Au détour d'une conférence, un cadre de Facebook a déclaré que l'outil Clear History sera disponible en 2019.

Contre toute attente, Facebook a redonné des nouvelles de Clear History, un outil encore en développement qui doit permettre à n’importe quel internaute d’avoir une visibilité plus précise un contrôle accru des traces qu’il laisse sur le web et qui sont collectées par le réseau social à des fins publicitaires. Le 26 février, le directeur financier du groupe, David Wehner, a en effet évoqué la sortie prochaine de Clear History.

Lors d’une conférence à San Francisco, à laquelle CNBC a pu assister, David Wehner a déclaré que Clear History serait disponible d’ici la fin de l’année. Selon l’intéressé, cet outil rendra le ciblage publicitaire des individus plus difficile. Mais le réseau social américain n’a pas vraiment de marge de manœuvre, car le contexte dans lequel ce dispositif a été décidé ne lui permet pas de le remiser au placard.

L’affaire Cambridge Analytica avait éclaté en mars 2018. // Source : Book Catalog / Flickr

Outil né du scandale

En effet, le projet Clear History a été officialisé par Mark Zuckerberg lui-même dans le sillage du scandale de Cambridge Analytica, qui a éclaté il y a un peu plus d’un an. À l’époque, il a été découvert que cette firme britannique a collecté secrètement les données personnelles de plusieurs dizaines de millions de membres sur le réseau social, sans que ces derniers ne s’en aperçoivent ou donnent leur accord.

Lorsque l’outil a été présenté plus en détail, il a été expliqué que celui-ci permettra aux usagers d’effacer leurs données de navigation vis-à-vis de Facebook et de ses partenaires, qui sont collectées à travers les différents modules du réseau social, comme le bouton J’aime. Il a aussi été dit que ce pistage pourra être désactivé et que celui-ci ne sera pas activé par défaut.

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Du fait de l’entrée en application du RGPD dans l’Union européenne, le fonctionnement de Clear History pourrait être sensiblement différent en fonction des comptes et des endroits du monde. Le texte européen convoque la notion de « privacy by design » dans  son article 25, notion qui décrit la pratique consistant à intégrer la protection de la vie privée dès les premières étapes de la conception d’un service ou d’un produit.

La sortie de David Wehner au sujet de Clear History s’inscrit dans une actualité qui n’est pas très avantageuse pour Facebook, puisque quelques jours plus tôt, le Wall Street Journal a sorti une enquête consacrée à une énième controverse. Selon les constatations du journal, le géant des réseaux sociaux recueille un large éventail de données privées auprès des développeurs d’applications.

De là à dire que le retour de Clear History dans l’actualité après une longue phase de silence constitue une bien commode diversion, c’est un pas que nous nous garderons bien de faire.

À lire sur Numerama : Comment fonctionnera l’outil pour effacer le pistage de Facebook sur le web

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