Les universités de Yale et d'Oxford ont mené une étude auprès de spécialistes de l'intelligence artificielle. Selon eux, elle pourrait dominer l'homme dans toute activité (conduite, écriture, langue étrangère...) d'ici 2062.

Les jours de la supériorité humaine sur l’intelligence artificielle sont comptés. Celle-ci, qui domine déjà l’homme au jeu de go, et parvient à scénariser des courts-métrages, devrait faire mieux que notre espèce d’ici 2062… soit dans seulement 45 ans, à en croire une étude menée par les prestigieuses universités d’Oxford et de Yale.

Les deux établissements ont sondé 352 spécialistes de l’intelligence artificielle du monde entier pour aboutir à cette prédiction : la probabilité que les IA nous surpassent d’ici 2062 est de 50 %. L’automatisation de toutes les activités humaines, elle, prendrait encore 120 ans, ce qui la situe à l’horizon 2137.

D’ici là, les IA sont bien parties pour réaliser plusieurs avancées majeures, au cours du calendrier prévisionnel établi par les experts. 2024 devrait marquer notre déclassement en matière de traduction de langues étrangères. Pour la conduite de camions — autonomes, donc –, la bascule se ferait en 2027 tandis que les IA chirurgiennes prendraient la main en 2053. La domination des IA dans le domaine littéraire attendrait quant à elle 2049, une fois devenues capables de rédiger de meilleurs best-sellers que les auteurs de chair et d’os.

asimo-robot-honda
CC Kyle Welsby

Un impact jugé globalement positif sur l’homme

Ces prédictions contrastent avec celle d’Elon Musk : l’entrepreneur est convaincu que l’IA surpassera l’homme « d’ici 2030 », estimant que l’étude de Yale et d’Oxford se base sur une hypothèse linéaire alors que « le progrès est exponentiel. »

La question de l’impact des IA sur la société a aussi été prise en compte par les deux universités. L’intelligence artificielle aurait plutôt tendance à offrir des progrès positifs pour l’humanité (une probabilité de 25 % pour un « bon » résultat et de 20 % pour un «  très bon »). Les spécialistes n’excluent pas pour autant un scénario catastrophique — 10 % de « mauvais » résultat et 5 % pour un cas potentiel de disparition de notre espèce –, qui fait les beaux jours de la science-fiction depuis des décennies.

L’étude dresse par ailleurs un constat géographique intéressant : « Les sondés asiatiques anticipent des dates bien plus proches que [leurs pairs] d’Amérique du Nord. » Pour aboutir à ces résultats, les deux universités ont posé des questions précises : sur la probabilité d’une «  explosion de l’intelligence », sur l’automatisation de toutes les activités humaines, ou encore sur les progrès les plus récents de l’IA et ce qu’ils impliquent.

Ces dernières années, les initiatives pour s’assurer du développement éthique de l’intelligence artificielle se sont multipliées. D’abord avec Elon Musk, qui a fondé le collectif OpenAI, afin de « faire avancer l’intelligence numérique de la manière qui serait la plus profitable à l’humanité  » mais aussi avec les 23 principes d’Asilomar, co-signés, notamment, par l’astrophysicien Stephen Hawking.

Partager sur les réseaux sociaux