En conséquence de ses résultats trimestriels décevants, Meta a connu la pire baisse boursière de l’histoire des entreprises américaines. 230 milliards de dollars de valorisation se sont envolés en 24 heures, ce qui peut interroger sur sa capacité à rapidement se redresser.

La bourse est parfois sévère. À Wall Street depuis 2012, Facebook a, pendant longtemps, fait partie des bons élèves. Certaines crises, notamment politiques, ont provoqué la baisse de son action, mais jamais l’entreprise n’avait été punie pour ses résultats financiers. Comme souvent, il suffit d’un écart pour être rattrapé par ses démons.

Jeudi 3 février, au lendemain de la publication de ses mauvais résultats pour le Q4 2021, l’action Meta s’est effondrée. En 24 heures, elle est passée de 323 à 237,76 dollars, ce qui représente une baisse de 19,57%. La valorisation de l’entreprise, beaucoup plus importante que le cours de l’action, a perdu 230 milliards de dollars en 24 heures (Meta vaut maintenant 661,4 milliards). Il s’agit tout simplement de la plus grosse perte des l’histoire des entreprises des États-Unis.

Meta Stock 3 février 2022
L’action Meta s’est effondrée en moins de 24 heures. // Source : Capture Google Stock

Meta inquiète sérieusement

Cette chute record fait peur, mais menace-t-elle vraiment Meta ? Si les amatrices et amateurs du marché boursier savent qu’il n’y a rien de plus volatil que le monde de la finance (il n’est pas rare de voir une entreprise lourdement punie, puis en forte hausse quelques jours plus tard), plusieurs signes laissent penser que Meta ne s’en sortira pas aussi facilement cette fois. D’abord, revenons sur certains des points négatifs à l’origine de cette chute historique :

Le metavers, une diversion ?

L’avenir de Meta est un autre point que nous aurions pu évoquer dans notre liste. En octobre 2021, alors qu’il croulait sous les scandales, le groupe de Mark Zuckerberg a changé de nom. En devenant Meta, Facebook a utilisé une technique bien connue du monde des entreprises pour s’offrir une nouvelle image. L’illusion a fonctionné au début, appuyée par la nouvelle volonté de l’entreprise de se réorienter vers le metavers, un monde virtuel basé sur la réalité virtuelle et la réalité augmentée qui, selon Mark Zuckerberg, est l’Internet du futur.

Quatre mois plus tard, les investisseurs se demandent s’ils n’ont pas été bernés. Les efforts de Meta autour du metavers n’étaient-ils pas une diversion pour nous faire fermer les yeux sur sa mauvaise forme du moment ? Le metavers, s’il existe un jour, n’arrivera probablement pas avant plusieurs années.

meta fb
Mark Zuckerberg a transformé Facebook en Meta en octobre 2021. // Source : Capture Meta par Numerama.

Quel avenir pour Meta et Mark Zuckerberg ?

À l’heure actuelle, il serait très prématuré de dire que Meta est en danger. Des mauvais résultats arrivent de temps en temps et, par le passé, l’entreprise a toujours fait preuve d’une incroyable capacité à rebondir, y compris dans les pires moments (Cambridge Analytica notamment). Cette mauvaise passe est à surveiller au vu de son caractère historique, mais Meta fait toujours partie des plus grosses entreprises de la planète et, pour l’instant, reste forte économiquement. Instagram et WhatsApp, autres propriétés de Meta, se portent bien.

Au-delà de la question du court terme, ce que nous ne savons pas aujourd’hui est à quoi ressemblera Meta demain. Le metavers est-il vraiment le futur ? Les réseaux sociaux du groupe peuvent-ils de nouveau attirer les jeunes ? Les réponses que nous aurons en 2022 seront déterminantes pour le futur de Meta qui, d’ici là, devrait remonter la pente à Wall Street (en after hours, Meta terminait à +1,49% hier. C’est bon signe). Dans l’hypothèse où les mauvaises nouvelles continueraient de s’enchaîner, alors Meta pourrait vraiment être en danger. Entre temps, un fusible logique pourrait être Mark Zuckerberg. Cependant, le fondateur du réseau social a mis en place de nombreuses protections pour ne pas pouvoir être viré. À l’heure actuelle, la question de son avenir et de celui de Meta ne se pose pas.