Pour faire profiter le public du maximum de pièces présentes dans sa riche collection, le musée d'art moderne de San Francisco a mis au point un système atypique. Toute personne qui envoie un SMS au numéro indiqué en précisant le type d'œuvre qu'il désire voir en reçoit une reproduction visuelle.

Comment procéder, en tant que musée, pour faire connaître le maximum d’œuvres au public quand on peut seulement exposer — au maximum — 5 % de ses 34 678 pièces ?

Le musée d’art moderne de San Francisco (ou SFMOMA) résume l’ampleur de la tâche à l’aide de différents exemples : «  Si vous deviez passer devant chaque œuvre exposée en ce moment, vous seriez obligé(e) de parcourir près de 11 km. Pour exposer toute la collection du musée en même temps, nous serions obligés de construire 17 autres SFMOMA et il vous faudrait parcourir l’équivalent de 194 km pour voir chacune d’entre elles. »

Le SFMOMA a toutefois trouvé un moyen original de répondre à cette problématique qui hante les conservateurs de musée du monde entier : il a conçu un système de partage d’œuvres avec le public par SMS.

musée d'art moderne san francisco

« Envoyez-moi un paysage »

Grâce à ce concept intitulé « Send me SFMOMA », toute personne qui envoie le SMS « Envoyez-moi » suivi de sa requête au numéro indiqué par le musée reçoit la reproduction d’une œuvre correspondante, accompagnée de son titre et du nom de son artiste.

Le système fonctionne autant avec un mot-clé qu’avec une couleur ou un emoji. Le message « envoyez-moi l’océan » pourra ainsi offrir, en retour, la photographie Breaking Wave, Golden Gate de l’artiste Pirkle Jones quand un emoji représentant un bouquet de fleurs permettra potentiellement d’obtenir le portrait de Frida Kahlo peint par l’artiste japonais Yasumara Morimura. Chaque demande crée une requête auprès de l’API de la collection du musée, qui lui répond en fonction.

Avec ce système, le musée ne prétend évidemment pas à dévoiler tout son catalogue au public. Mais, comme l’explique Jay Mollica, son responsable des créations technologiques, l’initiative rencontre un vrai succès : « [C’est un moyen pour] des milliers de personnes d’être reliées à l’art grâce à des méthodes nouvelles, amusantes et très personnelles. […] Quand vous dites ‘envoyez-moi un paysage’, vous n’obtenez pas 791 paysages mais un paysage choisi pour vous. Vous pourrez peut-être un jour le découvrir dans les galeries du SFMOMA ou rester pendant des années la seule personne à l’avoir vu. »

Si l’initiative est louable, elle ne remplace évidemment pas le plaisir éprouvé face à une œuvre que l’on peut admirer physiquement, de ses propres yeux. Elle offre en revanche un gain de temps considérable quand on sait que chaque visiteur consacre en moyenne 15 à 30 secondes à chaque tableau, photographie ou sculpture qui a retenu son attention.

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