Selon Facebook, la moitié des utilisateurs du service gratuit Free Basics basculent vers un forfait mobile payant dans le mois qui suit leur arrivée.

La gratuité, ça paye. À l’occasion de sa grande conférence F8 dédiée aux développeurs, Facebook est revenu sur sa plateforme Free Basics, lancée dans le cadre du programme Internet.org. L’application disponible dans 37 pays en développement permet aux populations locales d’utiliser une version bridée et dégradée d’Internet sur leur téléphone mobile, gratuitement. Mais selon des chiffres révélés par Emeka Afigbo, le directeur des partenariats pour le Moyen-Orient et l’Afrique, la moitié des utilisateurs de Free Basics opteraient pour un accès payant à Internet dans les 30 jours qui suivent leur connexion.

Cette information confirme que le modèle économique vendu par Facebook aux opérateurs partenaires fonctionne parfaitement. Les industriels s’engagent à fournir gratuitement de la bande passante aux utilisateurs de Free Basics, qui permet notamment d’accéder à une version allégée de Facebook et d’autres sites partenaires (environ 500 actuellement), en misant sur le fait que la frustration conduira les clients à opter ensuite pour un forfait payant qui permet d’accéder à tout Internet.

Accoutumer les futurs accrocs à Internet

freebasicsCeux qui comparent les Free Basics à la dose gratuite offerte par le dealer pour accoutumer ses futurs clients récurrents y verront donc certainement une confirmation de leur analogie.

Les consommateurs qui ne savaient pas encore qu’ils avaient besoin d’avoir accès à internet découvrent qu’ils ne peuvent plus s’en passer, et qu’ils sont prêts à sacrifier une part de de leur maigre pouvoir d’achat pour l’utiliser tous les mois. Ces internautes se mettent donc à payer un forfait auprès de l’opérateur qui a accepté de subventionner les Free Basics, et Facebook y gagne des utilisateurs supplémentaires, pour aller vers son objectif de 5 milliards de clients.

Mark Zuckerberg, toutefois, assure qu’il s’agit simplement de fournir aux populations pauvres les moyens de gagner en « empowerment » à travers Internet, par exemple pour lancer leurs propres commerces et trouver plus facilement de la clientèle et des fournisseurs, ou pour accéder à des savoirs qui les aideront dans leur vie quotidienne et dans leur vie professionnelle. Une version altruiste qui a sans aucun doute sa part de vrai, mais qui reste contestée. L’Inde a ainsi interdit les Free Basics pour la violation de la neutralité du net qu’elle engendre, et l’Égypte a décidé de les suspendre, officiellement au nom de la concurrence déloyale induite à l’égard des autres opérateurs non partenaires.

De nouveaux outils pour les Free Basics

Préférant ignorer toute polémique, Facebook continue donc d’offrir de nouveaux outils aux développeurs qui souhaitent intégrer le programme Free Basics, qui impose des restrictions technologiques aux sites accessibles gratuitement, pour limiter leur consommation de bande passante.

Le simulateur Free Basics accessible par le développeurs.
Le simulateur Free Basics accessible par le développeurs.

Le réseau social a ainsi dévoilé un simulateur Free Basics pour que les développeurs puissent tester le fonctionnement réel de leur application, dans les conditions de bas débit qui sont souvent celles des utilisateurs du réseau Internet.org, et avec des petits écrans de téléphones low-cost.

Facebook a aussi ouvert les « Demographic Insights for Developers », qui permettent aux développeurs d’obtenir des statistiques sur les utilisateurs de leurs applications Free Basics. « Par exemple, des développeurs pourraient apprendre que la majorité des gens qui utilisent leur service dans un pays particulier sont des femmes, ou que la majorité est âgée de 25 à 34 ans », explique la firme. Pour personnaliser la publicité ? Non, « avec cette connaissance des utilisateurs, les développeurs peuvent adapter le contenu et l’expérience produit de leurs services Free Basics en conséquence ».

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