Au Royaume-Uni, le film Late Shift permet aux spectateurs de voter sur leurs smartphones pour décider des actions qui vont se dérouler à l'écran. Une expérience ambitieuse qui vous transforme en protagoniste du film, même si la majorité l'emporte toujours.

Vous pensiez que les smartphones étaient définitivement bannis des séances de cinéma ? Figurez-vous qu’ils sont parfois indispensable. Au Royaume-Uni, par exemple, la chaîne de cinéma Vue va diffuser dès mars 2017 un film atypique nommé Late Shift. Ce dernier requiert un smartphone pour être visionné : chaque spectateur ou spectatrice doit en effet l’utiliser pour influencer sur le déroulement de l’intrigue.

L’idée est de créer un film dont vous êtes le héros à la manière des célèbres romans du genre. Durant un long-métrage de plus ou moins 90 minutes — selon les choix opérés par la majorité — le public devra décider du sort des personnages grâce à 180 questions qui lui seront posées tout au long de l’intrigue.

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À l’entrée du cinéma, chacun se connecte à un réseau Wifi dédié et télécharge l’application CtrlMovie sur son smartphone. Ensuite, dès que le film commence, l’audience va devoir choisir les actions du personnages principal. Au total, Late Shift comporte sept fins différentes et pas moins de quatre heures de film même si en moyenne, il se termine au bout d’une heure trente grâce aux choix des spectateurs.

Le vertige des possibles

Durant le film, quasiment toutes les minutes, un choix à deux ou trois options apparaît sur votre smartphone. Vous disposez alors de trois secondes pour répondre. L’option qui remporte le plus de voix s’affiche à l’écran.

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Ainsi, les spectateurs doivent choisir le destin du film avec des possibilités toutes différentes : allez-vous aider cette personne ou la frapper ? Allez-vous dénoncer vos camarades pour arrêter de subir une séance de torture ou au contraire tenir bon ? L’expérience, étrange, est visiblement grisante malgré l’aspect très mécanique de l’ensemble.

De la démocratie en salles obscures

Le journaliste Sebastian Anthony, qui a assisté  à l’une des première projections du film pour Arstechnica, explique que ces différents choix peuvent former une sorte d’écho, de compassion ou de cruauté chez le spectateur qui s’identifie de facto rapidement aux personnages. Et ainsi, l’expérience devient autant cinématographique qu’humaine. Il explique par ailleurs avoir vu apparaître durant la séance une véritable camaraderie entre spectateurs, qui finissent par partager un moment unique.

La personnalité du personnage principal change au fur et à mesure de la prise de confiance de la salle, Anthony raconte que, si les dix premières actions de leur personnage restaient tout à fait prudentes et acceptables moralement, plus le film avançait, plus les spectateurs ont fait des choix fous, dangereux et imprudents.

Et lorsqu’une majorité de spectateurs choisissait l’option la moins convenable d’un point de vue morale, un petit rire nerveux parcourait alors la salle, un peu coupable d’infliger à leur personnage autant de misères mais en même temps satisfait de le voir plonger la tête la première dans les ennuis.

En réalité, l’équipe technique du film le reconnaît, les décisions les plus importantes du film obtiennent toujours, ou presque, les mêmes réponses de la salle et cela, avec une très nette majorité. Dans une situation donnée, qui permet soit de frapper un vieil homme, soit de l’aider, l’option « frapper » a ainsi reçu 91 % de votes.

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Si Late Shift vous intrigue, sachez que vous n’aurez pas à attendre mars pour aller dans une Vue londonien : une application/film existe déjà sur iOS. Certes, vous serez le seul à diriger le sort du personnage, mais vous êtes sûr de voir vos choix s’imposer…

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