Spotify reste le service de streaming le plus répandu au monde. Cependant, la domination globale de la plateforme suédoise cache des fragilités locales : aux États-Unis, le règne du géant suédois touche à sa fin.

Dans la guerre que se livrent Apple et Spotify pour dominer le marché du streaming audio, l’entreprise suédoise domine toujours le champ de bataille. Et de loin : début mai, le service annonçait que ses abonnés, c’est-à-dire ceux qui paient chaque mois un forfait pour bénéficier d’une écoute sans publicité et accéder à des options supplémentaires, sont désormais 75 millions dans le monde.

En comparaison, la firme de Cupertino fait moins bien, même si l’écart tend à se resserrer avec le temps. Selon des chiffres obtenus par Bloomberg auprès de Tim Cook, Apple Music a 50 millions de clients. En début d’année, ce chiffre se situait à 36 millions. Et à la fin du mois de septembre 2017, la plateforme musicale comptait au total une communauté de 30 millions d’auditeurs.

L’application mobile Spotify.

Écart de croissance

Mais le fait que Spotify culmine globalement ne signifie pas qu’il domine localement partout. Sur certains marchés dans lesquels il est présent, ce sont d’autres solutions qui sont plébiscitées par le public. Et certains de ces pays sont loin d’être anodins : les États-Unis par exemple, à la fois commercialement et symboliquement, car il s’agit de loin du premier marché de la musique au monde.

Jusqu’en début d’année, Spotify était le service de streaming le plus répandu outre-Atlantique. Mais cela n’allait pas durer, à en croire les taux de croissance du groupe suédois et de son rival américain. Aux USA, selon le Wall Street Journal, la croissance d’Apple Music est de 5 % par mois, contre 2 % pour Spotify. Ce n’était qu’une question de temps avant que Spotify ne se fasse détrôner par Apple Music.

CC Sunil Soundarapandian

Et cette bascule a visiblement eu lieu : selon un rapport confidentiel qu’a pu consulter le site Digital Music News, rapport provenant d’un distributeur majeur de musique outre-Atlantique, le règne de la société scandinave a pris fin. D’après les trajectoires de chaque service, l’écart devrait désormais se creuser en faveur du service de la firme de Cupertino, au moins jusqu’aux fêtes de fin d’année.

Le détrônement de Spotify par Apple Music aux USA s’est fait au niveau du nombre de clients vivant de l’autre côté de l’Atlantique et qui acceptent de payer chaque mois un abonnement pour éviter la publicité et bénéficier d’un certain nombre de privilèges (écoute hors ligne, choix illimité de la chanson, qualité sonore supérieure, etc). Apple Music aurait environ 20 millions d’abonnés payants aux USA.

L’appui de l’écosystème Apple

L’une des raisons de cette montée en puissance est à chercher du côté de la manière dont Apple articule ses différents services entre eux, mais aussi la façon dont il compte se servir de son écosystème matériel pour favoriser ses solutions : ainsi, le HomePod, une enceinte connectée qui arrive le 9 février aux États-Unis, est incapable de fonctionner avec Spotify. Une stratégie délibérée de la part du groupe américain.

Les personnes voulant compléter leur écosystème par des produits Apple et qui n’étaient pas encore clients d’Apple Music devraient vraisemblablement migrer. C’est un risque pour les plateformes musicales qui ne produisent pas de solutions matérielles, surtout lorsque l’on sait que 44 % des Américains prévoient d’investir dans une enceinte intelligente en 2018, selon une étude de la Consumer Technology Association.

Et la stratégie d’éviction qu’Apple utilise pour écarter des adversaires devrait également produire des effets ailleurs, là où le HomePod sera commercialisé.

À lire sur Numerama : Deezer, Spotify, Apple Music, Google Play Music, Amazon Music …  : notre comparatif du streaming musical

(article mis à jour le 10 juillet avec les observations du rapport)

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