Windows Phone n'a pas la grande forme. Le dernier bilan effectué par le cabinet Gartner révèle que l'OS de Microsoft n'attire plus les foules.

Y a-t-il un avenir viable pour Microsoft dans le secteur des smartphones ? Malgré tout l’effort déployé par la firme de Redmond pour représenter une alternative au duopole de fait entre Android et iOS, force est de constater que la sauce ne prend pas. Les usagers ne prêtent guère attention à ce que propose le géant des logiciels. Résultat, sa part de marché dans le secteur des terminaux s’est effondrée.

Il faut lire le dernier bilan tiré par le cabinet d’analyse Gartner pour s’en convaincre : celui-ci n’est pas brillant pour Windows. On peut même dire qu’il est catastrophique au regard des moyens engagés par Microsoft pour exister dans ce marché, et qui visiblement n’ont pas du tout payé (qu’est-ce que cela aurait donné si sa puissance marketing n’avait pas été mobilisée…).

OS Unités vendues 1Q16 PdM 1Q16 ( %) Unités vendues 1Q15 PdM 1Q15 ( %)
Android 293 771,2 84,1 264 941,9 78,8
iOS 51 629,5 14,8 60 177,2 17,9
Windows 2 399,7 0,7 8 270,8 2,5
BlackBerry 659,9 0,2 1 325,4 0,4
Autres 791,1 0,2 1 582,5 0,2
Total 349 251,4 100 336 297,8 100

En effet, la part de marché du système d’exploitation est maintenant inférieure… à 1 %. Au premier trimestre 2016, elle s’établit à 0,7 %. Le trimestre précédent, elle avait encore un peu la tête hors de l’eau — si l’on peut dire –, avec une part de marché qui s’était établie à 1,1 %. Un an an, au premier trimestre 2015, Microsoft pouvait encore tabler sur un peu plus de 2,5 % de parts de marché.

Windows Phone décline, c’est évident. Un autre cabinet d’analyse, IDC, a fait un constat similaire en décembre.

Cela n’est pas sans conséquence : pour Microsoft, c’est toute sa division mobile qui est tombée, avec une chute de 49 % des revenus liés à la vente des smartphones équipés de son OS. Ni les clients ni les développeurs n’ont été vraiment séduits, notamment aux USA, où la plateforme n’a jamais décollé. À titre d’exemple, la firme n’a vendu que 4,5 millions de téléphones Lumia au second trimestre fiscal de 2016.

windows phone

Pour les usagers ayant déjà Windows Phone, c’est le risque de voir les applications tomber en décrépitude. Les développeurs pourraient en effet ne plus avoir envie de mobiliser du temps et des ressources pour un OS dont la part de marché est anecdotique. Here Maps, une appli de cartographie, a par exemple décidé d’abandonner mi-mars le développement de ses applications sur cette plateforme mobile.

Selon les statistiques fournies par Microsoft, il y a 669 000 applications disponibles sur le Windows Store, mais ce nombre englobe indistinctement les logiciels pour les tablettes, les smartphones et les ordinateurs. Difficile, dans ces conditions, d’estimer avec exactitude le nombre d’applis pour Windows Phone.

Microsoft a voulu jouer la carte de l’entrée de gamme

Avec Windows Phone, Microsoft a tenté de jouer la carte de l’entrée de gamme (le prix moyen d’un smartphone Windows Phone est de 148 dollars, contre 219 dollars pour un smartphone Android). Mais le groupe n’a pas réussi à en faire un atout suffisamment attractif. En effet, il manque au géant des partenariats OEM, soit d’autres fabricants prêts à vendre des terminaux Windows Phone.

Malgré le poids ridiculement minuscule qu’a Microsoft dans le mobile, d’autant plus au regard de la place qu’il occupe dans le secteur des ordinateurs, la firme de Redmond n’a toutefois pas l’intention de tirer sa révérence. Outre l’uniformisation de « l’expérience Windows » avec la déclinaison mobile de son système d’exploitation, le groupe travaillerait sur une nouvelle gamme de smartphones, attendue en 2017.

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