Facebook s'attend à une amende sévère aux États-Unis dans l'affaire Cambridge Analytica. Le réseau social pourrait provisionner davantage.

Facebook se prépare à traverser l’orage. Lucide sur le fait que la Commission fédérale du commerce (FTC) a dans l’idée de lui infliger une sévère amende pour le scandale de Cambridge Analytica, le réseau social a révélé, lors de la présentation de ses résultats pour le premier trimestre 2019, avoir mis de côté 3 milliards de dollars pour se tenir prêt à absorber le choc.

Survenue il y a environ un an, le scandale de Cambridge Analytica fait référence à cette entreprise britannique qui a collecté secrètement les données personnelles de plusieurs dizaines de millions de membres sur le réseau social américain, sans que les internautes ne s’en aperçoivent ou donnent leur accord. L’affaire a eu d’immenses répercussions en Europe et aux États-Unis.

Mark Zuckerberg devant le Congrès américain lors de l’affaire Cambridge Analytica. // Source : YouTube

Une somme provisoire

Cette provision pourrait même être abondée, de manière à avoir à disposition 5 milliards de dollars pour régler la peine pécuniaire de l’autorité de régulation américaine. C’est ce qu’a déclaré David Wehner, le directeur financier de Facebook, lors d’un échange avec des investisseurs. Pour l’instant, Facebook avance en aveugle, faute de pouvoir connaître les intentions de la FTC.

« Cette question n’est pas résolue, de sorte que le montant réel du paiement demeure incertain. Cependant, nous estimons que cette perte se situe dans une fourchette de 3 à 5 milliards de dollars », a-t-il déclaré. « Je ne peux pas vraiment commenter davantage, car il s’agit d’un sujet en cours. Nous avons retenu l’extrémité basse de la fourchette suivant les directives comptables applicables ».

Si l’amende de la FTC se chiffre effectivement en milliards de dollars, ce serait alors la plus grosse amende jamais infligée par l’institution — et de très loin.

L’actuelle sanction la plus élevée dans le domaine de la protection de la vie privée est de 22,5 millions de dollars. Elle a été infligée à Google en 2012 dans une affaire de pistage sans le consentement des internautes utilisant le navigateur web Safari. Google était alors accusé d’avoir contourné les options de confidentialité pour placer ses cookies publicitaires sur le PC des internautes.

Partager sur les réseaux sociaux