C'est un revers attendu contre Apple. Wal-Mart, le géant américain de la grande-distribution et premier revendeur de DVD aux Etats-Unis, lance sa plate-forme de VOD en battant iTunes sur tous les points, en commençant par le catalogue. Mais Apple mise sur son Apple TV pour combattre...

Wal-Mart est un colosse dans le paysage économique des Etats-Unis. Le groupe possède plus de 5000 supermarchés, est le premier employeur du pays avec 1,2 millions de salariés, et réalise un chiffre d’affaires annuel de plus de 280 milliards de dollars… l’équivalent du budget national de la France. Excusez du peu. Pour Hollywood comme pour une grande partie de l’industrie américaine, Wal-Mart est un acteur plus qu’incontournable. Il est le premier vendeur de DVD dans le pays et lorsqu’il propose de monter sa plate-forme de vidéo à la demande (VOD) sur Internet, tout le monde ne peut que lui dire oui.

Alors qu’Apple n’avait eu que la signature de Disney (parce que Steve Jobs en est le premier actionnaire privé) et plus récemment de Paramount pour une période de test commercial, Wal-Mart s’impose sur le marché dématérialisé avec dans son caddy les six plus gros studio d’Hollywood : Warner Bros, Sony Pictures, 20th Century Fox, Universal Studios, Paramount… et Disney. Alors que ce dernier avait refusé par fidélité l’offre du géant de l’internet Amazon, même l’oncle Donald a cédé aux sirènes de Wal-Mart en traînant Mickey avec lui sur sa bicyclette.

Le service de VOD de Wal-Mart n’a pourtant rien de révolutionnaire ni de particulièrement séduisant. Il se contente du minimum syndical pour faire mieux qu’iTunes. Les prix s’échelonnent entre 7,50 $ pour les premiers prix du fond de catalogue à 19,98 $ pour les œuvres les plus chères, sans possibilité de graver le film téléchargé ou de le transférer sur n’importe quel baladeur vidéo (seuls sont compatibles les baladeurs PlaysForSure, avec un fichier spécial en téléchargement séparé). Il n’est bien sûr pas non plus question de haute-définition. Le tout est assuré par des DRM Windows Media de Microsoft.
Les Américains pourront aussi télécharger certains programmes de télévision pour 1,96 $ pièce, mais sans les catalogues recherchés de ABC, NBC ou CBS, qui sont moins dépendants du géant de la distribution.

Apple devrait se rattraper sur le moyen-terme avec son Apple TV

L’arrivée de Wal-Mart confirme en tout cas les difficultés qu’éprouve Apple à s’imposer à Hollywood de la même manière qu’il s’est imposé à l’industrie du disque. Plus méfiants et ayant constaté les dégats causés par le manque de flexibilité de la firme de Cupertino (aussi bien sur l’interopérabilité que sur le refus des prix variables), les studios préfèrent s’en remettre à leurs partenaires historiques plutôt qu’à un nouveau venu issu de l’informatique. Mais ces difficultés des premiers mois ne devraient plus durer longtemps, surtout face au succès de l’Apple TV, qui devrait démultiplier les ventes de vidéos sur iTunes dans le monde entier et inciter tous les studios à signer. Certes, le boîtier TV de Steve Jobs n’a rien de particulièrement innovant face à des solutions existantes sur le marché, mais c’est oublier que l’iPod – qui domine 80 % du marché des baladeurs MP3 – n’a jamais été non plus très à la pointe des technologies par rapport à ses concurrents. Apple sait vendre grâce à des interfaces très bien pensées et à un marketing qui intègre de façon intuitive tous les produits de sa gamme dans une même expérience utilisateur.

Cette force là que n’a pas Wal-Mart le propulsera probablement dans de nombreux en leader de la VOD s’il arrive à imposer son Apple TV sous les téléviseurs des familles. Une ambition entre autres partagée par Microsoft (avec sa Xbox 360), Nintendo (la Wii) et Sony (la PlayStation 3)… et par les fournisseurs d’accès (Freebox, NeufBox, Livebox…).

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