En dépit des efforts pour revendre Cambridge Analytica au prix le plus élevé possible, la société n'a accepté aucune offre de rachat. Sur les 18 000 entreprises contactées, seules 4 propositions « dérisoires » ont été envoyées.

Le scandale des données personnelles impliquant Facebook a été fatal à Cambridge Analytica : au début du mois de mai, l’entreprise britannique a annoncé qu’elle fermait ses portes, estimant ne plus pouvoir continuer ses activités face à la médiatisation de l’affaire.

Les administrateurs de la société tentent désormais de la revendre — pour un prix évidemment le plus élevé possible –, mais leurs tentatives ne semblent pas couronnées de succès. Comme l’ont fait observer nos confrères britanniques de Business Insider le 17 juillet 2018, la société mise en vente n’a reçu que quatre offres, jugées dérisoires.

Le média cite un rapport, déposé auprès de la Companies House, le registraire des entreprises au Royaume-Uni, qui donne des informations sur la manière dont les administrateurs de Cambridge Analytica ont tenté d’obtenir le plus d’argent possible de la revente de l’entreprise.

Flickr/CC/Book Catalog

18 000 mails envoyés, pour 4 offres

Lamber Smith Hampton, une entreprise de consulting dans le domaine de l’immobilier, a été choisie pour contacter des personnes qui pourraient être intéressées par la vente de Cambridge Analytica. La société a puisé dans ses bases de données pour adresser des mails à 18 000 destinataires. Elle a aussi annoncé la vente de Cambridge Analytica sur Twitter, et tenté de démarcher des acheteurs potentiels au téléphone.

En dépit de tous ces efforts, seuls 13 acheteurs potentiels ont répondu à la proposition. Au final, quatre offres ont été faites à l’entreprise :

  • £1 (soit 1,12 €) pour l’entreprise et sa propriété intellectuelle,
  • £10 000 / £15 000 (soit environ 11 200 €/16 800 €) pour les actifs de l’entreprise,
  • £1 pour le nom « Cambridge Analytica »,
  • et £300 (soit 336 €), également pour le nom « Cambridge Analytica ».

Aucune de ces offres n’a été acceptée par Cambridge Analytica, qui a estimé qu’elles « étaient toutes à des niveaux décevants  ». Quant aux administrateurs, ils proposent désormais une liquidation obligatoire de la société, plutôt qu’une vente.

Alors que le Parlement européen achève ses auditions sur Facebook et Cambridge Analytica, l’entreprise d’analyse comportementale semble finalement avoir été emportée par le scandale qui a éclaté en mars dernier. L’absence d’une offre de rachat sérieuse pourrait bien être le coup de grâce porté à Cambridge Analytica.

Crédit photo de la une : Flickr/CC/Stock Catalog

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