Twitter s'apprête à faire sa petite révolution. Alors qu'il a restreint pendant plus de dix ans chaque message à 140 caractères maximum, le réseau social se prépare à étendre cette limite à 280. Mais tout le monde ne sera pas concerné.

Cette fois, ça y est : Twitter a décidé de repousser les limites de son format. Alors qu’il avait fait le choix originel de restreindre le nombre de caractères de chaque message à 140, en s’inspirant des SMS, dont la limite est fixée à 160, le réseau social américain a pris la décision de faire sa révolution : désormais, pour une partie des utilisateurs, il sera possible d’écrire jusqu’à 280 caractères par tweet — le double.

Dans un tweet allongé, Jack Dorsey, le grand patron du service, a déclaré : « c’est un petit changement, mais un grand pas pour nous. 140 était un choix arbitraire basé sur la limite à 160 signes des SMS. Je suis fier de la façon dont l’équipe a été attentive pour résoudre un vrai problème qu’ont les gens quand ils essaient de tweeter. Et en même temps, nous conservons notre brièveté, notre rapidité et notre essence ».

140 était un choix arbitraire basé sur la limite à 160 signes des SMS

La décision de donner plus de place à l’expression écrite devrait concerner seulement les utilisateurs qui s’expriment avec l’alphabet latin (c’est-à-dire ceux et celles qui écrivent en anglais, en français, en allemand, en espagnol, entre autres), majoritaire dans le monde occidental, donc en Amérique du Nord et en Europe, mais aussi en Amérique du Sud, en Afrique et dans plusieurs pays d’Océanie.

La raison ? L’alphabet latin est un système qui manque de concision par rapport à des langues qui peuvent faire passer une idée, un sens, en un ou quelques caractères à peine. C’est le cas du japonais, du coréen ou du chinois. Prenez le mot « astronomie » par exemple : dix caractères. En coréen ? Trois (천문학). Et en japonais ? Même chose (天文学). Les exemples sont légion.

kanji japonais
CC Natasia Causse

Autrement dit, les personnes s’exprimant avec des idéogrammes ou des systèmes du même genre ont la possibilité de dire beaucoup plus de choses dans un seul tweet, à la différence de ceux qui ont besoin de plusieurs lettres pour écrire un simple mot. Il y avait donc une inégalité produite par la règle de Twitter conçue il y a maintenant plus de dix ans et qui interdit de dépasser 140 caractères.

Le site communautaire donne d’ailleurs une statistique éloquente : en anglais, 9 % des tweets (presque un sur dix) atteignent la limite des 140 caractères contre… 0,4 % de ceux écrits en japonais. « Notre enquête nous montre que la limite de caractères est une cause majeure de frustration chez les personnes qui tweetent en anglais, mais pas pour celles qui écrivent en japonais », estime le site.

signe caractère

Cette annonce, faite mardi 26 septembre, a sans surprise causé beaucoup de brouhaha, les critiques principales pointant le renoncement de Twitter à ce qui fait son essence et sans doute son intérêt, tandis que d’autres estimant que le réseau social va devenir plus dense avec des messages à rallonge. Cependant, il faut noter pour l’instant qu’il s’agit d’un test restreint à un petit groupe d’utilisateurs.

En outre, ce n’est pas parce que la limite a été étendue que les utilisateurs ont l’obligation d’utiliser l’espace supplémentaire. Déjà à l’heure actuelle, tout le monde ne se sert pas des 140 caractères. Rien n’indique que cela va changer si la limite des 280 signes est activée. Ceux et celles qui s’expriment en peu de mots continueront à le faire, même si on triplait le nombre de caractères ou qu’on levait toute limite.

Le fait est que Twitter a cherché pendant longtemps à donner plus d’espace aux tweets sans toucher à sa règle initiale : les mentions de pseudonymes ne sont plus comptées dans le calcul des caractères, tout comme les images animées (gif) les photos, les vidéos, les tweets intégrés et les sondages. Autant de mesures qui ont permis de régler la question pendant un temps avant de trouver… leurs limites.

Vous trouverez un tutoriel pour passer à 280 caractères à cette adresse.

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