Six ans après, la catastrophe nucléaire de Fukushima occupe toujours le Japon. Afin de constater les dégâts à l'intérieur de la centrale et de repérer le combustible nucléaire, l'exploitant TepCo a mobilisé un petit robot sous-marin pour naviguer dans les parties immergées du site.

Voilà maintenant plus de six ans qu’a eu lieu au Japon l’accident nucléaire gravissime de Fukushima. Aujourd’hui encore, les niveaux de radioactivité mesurés près et dans les entrailles de la centrale atteignent des sommets. Dès lors, il est inconcevable pour les techniciens de TepCo — l’exploitant de l’installation — de travailler trop longtemps à proximité des réacteurs.

En effet, les radiations détectées dans certaines parties de la centrale seraient fatales à toute personne s’approchant d’un peu trop près. Pour avoir un ordre de grandeur, on considère qu’une dose de 2 à 4 sieverts (unité évaluant l’effet des rayonnements sur l’homme) est généralement fatale pour l’homme, à moins d’un traitement médical lourd et immédiat et dont le succès n’est pas garanti.

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CC Susanna Loof

Or ce printemps, il était rapporté dans la presse nipponne indiquait que les radiations d’un des réacteurs avaient atteint le taux ahurissant de 530 sieverts par heure. Cette mesure a été prise juste en-dessous de la cuve qui contient le cœur du réacteur. C’est à cet endroit que se trouve une partie du combustible qui s’est échappé du récipient.  La mort serait instantanée pour n’importe qui.

C’est pourquoi TepCo s’appuie en partie sur des robots, puisque les radiations ont moins d’effet sur eux (mais elles les dégradent assez vite quand même) et que le sacrifice d’une machine n’est pas aussi éthiquement problématique que celui d’un technicien. Tout le monde ne tient pas en outre à être un « liquidateur », même s’il  y a eu des actes de courage en 2011 pour maîtriser la centrale.

Ainsi, TepCo a mobilisé cette semaine un petit drone sous-marin pour accéder à des parties immergées de la centrale et permettre aux ingénieurs de mieux se rendre compte des dégâts, notamment au niveau des infrastructures critiques. Ce devait aussi être l’occasion de localiser du combustible nucléaire fondu, mais la visite robotique n’a pas permis d’en dénicher pour l’instant.

Un petit robot

Pas plus gros qu’une tranche de pain, le robot, construit conjointement par Toshiba et l’institut de recherche international pour le démantèlement nucléaire est téléguidé par quatre personnes. Il peut tolérer jusqu’à 200 sieverts de radiation (un dosimètre est placé sur l’engin pour surveiller en permanence l’exposition aux rayonnements), de sorte qu’il peut travailler dans un environnement invivable pour un humain.

La mission du robot sous-marin est indispensable pour comprendre exactement dans quel état est la structure interne de la centrale, notamment des réacteurs, et savoir où se situe précisément le combustible nucléaire. C’est en ayant ces informations que TepCo pourra établir un plan pour retirer et traiter les matières fissiles. Tokyo aimerait qu’un premier plan soit proposé cet été et que les travaux commencent en 2021.

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