Le rachat d’Activision par Microsoft force le créateur de la Xbox à dévoiler des informations secrètes sur ses opérations, à commencer par des échanges privés entre ses dirigeants. On y découvre notamment les cibles de Xbox pour devenir un géant du jeu mobile.

Microsoft croit-il encore qu’il peut gagner la guerre des consoles ? À en croire les nombreux échanges dévoilés lors de l’audition de l’entreprise par la FTC (Federal Trade Commission), le créateur de la Xbox ne se fait guère d’illusion sur ses chances de rivaliser avec Sony. À vrai dire, le diagnostic est plus grave : Microsoft compare ses consoles aux appareils photo Polaroid, tout en martelant en interne qu’il lui faut développer une stratégie pour les jeux mobiles en urgence (qu’il compare aux appareils photo numériques de l’industrie), sans oublier le PC qu’il dresse en priorité absolue.

Le rachat d’Activision est-il vraiment conçu pour permettre aux Xbox de rivaliser avec les PlayStation ? De plus en plus de documents laissent penser que Microsoft admirait surtout Activision pour son virage mobile, notamment avec Call of Duty. Le géant américain s’est aussi vivement intéressé à d’autres acteurs majeurs, comme Sega (Sonic, entre autres), Bungie (Destiny), Zynga (Farmville), IO Interactive (Hitman) ou encore Niantic (Pokémon Go).

Microsoft veut racheter tout le monde

Après avoir racheté une dizaine de studios à la fin des années 2010, Microsoft a commencé à viser plus haut avec Bethesda en 2020. Pour enrichir son Xbox Game Pass et développer ses exclusivités, le géant du web mise beaucoup sur l’acquisition de studios. En 2022, c’est notamment pour cette raison que Microsoft a annoncé son intention de racheter Activision Blizzard, même si cette opération coince encore aujourd’hui, en grande partie parce que Sony s’y oppose formellement devant les autorités de la concurrence du monde entier.

Si Microsoft n’avait pas opté pour Activision, qui aurait-il pu racheter ? Le candidat le plus désiré était Sega, ciblé pour ses licences (Sonic, Like a Dragon, Persona, Football Manager) et son business mobile en Asie. Pour Phil Spencer, le boss de Xbox, Sega était le studio parfait pour améliorer son offre PC, mobile et console, « dans cet ordre ».

Le mail envoyé par Phil Spencer aux équipes Xbox en 2020. Il demande à ce que les discussions pour racheter Sega commencent.
Le mail envoyé par Phil Spencer aux équipes Xbox en 2020. Il demande à ce que les discussions pour racheter Sega commencent. // Source : Microsoft

Un autre document de 2021 dévoile la liste des entreprises ciblées par Microsoft, avant de choisir Activision. Thunderful, Supergiant Games, Niantic, Playrix, Zynga, Bungie, IO Interactive, Scopely… Xbox aurait pu s’enrichir d’autres grands noms du jeu vidéo (ou faire des paris étranges, comme avec Niantic et Pokémon Go).

La liste des développeurs ciblés par Microsoft en 2021.
La liste des développeurs ciblés par Microsoft en 2021. // Source : Microsoft

Microsoft peut-il devenir le leader du jeu vidéo, en laissant Sony et Nintendo devant ?

Parmi les autres documents révélés par l’audition de Microsoft, on apprend que l’entreprise espère devenir le numéro 1 mondial du jeu vidéo d’ici 2030, ce qui impliquerait un doublement de son chiffre d’affaires. Pour y parvenir, l’entreprise ne mise donc pas sur les consoles Xbox, mais sur l’abonnement Game Pass (dont le prix va augmenter), le cloud, le PC, les jeux mobiles et ses licences vendues ailleurs.

Cependant, Microsoft lui-même semble sceptique sur certains aspects de sa stratégie. Faut-il vraiment tout miser sur le cloud, alors que personne n’aura envie de jouer à Red Dead Redemption 5 sur son mobile ? Face à des Sony et Nintendo bien installés, voire un peu trop confiants parfois, Xbox ne cesse de tenter de se réinventer. Il pourrait un jour réussir son pari… à moins que les habitudes des joueurs ne changent pas.

Xbox Cloud Gaming // Source : Microsoft
Jouer à la Xbox partout, c’est le rêve de Microsoft. // Source : Microsoft

Microsoft réussira-t-il à racheter Activision Blizzard ? Patience, nous devrions connaître la réponse d’ici mi-juillet.

Découvrez les bonus

+ rapide, + pratique, + exclusif

Zéro publicité, fonctions avancées de lecture, articles résumés par l'I.A, contenus exclusifs et plus encore.

Découvrez les nombreux avantages de Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Vous avez lu 0 articles sur Numerama ce mois-ci

Il y a une bonne raison de ne pas s'abonner à

Tout le monde n'a pas les moyens de payer pour l'information.
C'est pourquoi nous maintenons notre journalisme ouvert à tous.

Mais si vous le pouvez,
voici trois bonnes raisons de soutenir notre travail :

  • 1 Numerama+ contribue à offrir une expérience gratuite à tous les lecteurs de Numerama.
  • 2 Vous profiterez d'une lecture sans publicité, de nombreuses fonctions avancées de lecture et des contenus exclusifs.
  • 3 Aider Numerama dans sa mission : comprendre le présent pour anticiper l'avenir.

Si vous croyez en un web gratuit et à une information de qualité accessible au plus grand nombre, rejoignez Numerama+.

S'abonner à Numerama+

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez les suivants : ne les manquez pas en vous abonnant à Numerama sur Google News.