L'Union européenne et la Chine coopéreront sur la 5G. Un partenariat en ce sens a été signé par Günther Oettinger, commissaire chargé de l’économie et de la société numériques, et Miao Wei, ministre de l’industrie et des technologies de l'information. Des accords similaires ont déjà été conclus avec la Corée du Sud et le Japon.

Tirer les leçons des échecs du passé. Bien consciente d'avoir complètement manqué le virage de la 4G, au point d'être très en retard dans le déploiement par rapport à d'autres nations, comme les États-Unis, l'Union européenne est bien décidée à peser sur l'élaboration de la prochaine génération du standard de la téléphonie mobile afin d'être en pointe sur la 5G.

Et pour y parvenir, le Vieux Continent n'hésite pas à tisser des alliances avec d'autres nations. En début de semaine, la Commission européenne a ainsi par exemple la signature d'un partenariat avec la Chine pour coopérer sur cette future norme. La déclaration conjointe énonce plusieurs objectifs que l'Union européenne et la Chine s'engagent à atteindre :

  • parvenir à un accord global, d’ici la fin 2015, sur le concept, les fonctionnalités de base, les technologies clés et un calendrier pour la 5G ;
  • étudier les possibilités de coopération et de mise en œuvre relatives à des actions de recherche conjointes dans le domaine de la 5G et les moyens de faciliter la participation bilatérale des entreprises aux projets de recherche 5G en Chine et dans l’UE ;
  • promouvoir ensemble une normalisation mondiale pour la 5G, en vue de soutenir les travaux de normalisation en cours dans les organisations concernées comme le projet de partenariat de troisième génération (3GPP) et l’Union internationale des télécommunications (UIT) ;
  • coopérer pour recenser plus facilement les bandes de fréquences les plus appropriées pour répondre aux nouvelles exigences en matière de fréquences pour la 5G ;
  • explorer conjointement les possibilités de recherche coopérative sur les services et les applications pour la 5G, notamment dans le domaine de l’internet des objets.

De plus, "les deux parties s’engagent à promouvoir la réciprocité et l'ouverture en ce qui concerne l’accès au financement de la recherche sur les réseaux 5G, l’accès aux marchés et la participation aux associations 5G chinoise et européenne".

"La 5G ne sera pas seulement plus rapide, elle constituera également l’épine dorsale de notre avenir numérique et les bases d'un marché européen d'une valeur de 1 000 milliards d’euros dans le domaine de l’internet des objets, c’est-à-dire des nouvelles fonctionnalités et applications allant des voitures connectées aux maisons intelligentes", ajoute Bruxelles pour expliquer son activisme sur le sujet.

L'EUROPE S'ACTIVE SUR LA 5G

Outre la Chine, l'Union européenne s'est rapprochée de deux autres nations asiatiques qui ont toujours été très en avance dans les télécommunications : la Corée du Sud et le Japon. Comme avec l'Empire du Milieu, ces accords visent à élaborer ensemble le standard de la 5G et harmoniser la réglementation d'utilisation des fréquences pour favoriser l'interopérabilité.

La Commission européenne est très volontaire sur la 5G, du fait en particulier des enjeux financiers qui y sont attachés. La précédente Commission a par exemple mis en place un partenariat public-privé pour la 5G avec un financement de 700 millions d'euros pour la période 2014-2020, afin de stimuler la recherche et l'innovation dans ce domaine.

Outre une capacité de téléchargement de très loin supérieure aux normes téléphoniques actuelles (il est question de débits allant jusqu'à 100 fois plus vite que ceux fournis par la 4G), Bruxelles estime que la 5G sera une technologie déterminante pour faire émerger des secteurs comme l'e-santé, les maisons connectées, les transports "sécurisés" ou encore les réseaux d'énergie intelligents.

( photo : CC BY Friends of Europe )

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