Riposte graduée : 70 % des Britanniques prêts à céder
Guillaume Champeau - publié le Mardi 04 Mars 2008 à 13h02 - posté dans Peer-to-Peer
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Selon une étude d'un cabinet britannique, 70 % des internautes anglais seraient disposés à arrêter de télécharger s'ils recevaient le même type de notification que celle prévue en France par la mission Olivennes dans le cadre du système de riposte graduée. La peur suffira-t-elle pour autant à relancer l'industrie culturelle sur Internet ?

On sait le Royaume-Uni très intéressé par les solutions de riposte graduée proposées en France par Denis Olivennes, et envisagées jusqu'aux lointaines terres d'Australie. Le principe de la riposte en trois étapes fait son chemin dans différentes juridictions qui cherchent à lutter contre le téléchargement illégal. Rappelons que conformément au modèle poussé par le lobbying très efficace de la Fédération Internationale de l'Industrie Phonographique (IFPI), le principe de la riposte graduée consiste à envoyer dans un premier temps un message d'avertissement à l'internaute pris en flagrant délit de téléchargement illégal, puis à suspendre son abonnement à Internet pendant une semaine en cas de récidive, et finalement à couper totalement la ligne en cas de nouvelle récidive. Cette ultime mesure est par ailleurs accompagnée d'un fichage qui empêche l'abonné de souscrire chez un FAI concurrent pendant un an. Numerama, qui a révélé le projet gouvernemental, a rendu public récemment l'avant-projet de loi qui doit entériner la riposte graduée en droit français.

Reste une question, d'importance : au delà de toutes les difficultés juridiques et éthiques posées par la riposte graduée, quelle sera son efficacité réelle pour lutter contre le téléchargement illicite ? Un sondage britannique apporte un premier élément de réponse. Selon une étude (.pdf) menée par Entertainment Media Research, 70 % des internautes britanniques qui téléchargent actuellement des contenus piratés disent qu'ils arrêteraient de télécharger s'ils recevaient de leur FAI un message d'avertissement ou un appel téléphonique.

Curieusement, cette forme de prévention serait plus efficace encore chez les jeunes internautes (75 %), que l'on dit pourtant moins sensibles aux problématiques liées au piratage (mais visiblement plus sensibles à la crainte de la trique). Selon ce même sondage, réalisé en janvier auprès de 1.608 internautes âgés de 15 à 54 ans, 66 % des personnes interrogées prétendent qu'elles arrêteraient de télécharger si elles sentaient qu'il y avait une chance plus forte qu'elles soient prises en flagrant délit de piratage. 62 % disent se sentir concernés par les histoires de procès dont ils entendent parler dans les médias, mais ils sont une majorité (51 %) à indiquer qu'ils continueraient à télécharger parce que les chances d'être pris en flagrant délit leur semble trop maigre. Ce sentiment de sécurité est d'ailleurs plus fort chez les jeunes, surtout chez les hommes de 15 à 19 ans qui sont 76 % à estimer "très faibles" les chances d'être pris en flagrant délit, contre 69 % chez les demoiselles.

Mais l'étude ne dit pas en revanche si les jeunes qui promettent d'arrêter de télécharger s'ils étaient avertis seraient plus enclins à acheter de la musique ou des films en ligne. Or c'est là le véritable nerf de la guerre. Tout l'esprit de la mission Olivennes et de la riposte graduée vise à dresser un épouvantail sur les réseaux P2P pour diriger les jeunes oisillons perdus vers les plateformes de téléchargement payantes. Or il n'est pas certain que le fait de quitter les réseaux P2P entraîne nécessairement une fréquentation accrue des sites payants. On n'a pas plus d'argent de poche à dépenser en arrêtant de voler des bonbons dans la boulangerie. Les internautes devraient plutôt se tourner vers les solutions alternatives que sont aujourd'hui les sites d'écoute de streaming gratuits comme Deezer, dont la viabilité économique reste encore très mystérieuse, et vers des modes de téléchargements plus sûrs comme les newsgroups ou les sites de stockage de fichiers. Voire, pourquoi pas, vers les offres de contenus sous licence libre, désormais enrichis même par de grands noms de la musique.

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Justice, Politique, Etude
 
 
6 commentaire(s)
 
Le Zozo...
Le 04 Mars 2008 à 14h32
 
Faut dire aussi que les anglais sont très forts en ce qui concerne la protection des données informatiques. Rappelez vous la perte de données concernant les déclarations fiscales, les informations médicales de certains et plus récemment ce qui concernait les recrutements dans l'armée.
ils doivent se dire qu'ils ne risquent pas grand chose.
ropib
Le 04 Mars 2008 à 17h31
 
Si "70 % des internautes britanniques qui téléchargent actuellement des contenus piratés disent qu'ils arrêteraient de télécharger s'ils recevaient de leur FAI un message d'avertissement ou un appel téléphonique" je me demande ce qu'ils feraient s'ils recevaient ce même message alors qu'ils ne téléchargent pas, par exemple si ils ont mal protégé leur réseau ou si un informaticien lambda un peu malhonnête habite à côté de chez eux.
Villon
Le 04 Mars 2008 à 20h52
 


Pour chez nous, on aura peut-être la même chose qu'avec les contraventions foireuses; payez d'abord, s'expliquer ensuite...
mth
Le 05 Mars 2008 à 10h45
 
Il est vrai que le coup de téléphone à mamie parcequ'elle téléchargeait du rage against the machine risque d'être assez folklorique.
Ces méthodes d'intimidations ne pousseraient-elles pas les gens a se retourner vers les moyens légaux ? C'est à dire la vrai copie privée entre potes / collègue de travail / famille qui est, elle, completement légale ?
Ne verra-t-on pas un rué vers des serveurs FTP ou rapidshare et compagnie ? Quid du P2P cripté ? De l'échange de mail ?
L'habitude est prise, et je crains qu'il ne soit trop tard.
SIDI
Le 05 Mars 2008 à 18h59
en même temps quant tu vois le nombre de personnes qui payent 400 ¤ pour avoir téléchargé une démo, je pense que les français stopperaient tout aussi si ils recevaient des avertissements....
bourgpat
Le 06 Mars 2008 à 12h46
 


Le pire dans tout cela c'est la méconnaissances des contremesures habituelle vis à vis d'un radar quelconque.

Si on reprend le principe de la protection des ogives nucléaire pour leur protection antiradar, elle se fait par une protection par une furtivité et par l'envoie de leurres pour deborder les systemes de defences.

Pour l'instant, on a toujours parlé de furtivité dans les échanges mais que se passerait il si par rapport à ce système quelqu'un jouait en plus sur l'envoi de contremesures par la génération aléatoire d'échanges vers des IP au hasard.
Noyer le radar sous un ensemble d'information fausses pour générer des affaires virtuelles qui fond alors crouler l'autorité techniques sous des demandes de réparation de préjudice de la par des internautes.

En plus plus il y aurait de mesures d'éloignement du net crées artificiellement de cette manière plus les FAI devraient alors repenser leur participation dans ce système car ce ne serait plus 5% des internautes qui seraient susceptibles de se faire exclure mais l'ensemble de leur clients et leur business model qui viendrait en jeu.

Le système du radar ne fonctionne que si on croit en sa fiabilité mais ce système sombrerait si assaillis par des échanges irréels, il poursuivait à attaquer des personnes réelles où imaginaires pour des échanges imaginaires n'ayant été que des lignes de codes sans réel ocurance. Que penser d'un radar qui ayant à traiter des informations fausse ne serait plus valable que pour 10% de ses signalements.

Il reste à voir comment va exister cette riposte graduée mais elle sera suivis de contre mesures comme cela c'est toujours fait.

Il n'y a rien qu'avoir la génération de la liste de exclus du net et des fichiers à mettre en relation pour que ce soit efficace pour se dire que ce sera pas aussi beau que sur le papier. Car une simple liste nominative offre plein de méthodes pour la contourner.
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