Si vous recevez un mail d'avertissement de Lydia vous prévenant que vous risquez des frais parce que votre profil est inactif, il ne s'agit pas nécessairement d'une entourloupe. C'est, affirme l'application mobile, la conséquence d'une loi votée en 2014 sur les comptes délaissés.

Vous avez multiplié les ouvertures de compte sur des applications de paiement pour voir laquelle vous convenait le mieux ? Prudence ! Les plateformes sur lesquelles vous ne mettez plus les pieds sont susceptibles d’appliquer des frais d’inactivité au bout d’un certain temps. PayPal peut déclencher ces coûts au bout de douze mois. C’est la même chose pour Lydia, une solution concurrente.

L’application Lydia ouverte sur un smartphone. Elle permet par exemple de réaliser des remboursements entre proches. // Source : Lydia

Les frais d’inactivité chez Lydia ne sont pas une disposition récente, mais celle-ci est assez mal connue, car elle ne fait évidemment pas partie des caractéristiques que l’entreprise met en avant sur sa page d’accueil. La réaction agacée d’un internaute sur Twitter, le 24 août 2021, en témoigne : il fait état d’un prélèvement de 8 euros sur son compte Lydia, et invite plutôt à fermer son compte.

Au sein de Humanoid, la structure qui édite Numerama, une employée a elle aussi été confrontée à ces frais : elle a signalé à la rédaction qu’elle avait reçu fin 2019 un mail de la société lui signifiant que cela faisait un an qu’elle n’avait pas effectué une opération. Dès lors, un prélèvement d’un montant maximal de 30 euros était susceptible de survenir un mois après la réception du courrier, si aucune action de sa part n’avait lieu d’ici là.

Pour connaître l’existence de ce prélèvement, il faut se rendre dans les pages du site web et plus particulièrement dans la rubrique « Tarifs et Limites ». Dans la section consacrée aux autres frais exceptionnels, il est indiqué que sont prélevés «  30 € de frais, maximum par an, en cas d’inactivité pendant 12 mois consécutifs (dans la limite des soldes disponibles sur tous les comptes de paiements détenus par l’utilisateur) ».

Cette rubrique renvoie par ailleurs aux conditions générales d’utilisation, qui sont affichées à l’internaute lors de la création de son compte. Ces règles sont censées avoir été lues et approuvées une fois le compte ouvert. Dans les faits toutefois, personne ne lit les CGU, car elles sont trop longues, trop absconses et trop ennuyeuses — à tel point que des outils les analysant ont vu le jour.

Lydia, comme d’autres services bancaires, est susceptible d’appliquer des frais d’inactivité. // Source : Nino Barbey pour Numerama

La loi Eckert sur les comptes inactifs

C’est justement dans l’article 6 des CGU que sont mentionnés ces frais d’inactivité. Lydia, d’ailleurs, assure que l’application de ces montants pris sur les comptes inactifs n’est pas une lubie de sa part, mais la conséquence d’une loi française : la loi Eckert, en vigueur depuis 2014, sur les comptes bancaires inactifs et aux contrats d’assurance vie en déshérence.

Cette loi, rappelle le gouvernement, impose depuis 2016 aux banques et assurances de recenser ces comptes et contrats délaissés « afin d’en rappeler systématiquement l’existence à leur titulaire ». C’est la loi qui définit ce qu’est un compte inactif, et à partir de quand il le devient, et dans quelles conditions. C’est également la loi qui autorise et qui plafonne les frais prélevés par les établissements bancaires.

« Pour éviter que votre compte soit considéré comme inactif, il suffit donc de vous manifester auprès de votre établissement ou d’effectuer un mouvement de fonds sur le compte concerné », résume l’exécutif. Le délai à partir duquel un compte est considéré comme inactif est porté à cinq ans pour d’autres types de comptes (livret, épargne salariale, compte-titres), autres que le compte courant.

Dans une autre page d’aide ouverte par Lydia, il est expliqué que la plateforme suspecte une inactivité si le ou la titulaire du compte « n’a pas ouvert ou utilisé l’application Lydia, ou s’il n’a pas contacté Lydia dans les 12 derniers mois ». Autrement dit, le simple fait de se connecter à l’application suffit manifestement  pour remettre à zéro le compteur — les opérations bancaires permettent elles aussi de le réinitialiser.

La plateforme dit par ailleurs effectuer deux relances à sa clientèle qui semblerait ne plus donner de nouvelles : une première fois au bout d’un an d’inactivité, puis ensuite une deuxième fois quinze jours après le premier mail. Ensuite, deux semaines après ce second mail, un dernier courrier est envoyé pour lui dire qu’il est considéré comme inactif. Dans le cas de notre collègue, elle a pris ses dispositions dès le premier envoi.

Un mail envoyé par Lydia pour signaler une inactivée sur un compte.

Le montant des frais d’inactivité est manifestement variable selon les cas de figure et les critères déterminant le prélèvement à appliquer par compte inactif ne sont pas précisés. Dans le cas de l’internaute, il est question d’une somme de 8 euros. Dans tous les cas de figure, ce prélèvement ne peut pas excéder 30 euros et dépend aussi du solde qui figure sur le compte le jour J.

Ainsi, Lydia déclare que «  si le solde des comptes Lydia de l’utilisateur est nul, Lydia ne prélèvera aucuns frais d’inactivité ». Si vous ne comptez plus utiliser Lydia, veillez donc à bien vider votre compte courant afin de ne pas avoir de mauvaise surprise. Dans le cas de notre collègue, il restait un reliquat de 10 euros au moment où le premier mail d’alerte est arrivé.

C’est aussi en répondant à ce courrier qu’elle a appris qu’en se manifestant de la sorte, le compteur d’inactivité avait été remis à zéro. L’intéressée a préféré toutefois fermer son compte une bonne fois pour toutes, procédure qui n’entraîne par ailleurs aucuns frais particuliers, ne l’utilisant plus et ne souhaitant évidemment pas avoir un autre courrier de mise en garde au bout d’un an.

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