites dont le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a largement vanté la découverte depuis lundi 20 décembre 2021.

En cause : ces documents sont dans l’écrasante majorité encore valides, ce que confirme maintenant également la Direction générale de la santé (DGS), interrogée par Libération. De fait seulement 3 307 pass sanitaires étaient sur liste noire au moment des annonces.

Ces interrogations sont toujours d’actualité. En utilisant le script mis en place par le consultant en cybersécurité Piotr Chmielnicki, on voit que le nombre de pass sur liste noire a à peine augmenté pour atteindre 3601 pass, vers 16h le 29 décembre 2021. Sans bouleversement exponentiel depuis notre première publication, donc, et toujours très loin d’atteindre les 182 000 initialement annoncés. Ces pass sont, pour l’écrasante majorité, encore valides.

Gérald Darmanin // Source : Flickr/Jacques Paquier
Gérald Darmanin // Source : Flickr/Jacques Paquier

L’Intérieur muet, les autres ministères éludent

Interrogé par Cyberguerre sur cette différence, le cabinet du le secrétariat d’État chargé du Numérique concédait il y a quelques jours que « des travaux sont en cours pour améliorer la portée des dispositifs anti fraude ». Des déclarations qui vont dans le même sens que celles faites depuis par la Direction Général de la Santé (DGS) à Libération : les outils qui devront servir pour désactiver les pass sanitaires dans le cadre de procédure judiciaires ne sont en fait pas encore mis en place, « ces procédures ainsi que les outils techniques afférents sont en cours d’élaboration. »

Il n’est donc pour l’instant pas possible de placer un pass sanitaire sur liste noire quand ce n’est pas son propriétaire légitime ou le soignant émetteur qui le demande, comme l’expliquait le secrétariat d’État chargé du Numérique à Cyberguerre.

Pour plus de précision sur les procédures en cours, le secrétariat d’État chargé du Numérique renvoie vers le ministère de l’Intérieur. Contacté à plusieurs reprises sur le nombre de pass sur liste noire et les procédures en cours pour les désactiver, ce dernier refuse de donner plus de précisions, renvoyant au secret de l’enquête.