Quelles sont les propositions principales de Jean-Luc Mélenchon, candidat de La France insoumise à la présidentielle 2017, en matière de numérique ? Retrouvez-les ici, actualisées tout au long de la campagne, en attendant le premier tour de l'élection présidentielle, le 23 avril.

Avec son projet de « République numérique », Jean-Luc Mélenchon, candidat de la France insoumise à la présidentielle 2017, affirme militer en faveur d’un monde numérique plus égalitaire et ouvert à tous.

Défense de la neutralité du net

Jean-Luc Mélenchon, qui souhaite inscrire « le droit d’accès à Internet » dans la Constitution,  prône un «  investissement dans des infrastructures physiques détenues par le public » pour soutenir la neutralité du net aux niveaux national, européen et international.

Le candidat se dit favorable à toutes les initiatives égalitaires, qui permettent plus de partage, comme «  l’auto-hébergement, le développement des modes d’échange pair-à-pair, l’utilisation de formats de données et de protocoles d’interconnexion ouverts ».

Hadopi, lutte contre les contenus illégaux et accès à la culture

En matière de censure et de lutte contre les contenus illégaux, Jean-Luc Mélenchon mise sur « un renforcement de l’autorité judiciaire chargée de contrôler les retraits de contenus illégaux par des plateformes privées » ainsi que sur l’amélioration de «  l’efficacité du traitement des signalements ». S’il reste assez flou sur la concrétisation de ces mesures ou sur la valeur des investissements attendus, il promet la « répression des plateformes qui portent atteinte à la liberté d’expression ».

Le leader de la France insoumise s’engage aussi à supprimer Hadopi, une politique qu’il juge aussi « inefficace » que « coûteuse ». Jean-Luc Mélenchon prévoit de supprimer les DRM (gestion numérique des droits) et de créer un système de rémunération global de la création avec la mise en place d’une « cotisation liée à l’abonnement internet ouvrant droit au téléchargement non marchand ».

Le candidat de La France insoumise veut donner naissance à une plateforme publique d’offre légale en ligne de musique, films et autres contenus culturels. Il considère par ailleurs les savoir accumulés par les technologies numériques comme des « acquis collectifs pour l’Humanité » et veut à ce titre garantir l’accès durable de tous à ces données non protégées par propriété intellectuelle en les protégeant contre les appropriations marchandes.

CC ActuaLitté

Lutte contre le « fichage généralisé »

Jean-Luc Mélenchon prévoit d’interdire le « fichage généralisé » et de supprimer le « fichier des ‘gens honnêtes’ mis en place par le gouvernement Valls ».  Il définit surtout une priorité : lutter contre la surveillance globale.

Pour ce faire, il propose d’abord de recourir à une commission d’enquête parlementaire pour évaluer l’efficacité des solutions techniques actuellement utilisées par les services de renseignement, afin d’abroger les « mesures inefficaces, disproportionnées ou contre-productives ». De manière plus générale, il mise sur une remise en question des « pratiques et dispositifs de surveillance de masse sur Internet et les réseaux téléphoniques », jugés « inefficaces et liberticides »

Dans le même ordre d’idée, il veut renégocier l’accord Privacy Shield « qui régit les conditions du transfert de données personnelles de l’Union européenne vers les États-Unis ».

Protection des données personnelles

En matière de protection de la vie privée des internautes, Jean-Luc Mélenchon, fervent opposant à l’hégémonie des géants américains d’Internet, veut mettre de l’ordre dans la navigation quotidienne, notamment en obligeant à demander un « consentement explicite » pour la revente des données personnelles — qu’il veut reconnaître comme « propriété des internautes » — à un tiers et en créant des standards « clairs et lisibles » de description des conditions générales.

Il souhaite enfin obliger les « acteurs du web à informer l’utilisateur s’il fait l’objet d’un profilage et lui permettre de le refuser », lui qui s’offusque de « la centralisation massive au sein de gigantesques centres de données », qui génère une « pollution équivalente en CO2 à celle du trafic aérien mondial. »

Protection des lanceurs d’alerte

Jean-Luc Mélenchon l’a promis : s’il est élu, il accordera la nationalité française à Edward Snowden et à Julian Assange pour les remercier d’avoir rendu « un immense service à la démocratie et à la liberté dans le monde en révélant de quelle manière les États-Unis espionnaient absolument tout le monde ».

Le développement des logiciels libres

Pour lutter contre «  la mainmise du secteur privé sur les logiciels », le candidat veut généraliser l’utilisation des logiciels libres dans les administrations et établissements publics, favoriser la commande publique vers ces alternatives, et appliquer l’interdiction de la vente liée, « qui consiste à vendre un logiciel pré-installé pour tout achat de matériel ».

Jean-Luc Mélenchon est allé plus loin dans ce domaine en annonçant, le dimanche 5 février à Lyon : « Si nous emportons cette élection, j’annonce à Microsoft qu’ils peuvent passer par-dessus bord tout leur programme de travail commun avec l’éducation nationale Car nous ne laisserons pas Microsoft bourrer la tête de nos gosses. »

Le candidat, dont l’équipe chargée de la retransmission en direct de son meeting utilisait Windows — comme on peut le voir à plusieurs reprises sur la vidéo archivée — a poursuivi sa démonstration par un étrange parallèle entre Microsoft et Donald Trump : « Je leur annonce [à Microsoft] qu’il n’y aura plus un seul logiciel Microsoft dans un seul des instruments de dépendance de la France, c’est-à-dire ni dans ses armements ni dans ses moyens de télécommunication, puisque ce gouvernement a été assez absurde pour confier à M. Trump un droit de regard sur ce que nous faisons ! Oui, parce que c’est de ça dont on parle ! »

Fracture numérique

Avec un plan visant à concrétiser l’accès au Très Haut Débit (THD) sur tout le territoire sous 5 ans et une couverture totale 4G sous 10 ans, le candidat de la France insoumise poursuit un objectif ambitieux. Il veut aussi favoriser le développement « d’infrastructures publiques et de fournisseurs d’accès à Internet associatifs », et reconquérir « la maîtrise publique des technologies liées au numérique et aux télécommunications tels que les câbles sous-marins ».

Jean-Luc Mélenchon, partisan d’une « dématérialisation des services publics » (et du maintien des « services physiques de proximité »)  propose aussi de former la population à l’usage du numérique, estimant que l’accès aux technologies ne permet pas à chacun(e) de maîtriser ces outils. Il mise notamment, pour ce faire, sur des formations à la «  culture numérique » à l’école (apprentissage du vocabulaire de la technique du numérique et des techniques elles-mêmes) et à l’université comme sur l’aide des fablabs et autres « répare-cafés ».

Évasion fiscale des géants de la tech

Le candidat de la France insoumise s’en est pris aux géants de la tech américaine pendant son meeting du 5 février à Lyon, où il a promis de les empêcher de se soustraire au fisc : « Ils sont entrés en vous, vous les connaissez, ces majors, Google, Apple, Facebook, Amazon, Microsoft… GAFAM ! Ce sont des entreprises immorales qui passent leur temps à se soustraire au fisc. Hé bien, nous ne le permettrons plus. Nombre d’entre elles sont des entreprises antisociales parce que ce sont par les plateformes que l’on détricote le droit du travail et qu’on ubérise toute la société, ce qui, paraît-il, est un idéal pour les jeunes gens pétaradants du type de notre jeune banquier [Emmanuel Macron]. »

L’investissement dans l’espace

Jean-Luc Mélenchon a profité de son double meeting physique et holographique, le 5 février respectivement à Lyon et à Paris, pour dévoiler ses propositions en matière de recherche spatiale, en rappelant que la France est « le deuxième peuple au monde pour ce qui est de la contribution individuelle par vos impôts à l’économie de l’espace ». Avec 35 € par an et par habitant pour les activités spatiales civiles, la France est en effet deuxième, juste derrière les États-Unis (50 €), comme le confirme le Centre national d’études spatiales (Cnes).

Jean-Luc Mélenchon souhaite notamment lancer un « programme international de dépollution de l’orbite terrestre basse » (un créneau sur lequel le Japon vient de se lancer) et s’oppose à la « privatisation de l’espace  ». Le candidat de la France insoumise veut créer une « université internationale des métiers de l’espace » tout en défendant une « politique protectionniste des lancements de satellites ».

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