La ville de Munich a approuvé un plan de migration sur plusieurs années qui aboutira à l'abandon progressif des postes sous Linux au profit d'un retour de Windows 10. Un plan qui coûtera près de 50 millions d'euros.

La page du logiciel libre à Munich est tournée. Dans un vote survenu à la fin du mois de novembre, le conseil municipal a approuvé le retour de Windows sur les postes informatiques de la ville, en remplacement de Linux. Il faudra toutefois du temps pour remettre le système d’exploitation de Microsoft sur la totalité des postes concernés : il y en a en effet près de 29 000 à réinstaller.

Étant donné l’ampleur de la tâche qui attend le service informatique, tout ne sera pas fait du jour au lendemain. C’est sur plusieurs années que la transition s’effectuera : le plan qui a été voté par la municipalité prévoit d’abord un travail préparatoire en 2018. C’est en 2020 que la migration à proprement parler sera enclenchée. Celle-ci doit durer jusqu’en 2022 ou 2023, selon les difficultés rencontrées.

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CC designerpoint

Tech Republic, qui fait état du plan munichois, indique qu’une période de cohabitation sera assumée entre Windows et Linux jusqu’en 2023 : il est question d’assurer le support d’une version personnalisée d’Ubuntu — une des nombreuses distributions Linux — pendant les six prochaines années afin que les agents de la ville qui n’ont pas encore récupéré un poste sous Windows ne soient pas laissés seuls.

Tout ceci ne sera pas neutre pour les finances de la commune. Le retour à Windows est évalué à 49,3 millions d’euros. Selon The Register, qui cite une conseillère municipale, ce prix couvre l’achat de 30 000 O.S. Windows 10 ainsi que 5 000 licences supplémentaires. Cette dépense s’inscrit dans un plan plus général de réorganisation de l’informatique. Un plan évalué à 89 millions d’euros.

Un retour sur Windows 10 évalué à plus de 49 millions d’euros

Il est aussi question de prendre en compte les tests pour vérifier que tout fonctionne bien ainsi que la formation des agents. Le coût de 6 000 licences d’Office, la suite bureautique de Microsoft, est aussi intégré. Mais il n’est pour l’instant question que d’un essai sur des postes virtualisés, ce qui laisse à penser que la bascule vers certains logiciels proposés par Microsoft n’est pas sûre de se produire.

Comme le pointe ZDNet, le renoncement de Munich au logiciel libre est notamment dû au changement de majorité politique dans la capitale du Land de Bavière. Il met ainsi fin à une parenthèse ouverte il y a plus de dix ans et qui avait fait de la ville un exemple de réussite de migration d’un système d’exploitation propriétaire vers des solutions alternatives, et cela malgré les obstacles qu’il fallait franchir.

Si elle fera forcément hurler les adeptes de Linux, et qu’elle liera sans doute les mains de la ville pendant quelques années, cette capitulation aura au moins un « mérite » : elle permettra de procéder à la remise à niveau d’environ un tiers des postes informatiques (10 700) sur lesquels Windows XP ou Windows 7 sont encore utilisés. Or, le premier est aujourd’hui complètement obsolète.

Un argument que l’on peut entendre si l’on s’attarde sur la question de la sécurité. Cela dit, il est tout à fait possible d’arguer que l’on aurait pu atteindre le même résultat  en passant tout simplement de Windows XP à Linux.

Reste maintenant à savoir si le plan décidé par la ville de Munich sera pérenne : pire encore qu’un retour à Windows serait d’assister à des allers retours permanents entre les deux OS, au gré des changements de majorité. En l’occurrence, ce serait là une gabegie financière pour la ville, avec des plans de migration coûteux à digérer toutes les quelques années.

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